Turquie (3e partie) entre Izmir et Antalya … du 1er au 16 janvier 2018 !

Bonne année à tous, nous sommes toujours en Turquie. Voici nos 15 premiers jours de janviers …

Izmir – Turgutlu : 62 km, 465m D+

Lorsque le réveil à sonner à 8h ce matin, les yeux étaient encore collés. La nuit fut courte mais cela n’entame pas notre motivation à reprendre la vélo.

1er janvier à bicyclette ! C’est une première !

Après 8 jours de pause à Izmir, nous sommes heureux de repartir sur les routes ! Bien que le décor du jour ne soit pas formidable : sortie d’Izmir par la zone industrielle d’une platitude mortelle, nous avançons gaiement ! Aujourd’hui, rien ne pourrait entamer notre entrain ! La fatigue ?! Peut-être un peu, nous n’avons dormi que 4h après tout …

La route est relativement plate, sur un grand axe que nous ne pouvons malheureusement pas éviter. Bref, rien de bien passionnant.

Nous arrivons à Turgutlu vers 16h où nous retrouvons Ahmet, notre hôte du soir et ses colocataires. Bonne rencontre dans le milieu étudiant de la robotique !

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avec Ahmet et ses colocs dans un bar de Turgutlu

Turgutlu – Alasehir : 81 km, 530 D+

Au moment de démarrer l’étape, crevaison lente de Denis … Bizarre, 4000 km sans problème et voilà que ça dégonfle deux fois de façon très rapprochées… C’est la seule manière que les vélos ont trouvé pour nous souhaiter bonne année !

Nous partons, tard, vers 11h, et le début d’étape ressemble à la veille, un peu monotone, sur un gros axe, dans une grande plaine …

Au bout de quelques kilomètres, les montagnes se dessinent en arrière-plan et la grande plaine donne naissance à des hectares de vignes ! Première fois qu’on en voit autant en Turquie.

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Vigne et mosquée, beau mélange !

Dans l’après-midi, nous longeons une petite route de campagne au milieu des ceps, c’est la période de la taille, tout le monde est au boulot !

Le soir, nous sommes encore hébergés. Cette fois, chez Osman et Merve, un couple de prof bien sympathiques, nous en profitons pour recevoir un cours de turc. Denis s’invite en cuisine pour participer à la confection d’un menu franco-turc : soupe locale suivie de rösti franc comtois et Pont Sec.

Repos à Alasehir

La journée de repos n’était pas prévue mais il pleut à grande eau ce matin et Osman nous propose de rester.
Ce repos est salutaire. Claire dort toute la matinée. Récupération du nouvel an ?

Dans l’après-midi, nous accompagnons Osman a son école. Il est prof d’anglais. Nous allons dans sa classe avec des élèves aussi intimidés par notre présence que curieux.
L’heure suivante, nous sommes invités cours de musique. Petit concert improvisé d’harmonica, de guitare et de saz (instrument traditionnel). Cette rencontre à l’école restera un des bons moments voyage.

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En classe

Alasehir – Pamukkale: 87 km, 875 D+

Cette fois, nous quittons Osman et sa femme pour Pamukkale, site classé à l’Unesco.

C’est la campagne turque, entre plaine et montagne. Nous croisons quelques rares villages en chemin mais l’ambiance est déserte. Le soleil est de la partie. Pour notre premier col de l’année, nous montons en t-shirt. Contraste étrange à y repenser … 4 janvier : pédaler en t-shirt ! A Pontarlier, ce serait plutôt ski de fond en col roulé !

Le midi est l’occasion d’une pause divertissante dans une restaurant de bord de route. Le chef est le sosie de Mario Bross et nous avons l’impression d’assister à une pièce de théâtre ! L’accueil est convivial ! C’est ce genre de personnage qui forge les souvenirs amusants du voyage !

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Le chef (Mario Bross) et les employés du restaurant

Le reste de l’étape reste rural et tranquille. Les montagnes en arrière plan veillent sur nous. On zigzague entre vignes, canal et mosquées. L’endroit se prête au calme et à la sérénité. Nous parcourons les derniers kilomètres sur des routes de campagne, pas toujours goudronnées, bordées de fermes et de petits villages. La roue arrière de Denis dégonfle à nouveau, « manque pas d’air celle là ! »

A l’approche de Pamukkale, nous apercevons déjà le « Château de coton ». Le contraste de ce village touristique est saisissant, rien à voir avec les villages paysans d’avant. A peine arrivés, nous sommes abordés par un hôtelier. C’est la saison creuse, il faut bien remplir les chambres, alors, bien sûr, nous bénéficions d’un prix d’ami !

Repos à Pamukkale

Nous profitons de notre journée à Pamukkale pour visiter la ville antique de Hiérapolis, faire un plongeons dans la piscine antique (eau thermale) et tremper les pieds dans les travestines (baignoire naturelle formée par le calcaire du ruissellement de l’eau).

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Travestines de Pamukkale

Journée grandiose pour les yeux, moins pour la gorge. Entre source d’eau chaude, courant d’air froid (Denis a la bonne idée de laisser une fenêtre ouverte avant de se coucher) et climatisation, notre gorge n’a pas trop aimé. Nous sommes malades.

Pamukkale – Serinhisar : 60 km, 1185 D+

Nous quittons Pamukkale par l’axe principal qui rejoint Denizli. La route est calme. A l’approche de la ville, nous bifurquons sur un axe secondaire. Pas de doute, cette fois, les montagnes sont au premier plan. Ca grimpe mais le paysage qui se dérobe sous nos yeux n’en est que plus beau. Pour ne rien gâcher, le soleil est encore de la partie.

A midi, nous nous arrêtons dans le café d’un village. Il fait tellement bon pour la saison que les anciens sortent les tables dehors pour jouer au « Rummikub ». Les cafés sont réservés aux hommes. Claire est toujours la seule femme. En Turquie, et comme dans bons nombre de pays musulmans, chacun à sa place. Les hommes se retrouvent dans le café du village et les femmes restent à la maison (où se retrouvent dans les maisons). Selon ses dire, Claire devient « transparente ». On ne lui parle pas, c’est comme si elle n’existait pas. Pour ceux et celle qui la connaissent, imaginez la frustration …

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1er col turc

En fin de journée, après un col sur la route principale, nous descendons sur une petite ville de moyenne montagne à 900 m d’altitude. Le soleil est caché derrière les montagnes. Nous enfilons gants et bonnet, c’est fois, ça caille ! Pas la peine d’aggraver notre cas, nous sommes déjà malades !

L’unique hôtel de la ville ressemble au château de la belle au bois Dormant. On se croirait à Disneyland mais l’accueil est convivial. En Turquie, le kitch existe aussi. Denis finit l’étape à plat…pour la 4ème fois. Cette fois inspection plus complète du pneu. Un petit fil de fer « serial creveur » est enfin démasqué par l’inspecteur « Colin’bo ».

Serinhisar – Cameli : 69 km, 900 D+

Nous démarrons l’étape avec -2°C et sous un brouillard digne de Montbéliard en novembre ! On n’y voit pas à 20 m et c’est limite dangereux.

fullsizeoutput_1484.jpegHeureusement, après 20 km, nous quittons la purée pour rejoindre une route de montagne. En prenant de l’altitude le soleil apparait.

Après un ravitaillement dans le café d’un village (en terrasse 15°C !), nous grimpons le col. 600 m de dénivelé sur une dizaine de kilomètres. Ce n’est pas énorme mais Claire est vraiment bien malade aujourd’hui … de quinte de toux en mouchage de nez, elle parvient finalement a monter. Au sommet, le soleil radieux et la neige en bord de route ne font que sublimer le paysage. C’est magnifique ! On ne se lasse pas des montagnes.

La descente sur Cameli est agréable. Elle n’est pas sans nous rappeler le plateau de l’Engadin en Suisse.

Cameli – Fethiye : 87 km, 1084 D+

Nouveau départ au dessous de zéro. Après un arrêt à la Poste pour renvoyer un colis d’objets oubliés par les têtes de linottes d’Izmir, nous continuons de pédaler le long du plateau. Ambiance montagnarde garantie, on a presque l’impression d’être dans le Haut-Doubs … le plateau est truffé de piscicultures ! La source de la Jougnena n’est peut-être pas loin ?!

fullsizeoutput_1490.jpegAvant de descendre sur la mer, nous grimpons un dernier col. Encore 600 m de dénivelé que nous coupons en 2, pause casse-croûte oblige …
Si les agents de la « DDE » turques ont pensé aux cyclistes en construisant les routes de col (5 km de montée, 1 km de plat), la descente du col n’est pas aussi réjouissante : 5 km de descente, 1 km de montée… La descente sur Fethiye se fait par pallier, impossible de descendre les 30 km d’une traite, il faut redonner quelques coups de pédales ! Nous profitons de la descente pour admirer la spectacle: montagne avec vue sur la mer !

Ce soir, nous sommes hébergés chez Ilker, un dentiste à la cool attitude !

Fethiye – Fethiye : 30 km, 950 D+

Coup de mou chez Denis ! Ce matin, on lit, on lave son linge, on recharge les batteries…

A midi, c’est repas à la cantine des dentistes … on a plutôt intérêt à se laver les dents !

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Plage d’Oludeniz

L’après-midi, sur les conseils d’ilker, nous parcourons la baie de Fethiye à vélo : la grande plage de sable fin contraste avec un ancien village fantôme à seulement 7 km … Après la seconde guerre mondiale, les Grecs ont fuit cette partie de la Turquie, abandonnant des villages entiers.

Le soir, nous sortons boire une bière en terrasse. Fethyie semble est une ville balnéaire plutôt chic, mais à cette saison, c’est top !

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Ilker, à gauche, notre hôte dentiste et son collègue Kamal (à droite)

Fethiye – Kalkan : 76 km, 1340 D+

Nous quittons Fethiye par une zone maraichère. Des serres à perte de vue jusqu’aux pieds des montagnes. Entre tomates et olives, nous grimpons à 400 m d’entrée, histoire d’admirer le point de vue : pas mal du tout ! Le paysage nous rappelle les Alpes de Haute-Provence. Sisteron ne doit plus être très loin !

Les petites routes de l’après-midi nous conduisent jusqu’à un canyon. Nous sommes les seuls touristes à cette saison, l’endroit est paisiblement désert ! Seules les moutons et les bergers nous tiennent compagnie sur la route !

À 15 km de l’arrivée, nous sommes encore à 300 m d’altitude, nous sommes censés redescendre, mais c’est sans compter le relief accidenté du bord de mer.
« Quand c’est fini, ça n’est jamais fini…» dirait Philippe Katerine. Nous ne pouvons même pas réellement profiter de la descente : portion à 27% … concentré sur la route (ou plutôt le béton), les doigts sur les freins pour ne pas tomber.

Nous arrivons chez Murat épuisés et … toujours « Balades ». Demain, c’est jour de « rebos » !

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Murat et Claire « balade »

Jour de repos à Kalkan

Chez Murat, c’est comme chez Alexis, lever à 11h, petit-déjeuner à 15h …
Atelier vélo, chaîne neuve pour celui de Denis.
Une petite ballade dans le village nous amène dans un café pour quelques parties de « Tavla » (backgammon) après lesquelles Claire déclare : « un jour je t’aurai ! ».

Bref, journée de repos.

Kalkan – Demre : 75 km, 1400 D+

Les 20 premiers kilomètres sont relativement plat mais ce seront hélas les seuls de la journée. Ils bordent le front de mer par une route de côte relativement calme, pas mal du tout !

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Kas

Après une pause à Kas, la digestion se fait dans un raidard à 28% et nous quittons le bord de mer pour monter à 600 m. Prendre de la hauteur ne fait jamais de mal (à part aux guiboles). Il permet d’admirer le paysage …

On commence à s’y habituer dans ce pays, la descente n’est jamais une grande descente mais une succession de petites descentes et de « coups de cul » … du casse-pattes ! Mais c’est sympa. Le paysage est vraiment beau et la petite route nous ferait presque oublier qu’il existe des voitures.

Ici aussi, c’est le paradis de la tomate, serres à perte de vue …

En redescendant sur Demre, que voici donc ? Encore deux bosses !! Oui mais ce sont celles d’un chameau ! Impressionnant ! Depuis quelques années, dans cette région de la Turquie, ceux-ci sont élevés comme animaux domestiques et pour des combats. Nous n’avons pas essayé de les caresser … bizarre ?!fullsizeoutput_14b4.jpeg

En arrivant, à Demre, nous sommes accueillis par Ahmet, qui se révèlera être un vrai guide touristique !

Demre – Finike : 31 km, 205 D+

Demre ou Myra est une ancienne cité antique, connue pour son St Patron, St Nicolas ! Nous profitons de l’invitation d’Ahmet pour visiter le théâtre de Myra et l’Eglise de St Nicolas ! Il ne nous a même pas donné de bonbons …

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Avec St Nicolas

A midi, nous prenons la route. 30 km sont au programme aujourd’hui … mais seulement une demi-heure après notre départ, le ciel s’est chargé : orage et trombes d’eau.
En arrivant à Finike, nous nous arrêtons dans le premier café doté d’un poêle à bois. Il faut faire sécher les habits et la bête ! La soupe chaude fait un bien fou !

Après 3h de pause déjeuner et 3 parties de Tavla (« Un jour je t’aurai » a dit quelqu’un dans la salle), il est 17h, soit le temps de trouver un hébergement pour le soir. Le serveur du café appelle une connaissance qui tient une pension. Nous sommes comme à la maison ! Royal !

Finike – Kemer : 72 km, 925 D+

Le programme du jour est simple : montée d’un col à 600 m. Nous quittons donc ponctuellement le bord de mer pour la montagne. L’itinéraire emprunte une nouvelle fois un axe principal large. Nous maudissons le programme de rénovation des routes qui transforment les routes de col en autoroutes à 2×2 voies. Cela casse le charme du lieu.

Au sommet, nous nous réconfortons avec un bon restaurant…Bon pour le palet, pas pour le porte-feuille…

Et c’est la descente sur Kemer, 40 km plus loin, cité balnéaire très prisée des russes. Sur le trajet, Denis fait une petite boulette … il croyait avoir perdu un gant, il a rebroussé chemin …mais son gant était dans sa capuche ! Bien joué !!!

Kemer – Antalya : 48 km, 370 D+

40 km nous sépare d’Antalya par une route plutôt plate en bord de mer. C’est vraiment chouette ! Et l’itinéraire cycliste nous évite les tunnels, sauf un !
Alors on serre les fesses très fort (au milieu des gaz d’échappements) et on ne traîne pas trop pour en sortir.

Petite pause de midi au soleil, sous 25°C (même à Pontarlier il fait rarement plus chaud l’été !), avant de rejoindre un hôtel du centre-ville d’Antalya.

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vieux port d’Antalya

Pour ce soir, nous avions fait une demande d’hébergement avec le réseau Warmshower mai s un autre couple de cyclistes français occupe déjà les lieux. On s’installe à l’hôtel et on profite pour aller leur rendre visite. Superbe rencontre ! Christian et Patricia voyagent depuis 4 ans à vélo !!! Eux-aussi ont des vélos Cattin !! Mais ils ont 20 ans, cela confirme notre bon choix …
Quatre mois, c’est la durée depuis notre départ, pour eux c’est le temps restant avant de rentrer en France, soit une paille. Beau moment d’échange. Nous nous retrouverons demain soir pour discuter davantage.

Jour de repos à Antalya

Le matin est consacré au repos : lecture et mise à jour du blog.
Dans l’après-midi, nous nous baladons dans le centre-ville d’Antalya : visite du port, porte d’Hadrien …

Claire profite d’une halte en ville pour un passage chez le coiffeur. Jeanne d’Arc est de retour !

Comme convenu, nous retrouvons Christian et Patricia. Encore une bonne soirée de passée accompagné d’un bon vin turc (si finalement ça existe) ! Nous nous rendons compte que nous vivons les mêmes aventures … et nous avons toujours autant de mal à quitter les voyageurs croisés sur notre chemin !

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Avec Christian et Patricia

 

4 réflexions sur “Turquie (3e partie) entre Izmir et Antalya … du 1er au 16 janvier 2018 !

    • Claire Colin dit :

      Merci ! Bon retour aussi à vous. Nous sommes maintenant en Cappadoce, le temps n’est pas idéal … mais on fait avec !
      Comment avez-vous trouvé l’article ? Au niveau de la lecture ? Pas trop long? Merci pour vos critiques… on attends aussi avec plaisir votre prochain article !

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