Grèce (2eme partie)

Deuxième et dernière partie grecque entre Athènes et Lesbos.

Second and last part of Greece between Athens and Lesbos. The English version is at the end.

Semaine de repos à Athènes : du 26 novembre au 2 décembre

Après 3 mois de voyage, nous apprécions de quitter un peu nos montures. Le temps d’une semaine, nous faisons les touristes… à pied ! Pour l’occasion, les parents de Claire et son grand-père (Payou) nous ont rejoint. Nous avons loué un appartement au centre-ville d’Athènes où nous logeons tous.

Bien que la circulation à Athènes soit dense, le trafic n’est pas saturé : rien à voir avec Paris ! La présence de Payou nous donne une excuse pour prendre le taxi. A 4, cela revient moins cher que le métro et Denis, amoureux de son vélo, est heureux de ne pas le quitter en suivant le taxi !

Dès le premier soir, nous sortons pour aller à l’opéra voir un ballet : La Belle au bois dormant de Tchaikovsky. C’était l’anniversaire de Payou cette semaine et il aime la musique classique alors c’était l’occasion. L’opéra national de Grèce est un nouveau bâtiment moderne à l’extérieur de la ville, en direction du Pirée. Il a été inauguré en mars 2017 et regroupe un ensemble culturel avec la bibliothèque nationale. Les gens autour de nous sont habillés en tenue de gala … mais une fois que la lumière est éteinte, les danseurs se fichent complètement de la manière dont nous sommes habillés !!! Et puis, on a quand même quitté le cuissard pour notre pantalon de randonnée !

La première matinée est consacrée au marché couvert, il faut faire les commissions pour la semaine et à 5 avec 2 ogres, il en faut des provisions ! Les halles aux poissons et à la viande sont un spectacle à part entière. Les carcasses de viande pendent dans les vitrines des bouchers tandis que chez les poissonniers, les dorades sont soigneusement alignées et arrangés pour faire bonne figure. L’ambiance est plus calme et plus masculine côté boucherie alors que ça braille côté poissonnerie … ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’on dit : « Parler comme une poissonnière ! » C’est plus calme côté fruits et légumes … Comme dans chaque grande ville, on a l’impression que chaque clan se répartit son commerce. La viande et le poisson aux grecs, et les fruits, légumes, épices au immigrés … dont un certain nombre semblent être arabes ou hindous.

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Marché au poisson / Fish market

En cuisine, pour fêter l’anniversaire de Payou, Claire essaie une recette de salade de poulpe. C’est un délice ! Pour ceux qui connaissent les talents de cuisinière de Claire, c’est bien la pieuvre que le voyage lui permet d’exprimer des talents cachés !

Les autres jours sont plus classiques. Visite guidée de la ville, Acropole … les 5 jours de repos passent relativement vite. Payou, qui ne marche d’ordinaire qu’entre sa voiture et son boulanger, a réussit à monter à pied jusqu’au Parthénon ! Et dans le dédale de marches du Mont Lycabette. De notre côté, nous alternons entre visites et repos. Nous n’avons pas spécialement l’habitude de la vie en ville. Le brouhaha citadin est épuisant.

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La brochette des 5 à l’Acropole (Olivier, Denis, Payou, Claire et Francine)

Denis, qui avait mal au poignet depuis le début du voyage, suite à une petite chute avant de partir, profite de sa dernière halte européenne pour consulter médecin et ostéopathe Il s’agit vraisemblablement d’une tendinite mais rien de grave. Une attèle et un peu de repos seront salvateurs.

Dès la tombée de la nuit, les parties de belote vont bon train. Si les jambes de Payou lui font parfois défaut, ses mains et son cerveau fonctionnent plutôt bien : avec Denis, ils ont quasiment gagné toutes les parties !!!

Quand le dernier jour de repos arrive, nous empaquetons tranquillement nos affaires avant de rejoindre les parents de Claire au Pirée pour un dernier au revoir. Nous mangeons tous ensemble dans un super restaurant bon marché. Au moment de rejoindre le bateau, le personnel navigant nous indique que le départ est reporté à cause du vent. Pas de départ, au mieux avant demain midi. Il faut revenir à 11h le lendemain pour avoir plus d’informations.

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A 11h le lendemain, on nous annonce finalement que le bateau ne partira que le lendemain.

Nous rebroussons chemin, « le Pirée derrière nous », pour dormir à l’appartement, et c’est reparti…pour une partie de belote inattendue ! On ne quitte pas ses parents si facilement …

Le lendemain, nous disons au revoir pour de bon, à la famille Rousseau, quoi qu’il advienne, la location de l’appartement prend fin aujourd’hui et ils rejoignent Genève par avion ce soir.
Lorsque nous arrivons au port, l’équipage nous informe que le bateau ne partira que le lendemain à 7h, soit avec 2 jours de retard, mais nous n’avons pas vraiment le choix … Nous nous plongeons dans la lecture et nous profitons d’être à quai pour faire des provisions pour les 2 prochains jours.

Etape 81 : Le Pirée – Mytilene, 12 h de bateau

Nous sommes encore dans les bras de Morphée quand le bateau quitte le port du Pirée. Ce sont les cornes de brume qui nous réveillent. Ça y est ! Nous prenons enfin le large pour Lesbos !

Que fait on à bord d’un bateau pendant 30 h ? On dort, on mange, on lit, on joue …

Une escale à Chios, une autre ile grecque de la mer Egée, nous permet de sortir admirer le paysage.

A 19h, après 12h de navigation, à la nuit, nous arrivons à Mytilène, ville principale de l’île de Lesbos. Au port, l’ambiance est saisissante. Police et cars de migrants en guise de comité d’accueil ! Le bateau repart directement sur Athènes, emmenant avec lui tous les candidats heureux à l’asile européen … Mais comme peu ont cette chance, les autres essaient de monter à bord illégalement. Voilà pourquoi, le ferry est aussi surveillé !

A terre, Claire conserve encore plusieurs heures l’impression d’être sur le bateau … seule la nuit permettre de faire passer cette impression. On préfère encore les vibrations des mauvais chemins à celles des moteurs.

Etape 82 : Mytilene – Mytilene, 35 km, 500 D+

Ce matin, il faut aller chercher les tickets de bateau pour aller en Turquie. Normalement, il devait y avoir un bateau le lendemain matin mais faute de réservation et compte tenu de la météo, le prochain bateau est prévu jeudi. Nous sommes lundi, ça fait 3 jours à attendre sur l’île avant de prendre le bateau jeudi matin …

Comparés aux milliers de migrants qui attendent plusieurs mois sur l’île pour obtenir un visa, la situation est plutôt cocasse. Bien que nous sommes déçus, nous n’avons pas à nous plaindre.

Nous avons donc 3 jours pour visiter l’île ! Ce soir, nous avons prévu de dormir chez Maria, en couchsurfing. Nous n’allons pas changer tous nos plans …

Pour aujourd’hui, nous nous contenterons d’un petit tour au sud de l’île sans les sacoches. Il est quasiment midi quand nous décollons de Mythilène… c’est les vacances !

Le début de l’étape le long de la mer est assez plat. Nous pique-niquons sur la plage, un gilet de sauvetage laissé sur la rive face à nous, nous rappelle la réalité de l’île depuis quelques années.

On a beau être au mois de décembre, il fait encore plus de 15°C sur cette partie du globe ! Mais le vent joue les perturbateurs et nous oblige à nous mettre à l’abri pour la sieste … c’est à ce moment là que le hamac tient toutes ses promesses !

La deuxième partie d’étape est plus vallonnée. Après la pointe sud de l’île, nous remontons dans les terres. Les collines abritent d’innombrables oliviers aux vieux troncs noueux évoquant de grosse morilles. C’est vraiment chouette ! Le soleil qui rayonnent sur les arbres fait davantage scintiller les feuilles des arbres. Ici comme partout ailleurs en Grèce, c’est le moment de la récolte.

fullsizeoutput_109dLe soir, nous retrouvons Maria dans un bar du centre-ville et elle nous fait découvrir les « souvlaki », sandwich grec qui ressemble curieusement à un kebab. Excellent ! Maria travaille pour l’union européenne dans le centre de migrants de Moria, au nord de Mytilène. Alors que le camp est prévu pour 4000 personnes, presque 8000 y séjournent actuellement, en attendant que leur demande d’asile soit examinée.

Etape 83 : Mytilene – Methymne, 68 km, 1240 D+

Nous partons en direction du Nord de l’île qui, parait-il est magnifique. Pourtant, le matin est plutôt arrosé. Pluie et vent nous accompagne au point que nous nous demandons par moment ce que nous faisons là. Le défi du jour va être de trouver un endroit au sec et sans vent pour midi.

Au bout de 35 km, nous arrivons au village de Mantanados, nous tombons sur un fast food artisanal … nous n’hésitons pas longtemps ! L’endroit nous réchauffe autant l’intérieur que l’extérieur du corps !

Nous repartons, le ventre plein, sous un soleil timide, mais le vent et la pluie ont l’air d’avoir disparu … A la sortie du village, un moulin à huile est en activité. Nous en profitons pour le visiter et finir le repas par une tartine de pain grillé toastée à l’huile nouvelle…

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Moulin à huile

Nous quittons la côte pour une route de montagne qui surplombe l’île. Le point de vue est de plus en plus sympa à mesure que nous montons. C’est sauvage et très boisé. Comme pour nous narguer, nous apercevons la côté turque très nettement. Nous pourrions presque apercevoir les turcs en en terrasse ! Mais de ce côté de la mer, il fait froid. Des bénévoles sont en poste pour scruter le bras de mer et signaler d’éventuels migrants en dérive (ce qui arrive presque chaque jour)

En fin d’étape, nous redescendons sur Methymne, c’est effectivement magnifique. Un château éclairé surplombe le village en bord de mer.

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Methymne (Molivos)

Ce soir, nous sommes accueillis par Dimitri, qui ne pouvait pas nous recevoir chez lui alors il nous emmène jusque chez une amie, Hanna. Une hollandaise exilée sur Lesbos depuis plus de 23 ans. Tous deux travaillent pour une association d’aide aux réfugiés.

La majorité des réfugiés arrivent par le nord de l’île qui n’est qu’à 9 km des côtes turques avant de rejoindre en bus ou à pied le camp de Moria à 60 km…

Etape 84 : Methymne – Mytilene, 72 km, 1070 D+

Dimitri nous a rejoint pour le p’tit déj’, les bras chargés de pain, pâtisseries et vivres pour le pique-nique. Nous partageons un excellent moment avec lui, Hanna et son petit chien Lola.

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Hanna, notre hôte et Lola (son chien)

Avant de quitter Mythymne, nous montons au château pour admirer la vue avant de prendre la route. Nous longeons la côte sur quelques kilomètres avant de repartir dans les terres où le relief est plus accidenté.

Au sommet de la première bosse, nous voyons l’autre bord de mer, au centre de île et les marais salants. L’île de Lesbos est classée au patrimoine mondial de l’Unesco pour sa biodiversité. En redescendant sur la côté, nous apercevons des flamants roses. Superbe !

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Flamants rose / Flamingos

Nous regagnons Mythilène par un axe principal sans grand intérêt. Denis a RDV avec un vélociste recommandé par Dimitri pour changer son boîtier de pédalier, réparé en fait un peu trop à la « Hâte…ènes ». Le vélociste est un vrai passionné. Son atelier ressemble à une vrai caverne d’Ali Baba.

Nous dépensons nos derniers euros en vin, ouzo, huile d’olive, bière et prenons un bon repas dans un petit restau recommandé par Maria. Dans cet établissement, la mixité est le maître mot. Jeunes, anciens, migrants, étudiants ou travailleurs, tous se retrouvent pour passer un bon moment, et ça en dit long sur cette île si accueillante.
Cette fois, c’est bien notre dernière nuit en Europe avant un long moment !

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Maria, qui nous a accueilli 2 nuits à Mythilene

English version :

We spent 5 days with Claire’s parents and her grand father (Payou). It’s a pleasure to have 5 days off our bike and to visit the city by feet. We alterne between visits and relax. We have rent a flat in the city center for all.

For the fist night, we went to the National Greek Opera to watch Sleeping Beauty, a Tchaikovsky ballet. This week, there was Payou’s birthday, so we went there like a gift. The new Opera is a big modern building including the National Librairy. People are well dressed … but dancers don’t really mind how you’re dressed ! We also got off our cycling clothes to wear a walking trousers !

First day, we went in the central market. It seems to be a show ! The meat market is more quiet and masculine but meat hangs up in the showcase. The fish market is more noisy and fish is well dressed. In front of the central market, there is also the vegetable market. It’s more quiet. Here in Athens, like in the other big cities, everybody has is own place for sales. It seems that Greek people sale meat and fish and Arabic or Indian people sale vegetables and spices.

The others days are classical tourists day : free walking tour, Acropolis … Claire’s grandfather who used to walk just between his car and the bakery, walked up to the Parthenon ! Well done ! For us, we are a little bit tired of the city and traffic.

Denis went in a clinic to fix his hand. Probably the last chance to find a good doctor who speak English before a long time ! He probably has a tendinite. Nothing serious. He just needs a rest.

When sun is coming down, we play together (cards playing). The grand father is a real good player. With Denis, they also won the almost plays.

When the last day comes, we supposed to take the boat at Pireus harbour at 8.00 PM, but because of the hard wind, ferry has 2 day late. We finally have a boat on Sunday morning at 7.00 AM instead of Friday night.

So, on Sunday, we spent 12h on the boat : sleeping, eating, reading, looking the landscape …

When we arrive at Mitilini, we are welcomed by police and refugees bus. In fact, our boat goes back to Athens and bring the fortunates refugees who get the visa … and the are also lots of unfortunate refugees who try to take the boat ! It’s a little impressing and embarrassing. We understand better what refugees crisis means… and we feel little beat guilty.

Next day, we go to the travel agency to get the ferry tickets to Turkey. We suppose to take it on Tuesday, so the next day but there is no boat. We have to wait until Thursday, 3 days later. Even if we are a disappointed, compared to the refugees, 3 days are nothing. We have 3 day to visit Lesbos island !

First day, we just made a little circle in the south, around Mytilini. At night, we met Maria (on a Couchsurfing community). We tasted Soulvaki, good greek sandwich and we speak a lot about refugees situation (she works in a refugee camp) and travels.

Second day, we went in the North to Molivos, a very beautiful village. On the morning, it was raining and winding so not really good weather to cycle but after a great sandwich club in a restaurant, sunny was coming and it was really better. We visited an oil press. That’s time for olive now and Lesbos is famous for olive oil. We slept in Hanna’s house, Dimitri’s fiend, who is on a warm shower’s community. Both work for a refugees foundation.

Thrid day, we go back to Mytilini. To start the day, we had a big breakfast thanks to Dimitri. Before leaving the visit the village and go up to the castle. On the way, we saw salt marshes and flamingos. Lesbos island is on the UNESCO heritage for biodiversity.
In Mitilini, we went in a bike shop to fix the Denis’ bicycle, advised by Dimitri. We met a very passionate man of biking.
To spend our last euro money, we had a good lunch in a restaurant before coming back to Maria’s house. The best word to describe this place is : mix. Whatever you are refugee, student, worker, old or young, you are welcome ! That’s maybe the best message we received in Lesbos : welcome !

Grèce (1ère partie) … du 14 au 25 novembre

Première partie de la Grèce, de la frontière Albanaise à Athènes :

Etape 69 : Mesopotamia – Grevena, 90 km, 1330 D+

Nous quittons Mésopotamia sous un ciel gris pour rejoindre Kastoria, jolie petite ville en presqu’île d’un lac éponyme. Pas de doute, nous sommes en novembre, le soleil prend des vacances.

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Kastoria

Dès la sortie de la ville, nous quittons l’axe principal pour des routes secondaires. Le ton est donné : un panneau nous indique la rencontre(s) possible(s) avec la faune sauvage : ours ou loup à choisir.
En réalité, ce sont surtout les chiens affolés qui nous accueillent au bord de la route en aboyant ou en nous suivant sur quelques kilomètres.

Au détour d’un village, nous croisons un autochtone qui nous invite spontanément à venir boire le café chez lui. Première rencontre avec les grecs : c’est agréable de se faire inviter mais c’est un peu frustrant car la communication verbale reste encore difficile : il parle peu anglais et nous pas grec … il va falloir qu’on apprenne les rudiments ! On arrive tout de même à comprendre que l’ours est bel et bien présent ici. La bête à poils viendrait même parfois jusque dans les jardins, ce qui explique la présence « amicale » des chiens ! On n’a pourtant pas une tête d’ours !!!

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Chez nos hôtes du jour ..

A mi-parcours, nous nous arrêtons dans une boulangerie pour manger un feuilleté chaud. Le climat est humide, nous avons besoin de nous réchauffer. En début d’après-midi, nous repartons sur les petites routes … tellement petites que nous finissons dans des chemins de nature …jusqu’à … une petite colinade ! Une mauvaise lecture du GPS, nous fait tourner à droite plutôt qu’à gauche. Résultats, plus 7 km et 30 minutes perdues …
Nous descendons sur Grevena à la nuit tombante, nous en avons plein les bottes (et les sacoches). Après renseignements pris dans un café de village, nous nous arrêtons dans un hôtel au milieu de nulle part, la nuit risque d’être arrosée. Bulletin météo de ces trois prochains jours : alternance d’intempéries…et de pluie.

Etape 70 : Grevena – Kalambaka, 70 km, 810 D+

La météo s’était un peu trompée : il ne tombe pas de pluie mais des cordes. Les grenouilles en k-way sont de sortie sur leurs fidèles montures à pédales. Nous partons sous une pluie drue qui s’arrête au bout d’une heure … puis reprend et s’arrête enfin alors que nous abordons la dernière ascension de l’étape. Nous avons été rincés, nous décidons de manger au restaurant pour nous réchauffer. Nous ne sommes pas spécialement mouillés mais nous n’avons pas spécialement chaud non plus : du coup, on se paie un steak frites ! C’est fou comme ce plat peut-être international !

Après manger, pour digérer, il ne nous reste plus qu’à descendre ! Et les jambes sont pleines d’énergie, du coup, ça carbure … à 30 km/h sur le plat !!! A 10 km de l’arrivée, nous apercevons les rochers des Météores et les monastères qui les surplombent.

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Vue d’ensembles des Météores

Etape 71 & 72 : Repos des guerriers

Nous ne sommes pas en retard et la pluie est au RDV … alors nous nous arrêtons 2 jours.
Le 1er jour est consacré à la procrastination où comment occuper sa journée à ne rien faire. Le 2e jour est en revanche plus actif. Nous montons en bus aux Météores sous une pluie torrentielle, qui, fort heureusement, cesse en fin de matinée. Dès la première visite, Claire est ravie de mettre une jupe dont le port est obligatoire pour toutes ces dames !
A midi, nous profitons du panorama et du calme des chemins pédestres pour pique-niquer : vue imprenable sur Kalambaka. Nous poursuivons notre balade le long des monastères et parfois même par delà les grilles …

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Un des 7 monastères des Météores

Le paysage est surréaliste comme si les « montagnes » des météores avaient été déposés par des extra-terrestres (ou par le Saint-Esprit). Dans tous les cas, c’est magnifique ! Et avec les pluies diluviennes de la nuit, les fissures des rochers donnent de splendides cascades éphémères.

Entre religion et paysage, nous avons profité de cette journée pour découvrir le patrimoine grec. Dans un pays qui ne connait pas la laïcité, 97% de la population est orthodoxe, nous comprenons mieux les liens forts entre les grecs et leurs popes.

Au final, près de 10 km parcourus et des mollets qui n’avaient pas souvenirs d’avoir fait autant de marche depuis plusieurs mois.

Etape 73 : Kalambaka – Palamas, 70 km, 64 D+

Aujourd’hui l’étape est on ne peut plus plate et la pluie nous a enfin lâché. Nous quittons Kalambaka et les Météores pour rejoindre la ville de Trikala à 30 km. L’étape du jour n’est pas vraiment intéressante.

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La plaine de Kalambaka

A Trikala, nous prenons le temps … nous visitons un peu, nous travaillons sur le blog et nous mangeons au restaurant. Après 3h de pause méridienne … quand même ! Nous reprenons le route le long des champs de coton un parfois inondés jusqu’à Palamas pour retrouver Christian et sa famille.

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Avec Christian et son chien …

Ce soir, nous sommes hébergés chez l’habitant. Nous montons la tente dans son jardin. Moment convivial avec un féru du bicyclette qui est déjà venu en France pour faire le Paris-Brest-Paris. Nous n’avons pas manqué de lui conseiller de faire l’Ardéchoise ! Ambiance assurée !

De retour dans la tente pour une bonne nuit de sommeil, Claire se rend compte que son matelas est percé … la nuit va être beaucoup moins bonne !

Etape 74 : Palamas – Almyros, 91 km, 444 D+

Le début d’étape est aussi plat que la veille. On se croirait dans la plaine de l’Arlier entre Frasne et Pontarlier. A midi, nous nous arrêtons boire un café à mi-parcours mais le dimanche, c’est jour d’affluence, nous nous frayons finalement un chemin vers une table où notre café arrive finalement après 30 minutes. Les grecs cultivent aussi l’art de vivre … en douceur !

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La plaine de champs de coton et les montagnes en arrière-plan

Nous quittons la plaine pour rejoindre la mer par une petite route de col. Enfin, le mot col est un bien grand mot … il s’agit d’avantage d’une petite montée : 10 km à 3% de moyenne ! Le paysage valloné est un peu plus beau et le soleil, jusque là timide, se lève sur la plaine en fond. Au sommet, la mer est en vue, nous redescendons jusqu’à elle pour installer notre bivouac en bord de plage. Revoir la mer est toujours aussi magique et plaisant. Nous avons du choisir un bon endroit car deux routiers bulgares ont la bonne idée de garer leurs engins bruyamment à 23H et de discuter jusqu’à 2-3 heures du matin…

Etape 75 : Almyros – Loutra Edispou, 57 km, 710 D+

Faute d’avoir pu trouver une route de côte, nous retournons dans les terres pour rejoindre plus au sud, l’embarcadère qui nous mènera vers l’île d’Evia. Les collines environnantes sont bordées d’oliviers et c’est la saison des récoltes. En Grèce, la culture des olives semble être une affaire de famille où chacun a sa parcelle. Si dans les Balkans, le véhicule incontournable était la Golf, ici, c’est le pick-up … il ne manque plus que John du Middle-West !

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Montagne d’oliviers en bord de mer

Nous retrouvons la mer peu avant l’embarcadère de Glyfa. Dans cette région, la météo est plutôt clémente, nous sommes mi-novembre et nous pédalons encore en t-shirt ! Le soleil n’a pas dit son dernier mot ! C’est agréable et la mer amène toujours une atmosphère relaxante, apaisante … nous ne nous lassons pas de la contempler !

Arrivée sur l’île, nous parcourons les 15 derniers kilomètres en direction de notre hébergement dans une petite station balnéaire, quasi déserte à cette saison. Nous sommes d’ailleurs les seuls occupants de la chambre d’hôtes… tant mieux, on sera peinards !

Etape 76 : Repos des Guerriers

On le savait pas en venant, mais la petite ville de Loutra Edipsou est surtout connue pour ses sources d’eau chaude … et nous n’avons pas manqué d’en profiter !!! A cette saison, même la mer est encore bonne … au moins aussi chaude que l’eau du lac St Point au mois de juin ! C’est à dire ? 18-20°C !

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Petite baignade dans un bassin d’eau chaude en bord de mer

En tout cas, boire une bière, dans un bain de mer à 40°C, en regardant le coucher de soleil restera pendant longtemps, un bon moment du voyage !

Etape 77 : Loutra Edispou – Limni, 34 km, 510 D+

La douceur de vivre de l’île nous convient tellement bien que nous parcourons l’équivalent d’une demi-étape aujourd’hui. Même en partant à 10h30, nous arrivons à Limni sur les coups de midi. La plage nous tend les bras, le cadre est idyllique pour pique-niquer et faire la sieste. Nous poussons la route de 2 km en fin d’après-midi pour boire une bière en terrasse à côté de quelques anciens du village. Si le paradis grec avait un nom, il s’appellerait « Limni ».

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Coucher de soleil – Vue depuis le bivouac

A la nuit tombée, nous rejoignons une aire de pique-nique pour y installer notre bivouac. Nous surplombons la mer, ce qui nous donne un point de vue encore plus majestueux et un coucher soleil digne des cartes postales !

Etape 78 : Limni – Politika, 64 km, 1175 D+

Les vacances paradisiaques en bord de mer sont finies, il est temps de reprendre la route avec des étapes digne de ce nom ! Dès le début de l’étape, nous grimpons pour rejoindre l’axe principal au centre de l’île. Plus 300 mètres de dénivelé pour commencer ! Le centre de l’île est plus boisé, on se croirait sur le continent. Sur le plateau, la route est redevenue plate, peut-être trop pour nous au point de nous nous ennuyer un peu … d’autant plus que c’est la journée des Grincheux ! L’ambiance est pesante.

Au pique-nique, nous nous arrêtons au soleil, au bord de la rivière mais le soleil bouge et nous finissons le repas à l’ombre. L’endroit n’est pas vraiment propice à la sieste … à moins de traverser. Claire tente l’expérience et se retrouve les deux pieds dans l’eau. Le vélo, trop lourd, s’est enfoncé dans le sable. Denis n’est guère plus malin, il ne se mouillera que le pied droit. Quand on s’est levé du pied gauche, il faut pouvoir le garder au sec toute la journée !

Dans l’après-midi, nous montons jusqu’à 600 m, pour arriver au point culminant de l’étape. Grimper un col détend … le sourire revient au sommet ! Après une bonne bière (ou un café), il s’agit maintenant de descendre au milieu es oliviers pour rejoindre la plage et y planter la tente. Nous avons pris goût au bivouac en bord de mer.

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Bivouac sur la plage

Etape 79 : Politika – Eretria, 51 km, 265 D+

Dernière étape sur l’île : il est temps de rejoindre le continent à Athènes où les parents de Claire nous retrouvent dans deux jours. Pourtant, nous ne sommes pas vraiment pressés. Nous sommes plutôt même en avance, alors on profite du bord de mer une dernière fois. Petit déjeuner sur la plage !

L’étape d’aujourd’hui n’est pas la plus sympa, pas plus pour le paysage que pour le trafic mais nous avançons rapidement. A 13h, nous nous arrêtons manger en bord de plage (quand on vous dit qu’on y a pris goût !), il ne nous reste plus que 15 km à faire sur une route plate et fréquentée.

Ce soir, pas de bivouac sur la plage. Nous avons réservé une chambre. Quel bonheur de retrouver une douche chaude ! Ce n’est pas tant le fait d’avoir de l’eau chaude qui est réjouissant, c’est surtout le fait de pouvoir se laver intégralement, de sentir l’eau couler sur la peau … Quand on voyage, le bonheur tient en peu de choses !

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Ferry au port d’Eretria (nous le prendrons demain)

Comble du luxe, nous profitons de notre dernière nuit sur l’île pour goûter au poulpe, servi par un serveur qui parle français et aux petits oignons pour nous, dans un restaurant où nous sommes les seuls clients. Délicieux !

Etape 80 : Eretria – Athènes, 59 km, 795 D+

Dernière étape de vélo grecque avant la pause à la capitale !
Nous commençons l’étape par la traversée de la mer Egée. Une demi-heure de bateau plus tard, nous revoici sur la terre ferme ! Nous ne boudons pas notre plaisir d’être en Grèce, en bord de mer, sous le soleil …car notre coloc’ Quentin nous a fait savoir qu’il neige à Pontarlier ! Et bizarrement, cette année, nous ne sommes pas vraiment pressés de la voir arriver.

Après quelques kilomètres seulement, petite Colinade de Denis, qui nous emmène dans des raccourcis à 34% !!! Pieds à terre obligés… et premières chutes de Denis sans gravité.

Le reste de l’étape est sans intérêt. Coincés entre autoroute et route nationale, le trafic s’intensifie à mesure que nous nous rapprochons d’Athènes, et le paysage ordinaire ne peut hélas, même pas nous réconforter. Comme un fait exprès, le temps tourne à la grisaille … les demandes d’hébergement en Couchsurfing ou Warmshowers sont négatives ou sans réponse et pour couronner le tout, Denis commence à avoir du jeu dans son pédalier : c’est ce qu’on appelle une journée de merde passée sur la selle !

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Il semblerait que le pédalier n’ait pas trop aimé les 34%

Nous roulons sans trainer jusqu’à Marousi, dans la banlieue nord d’Athènes afin de trouver un magasin de vélo pour Denis. Le samedi, les magasins ferment à 15h ici en Grèce … on avance au pas de charge !

Une fois à Marousi, il ne nous reste plus que 15 km avec un profil plutôt descendant. Bien que les parents de Claire n’arrivent que demain, nous rejoignons une auberge de jeunesse du centre d’Athènes. Surement la plus pourrie du voyage ! Impossible de dormir sereinement jusqu’à 4h du matin … Demain (enfin tout à l’heure) est un autre jour ! Ça ira mieux demain !

Le résumé en images et en vidéos :