Russie mais pas que … du 13 au 23 juillet

Dix jours de voyage en Russie via le transibérien pour découvrir la Russie de façon expresse !

Oulan-Bator (MG) – Irkoutsk (RU) : 13 &14 juillet – 22h de train (1 nuit)

Le premier tronçon nous fait rejoindre Irkoutsk depuis Oulan-Bator. Le passage de la frontière se fait (encore) de nuit mais sans encombre. Connaissant les difficultés rencontrées avec les services de douane mongole, nous redoutions un peu le transport des vélos dans le wagon bagages (payé jusqu’à Naouchki, ville frontière russe). Finalement, la gentille douanière ne nous fait rien payer. Nous n’avons qu’à transférer nos vélos du wagon bagages à notre emplacement : traversée épique et pas très pratique vu la largeur des couloirs !

Au petit matin, le brouillard se lève et permet de découvrir les rives du Baïkal. Les couleurs sont splendides. Nous longeons les rives sud du lac toute la matinée avant de rejoindre Irkoutsk dans l’après-midi.DSCN9717

Une fois arrivés, nous pensions pouvoir trouver un bateau nous emmenant à Listvianka, ville côtière du lac mais manque de bol, le dernier partait en fin de matinée. Il est plus de 15h lorsque nous nous apprêtons à parcourir les 70 km qui nous sépare du village où un hébergement nous attend ! Sans conteste, la route Irkoutsk-Listvianka restera dans les annales comme l’une des plus pourries du voyage! 70 km de lignes quasi droites très fréquentées où le terme « montagnes russes » prend ici tout son sens. Denis a compté pas moins de 50 bosses !!! DSCN9732Tout ça pour voir un bout de lac et sentir son vent soufflé dans les cheveux pour pouvoir dire qu’on a été au Baïkal …
Nous arrivons tard et épuisés à l’auberge de jeunesse. La bière fraiche peine à nous redonner de l’énergie et le sommeil ne se fait pas attendre.

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Le lendemain, nous n’avons pas beaucoup plus de temps pour flâner sur les rives du lac. Faute de trouver un bateau ou un bus avec des horaires qui nous conviennent, nous reprenons nos bicyclettes pour faire dans l’autre sens cette « magnifique » étape à travers la taïga (forêt russe). En quittant Listvianka, nous tombons sur une course de natation. Les nageurs se préparent à prendre la départ pour 1 km de nage dans une eau à … 7°C !!! Ils portent tous combinaison et bonnets néoprènes, c’est bizarre, non ?! Et après, on ose dire que l’eau du lac St Point est froide !DSCN9745.JPG

Nous retrouvons Irkoutsk dans l’après-midi, juste le temps de faire quelques courses et d’apercevoir Jimmy et Louise, d’autres cyclistes français. Sur leurs recommandations, nous achetons un billet pour les vélos et nous montons à bord du train en direction d’Ekaterinburg.DSCN9757.JPG

Irkoutsk – Ekaterinburg : 15 au 17 juillet – 54h de train (2 nuits)

Remarqués dès le début du trajet avec les chargements des vélos, nous sommes les seuls touristes du wagons ! Nous voyageons en 3ème classe en compagnie d’une « Babouchka » bien sympathique.

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Les vélos démontés (roues) voyagent juste au dessus de nos têtes

Ce soir, c’est la finale de la Coupe du Monde et notre équipe nationale de football joue contre la Croatie ! Malheureusement, avec le décalage horaire, le match a lieu à une heure tardive dans cette partie de la Sibérie. Les passagers de notre wagon, à majorité féminine, ne semblent pas fan de football. Nous nous endormons sans avoir de résultats ! Nous les aurons le lendemain par une voisine. Nous sommes contents mais c’est pas pareil, on veut voir les images !

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Wagon de 3e classe

Que raconter du trajet en train si ce n’est que nous partageons notre temps entre lire, jouer, dormir et manger. Le paysage de forêt et de pâturage, semblable pendant des kilomètres n’est pas vraiment distrayant.

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Vue du train

La légende du transsibérien raconte que les passagers sont ivres ou boivent durant le trajet mais chez nous, c’est plutôt discussion calme autour d’un thé. Seul un groupe d’enfants met un peu d’animation. Nous sommes presque déçus, on avait même acheté une bouteille de vodka pour l’occasion !

Le sur-lendemain, tard dans la soirée, nous arrivons à Ekaterinburg et filons chez Evgeni, un ami d’Alexis, du temps où il était étudiant.
Nous sommes accueillis comme des rois. L’hospitalité russe n’est donc pas qu’une légende !

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Tania, Evgeni et nous …

Nous profitons de cette halte de 2 nuits pour visiter Ekaterinburg, ville où le dernier Tsar Nicolas II et sa famille ont été assassinés.

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Eglise où Nicolas II, le dernier Tsar a été assassiné

Cette aussi la ville de Boris Eltsin, premier président de Russie. La visite de son musée nous en apprend beaucoup sur l’histoire moderne de la Russie et la fin de l’URSS.IMG_3936.jpg

Ekaterinburg est la 4e ville du pays après Moscou, St-Petersbourg et Novossibirsk.

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Mairie d’ekaterinburg

C’est une cité agréable et charmante où l’héritage soviétique se marie harmonieusement avec l’architecture moderne. Nous nous plaisons à déambuler le long des rives de l’Isseted559dc6-b493-4be3-b364-51f41036f2e7.jpg

Le soir venu, nous retrouvons Evgeni qui nous amène dans un restaurant traditionnel à la découverte de la gastronomie locale. Nous respectons scrupuleusement la tradition russe qui veut que nous trinquions à tout et n’importe quoi ! IMG_4057.JPGA la fin du repas, alors que nous pensions rentrer, Evgeni nous fait faire la tournée des bars ! Notre statut de français fraichement champions du monde nous vaut même d’être invités au Champagne par un habitué. Nous rentrons à l’appartement à 4h du matin avec une euphorie mal dissimulée. La première place de la Russie aux rang des pays alcooliques est donc loin d’être détrônée !

Lorsque le réveil sonne le lendemain à 7H30, nous avons juste le temps d’avaler un thé avant de monter dans le train pour Moscou.

Ekaterinburg – Moscou : 19 & 20 juillet – 26h de train

Comment dit-on « j’ai les dents du fond qui baignent » en Russe ? Parce qu’entre la gueule de bois et les balancements du train, nous avons l’estomac qui fait bravo !
Pour se remettre d’aplomb, rien de tel qu’un gros roupillon !

Inutile de vous précisez qu’on a pas vu le temps passé. Le brouillard ne s’est dégagé de nos têtes qu’en fin d’après-midi. On a dormi toute la journée !

Le lendemain matin, le train arrive déjà en gare de Moscou. Après avoir cherché l’auberge de jeunesse pendant plus de 20 minutes, nous laissons nos affaires à la découverte de la capitale.

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Place rouge

Au programme : promenade dans le centre ville, le Kremlin, la place rouge, le Bolchoï et la fameuse cathédrale de St-Basile dont les dômes ressemblent à des sucres d’orge tout droit sortis de Disneyland.

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St Basile

Moscou est une belle ville. L’architecture soviétique a laissé des avenues larges et aérées. Les parcs sont nombreux. Le soir venu, nous avons l’immense joie de nous rendre compte qu’un bar bruyant est situé juste en face de l’auberge de jeunesse. Nous profitons de l’animation jusqu’à 6h du matin ! De quoi passer une bonne nuit reposante !

De fait, le 2e jour à Moscou est plus calme. Nous préparons la suite du voyage, écrivons les articles du blog, lisons … Une nouvelle virée nous amène à prendre le métro. C’est probablement le plus beau métro du monde, du moins le plus beau qu’on ait jamais vu ! Inauguré sous Staline, certaines des stations sont construites en marbre. La légende raconte que Staline aurait fait détruire des églises pour construire le métro.R7PegVwgRaKgM1%6uJepbg.jpg

Après deux jours à Moscou, nous remettons les vélos dans le train à la conquête de l’Europe.

Moscou (RU) – Varsovie (PL) : 22 juillet – 14h30 de train

Nous quittons la Russie par un train russe moderne. Fini les couchettes de 3e classe mais la place pour mettre les vélos est aussi plus limitée. Le train file à grande vitesse en direction de l’ouest. Nous sommes surpris d’entrer en Biélorussie sans contrôle de douane. On savait les deux pays copains mais quand même !

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Attente du train en gare de Moscou

Ah la Biélorussie ! Pays magnifique à 120 € par personne le visa ! On se réjouit déjà à l’idée de passer 5h dans le train et de s’alléger de 3 € par minute ! Tout ça pour voir des prairies vertes et des forêts !!! Heureusement, en gare de Brest (oui il existe un Brest à l’est), juste avant la frontière polonaise, nous sommes contrôlés par les douanes biélorusses. Au moins on aura pas payé pour rien ! Nouveau changement de bogies également, comme entre la Chine et la Mongolie mais là, la manoeuvre se fait tellement vite qu’on ne voit rien.

En entrant en Pologne, nous entrons dans l’Union Européenne. Plus besoin de visa ! Nous pouvons dorénavant circuler comme nous voulons ! Les douaniers regardent à peine nos passeports.

Il est minuit lorsque nous descendons du train à la gare est de Varsovie. Comme nous reprenons le train demain à 6h, nous n’avons pas réservé d’endroit. Après un petit circuit à vélo by night dans la ville, nous atteignons la gare centrale dans l’espoir de trouver un petit coin pour dormir … mais les policiers ne l’entendent pas vraiment de cette oreille. Ils passent toutes les 20 minutes environ pour réveiller les personnes endormies dans la salle d’attente ! De retour un peu perplexe sur nos bicyclettes, nous retrouvons un parc public qui fera un excellent bivouac !
A 3h du matin, alors que nous dormons bien profondément, nous sommes réveillés par un homme sympathique nous demandant une cigarette… et au réveil, un autre nous apporte pain et croissants !!! Est-ce qu’on ressemble à des clochards ou est-ce qu’on a pitié de nous mais nous apprécions ce gentil geste ! Une chose n’a pas changé depuis notre premier séjour dans ce pays en 2010, les polonais sont vraiment bienveillants !DSCN9844
En arrivant à la gare, on cherche à prendre un café, sûrs que la Pologne est passé à l’Euro mais en voyant les prix affichés, on se rend compte que la monnaie locale est toujours le Zloty ! Pas de Zlotys, pas de café !

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Varsovie

Varsovie (PL) – Vienne (AT) : 23 juillet – 7h de train

Dernier transfert en train du voyage à travers la Pologne, la République Tchèque et l’Autriche. En à peine plus de 24h, on et passés dans 5 pays différents. Ici, pas de contrôle aux frontières puisque tous les pays font partis de l’Union Européenne mais un contrôle de tickets à chaque nouveau pays. Les vélos voyagent près de nous en bout de wagon.

Les trains russes équipés de samovar (eau chaude) sont déjà de l’histoire ancienne mais un personnel du train nous propose quand même thé ou café (finalement pas besoin de zlotys). Dans le train, on sent que l’ambiance est différente du transsibérien, les gens ne se déchaussent plus et ne mettent plus de tenues légères pour voyager. Ils sont pressés d’aller d’une ville à une autre.

Le temps d’un sandwich et d’une sieste, nous arrivons déjà à la gare centrale de Vienne, fin du périple en train, il sera grand temps de reprendre le vélo pour finir la Colinade.

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Le Danube, vue depuis Vienne

Mongolie à 4 roues … du 30 juin au 13 juillet

Grand comme 3 fois la France, la Mongolie est un pays vaste qui nous semblait difficile à parcourir à bicyclette en moins d’un mois. L’alternative en mini-van russe, accompagnés des copains et d’une guide francophone, nous est apparue comme une bonne solution.

Nous voici donc embarqués pour 2 semaines de circuit touristique plutôt classique à travers la steppe mais pas que…

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Les 5 touristes français devant Khengis Khan

La visite expresse d’Oulan-Bator nous rappelle inévitablement que la beauté de la Mongolie ne réside pas dans sa capitale. Carrefour d’influence entre la Chine et la Russie, moderne et traditionnelle, la ville est une superposition de styles architecturaux différents sans réelle harmonie. Le tour du centre-ville est rapidement fait. Avant de partir, un tour au marché noir nous donne l’occasion d’avoir un aperçu sur l’artisanat mongol et … chinois !

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Place centrale d’Oulan-atour

Les premiers jours, nous descendons vers le désert de Gobi. Chameaux et dunes de sable s’invitent au programme. C’est surprenant de constater que des dunes hautes de 250m peuvent s’ériger à seulement quelques mètres d’un cours d’eau !DSCN9203.JPG

L’hébergement, en yourte, dans des familles d’éleveurs nous permet d’avoir un aperçu de la vie nomade et c’est un réel plaisir de pouvoir échanger plus que 3 mots grâce à Bujin. DSCN9165Cela nous permet, entre autre d’assister, par hasard à un mariage.

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Mariage traditionnel mongol

Le soir nous nous essayons à rentrer les bêtes au parc. Nous jouons au ballon avec les enfants. Comble du luxe, les garçons peuvent regarder France Argentine sous la yourte grâce aux panneaux solaires.DSCN9088
Malheureusement, encore malades pendant 4 à 5 jours, nous avons bien dû mal à récupérer. Quand Claire va mieux, Denis fait une rechute et inversement. Les débuts sont un peu difficiles.

Denis s’est fait un pote de musique avec Antoine et tout est prétexte pour jouer un morceau de guitare, d’harmonica ou de ukulélé pour le plus grand bonheur des locaux.DSCN9349

Entre deux périodes de transit en mini-van, nous nous baladons dans l’immensité mongole, nous observons les gypaètes barbus, les gazelles, antilopes, yacks et autres troupeaux. Cette année en Mongolie, l’hiver n’a pas vraiment donné les précipitations escomptées et la sécheresse sévit. Les bêtes sont maigres et de nombreuses fêtes du Nadaam, fêtes nationales mongoles, ont du être annulées…

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Les enfants à partir de 4 ans, montent à cheval pour les courses du Nadaam

Les mongoles ont un sens de l’organisation bien à eux ! Loin de s’embarrasser des heures de la journée, ils s’organisent en 3 temps : avant midi, après-midi et soir. Pour les évènements publics, c’est à peu près la même chose. Chaque village décide au dernier moment d’organiser ou d’annuler son Nadaam. Le téléphone mongol prend alors le relais et, grâce au répertoire bien fourni de Bujin, nous atterrissons dans un petit village au sud d’Oulan-Bator.

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« jeu de domino ». Le domino est posé sur une sorte de rail en bois et le jouer, à l’aide de ses doigts, doit le propulser pour faire tomber ceux en face.

Hébergés chez l’assistante sociale, de l’hôpital et accessoirement chamane, nous nous immergeons pleinement dans la vie mongole : course de chevaux, lancer de dominos, lutte nationale et dégustation de « kouchours », beignets de mouton spécialement faits pour l’occasion.
DSCN9397.JPGNotre venue attire l’oeil des locaux, peu habitués à voir des touristes.

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Les hommes sont venus de la tenue traditionnelle

Le soir venu, le spectacle nous donne un aperçu de la culture musicale. Le bal qui s’en suit est un moment unique du voyage. Nous apprenons à danser la valse à la mode mongole sur des airs de musette ou dansons avec les éleveurs en tenues traditionnelles sur des airs de Lady Gaga. Quand tradition et modernité se mélangent, le résultat est parfois surprenant !

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Combien de chevaux sous ton capot ? … Les jeunes nomades viennent au bal à cheval !

Notre virée touristique se poursuit dans les steppes de Karakorum, ancienne capitale sous l’aire de Khengis Khan, puis dans la vallée d’Orkhon. Cette région touristique est la carte postale de la Mongolie : steppes verdoyantes, rivières et forêts de sapin, chevaux et yacks, éleveurs nomades et yourtes…DSCN9577.JPG

Pendant trois jours, nous sommes accueillies par une famille nomade qui nous fait découvrir son mode de vie et la gastronomie locale : montage de yourte, barbecue mongol aux pierres chaudes, lait de jument fermenté … nous refusons toujours le thé au lait, par précaution !DSCN9581.JPG
Nous fêtons l’anniversaire de Fabrice sous la yourte, à la vodka et aux sons mélodieux des ukulélés d’Antoine et de Denis.fullsizeoutput_1d47.jpeg
Le temps d’une journée, nous nous essayons à l’équitation mais Denis préfère de loin son vélo, plus obéissant à son maitre !

Déjà, les 2 semaines se terminent, les fêtes de Nadaam battent leur plein dans la capitale, c’est l’affluence ! A peine arrivés, nous assistons à spectacle de chants polyphoniques qui nous laisse sans voix ! Les copains repartent en avion dans la soirée pendant que nous rejoignons notre hostel.DSCN9489

Le lendemain, c’est notre tour de quitter Oulan-Bator et la Mongolie mais par le train, direction la Russie.IMG_3928

Mongolie à 2 roues (1ere partie) … du 24 au 29 juin

24 juin : Oulan-Bator

Nous finissons notre nuit à bord du Transmongolien avant de découvrir les paysages mongols de jour. Le désert de Gobi, puis les grandes steppes défilent sous nos yeux. C’est un beau cadeau d’anniversaire pour Denis.

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train dans la steppe mongole

En début d’après-midi, nous arrivons à Oulan-Bator, capitale de la Mongolie. Bujin, notre guide mongole nous attend sur le quai. Alors que nous pensions rouler dès notre arrivée, impossible de récupérer nos vélos. Le bureau de douane est fermé depuis 1/2h, personne ne peut tamponner nos papiers et nous devons revenir demain matin. Malgré l’aide de notre interprète, personne ne semble apte à nous aider.fullsizeoutput_1d11.jpeg

Oulan (qui signifie rouge en mongol) à rejoint son pays !

 

Bon gré, mal gré, nous allons en taxi dans une auberge de jeunesse. Nous en profitons pour découvrir la capitale mongole et gouter aux fameux « buuz » (raviolis de mouton).

25 juin : Oulan-Bator – Altanbulag, 44 km, 245 m D+

Tel « Astérix et les 12 travaux », nous passons près de 4h à récupérer nos vélos : aller dans un bureau, puis dans un autre (16 en tout), faire des photocopies, attendre que le chef revienne de réunion … le service des douanes mongols ressemble à un vrai casse-tête chinois, pourtant tout droit hérité du système soviétique. Nous apprécions d’autant plus de remonter en selle.

La sortie d’Oulan-Bator le long des centrales à charbon et zone industrielle font partie du décor. L’expansion rapide de la capitale ces dernières années, n’a pas vraiment laissé de place à l’esthétisme.

DSCN8787.JPGEn une dizaine de kilomètres, nous nous retrouvons dans la steppe verdoyante. Les yourtes ont remplacé les habitations en bétonDSCN8830.JPG

Lorsque la route s’arrête et que la piste prend le relais, notre vitesse de croisière diminue drastiquement. Un petit coin boisé apparait sur notre chemin comme une invitation à la halte. Nous y posons la tente. Notre premier bivouac mongol est idéal : pâturage, chevaux, vaches, rivière, arbre, ukulélé et feu de bois.DSCN8837.JPG

De quoi passer une nuit de rêve, si notre voisin Dawaa, imbibé de Vodka, ne nous avait pas réveillé à 1h du matin.

26 juin : Altanbulag- ? …Dans la steppe, 43 km, 470 m D+

Nous découvrons l’art de rouler sur les pistes ou comment se perdre dans la steppe. Par moment, les voies se divisent, se croisent, sans aucune indication nulle part. Ce matin, nous devons traverser la rivière mais un mauvais guidage nous conduit dans une impasse, à un endroit où la rivière est infranchissable. Nous rebroussons chemin, perdons 2h à retrouver le bon itinéraire. Entre l’état des pistes et les erreurs de pilotage, nos ambitions kilométriques doivent être revues à la baisse. DSCN8847.JPG

Aucune importance, le paysage est grandiose. De la steppe et des collines verdoyantes à perte de vue comme dans les cartes postales.DSCN8871

Nous croisons de temps en temps éleveurs et troupeaux qui nous regardent avec un air à la fois bienveillant et stupéfait. Parfois aussi les cadavres de bovins qui n’ont pas résisté à la sécheresse. A midi, nous nous faisons même controlés par la police locale, par simple curiosité. Cette fois, les arbres ont disparu. De la steppe, rien que de la steppe et du vent.DSCN8905.JPG

27 juin : dans la steppe, 56 km, 800 m D+

Nous démarrons l’étape par un petit col, pas bien long mais aux pentes raides. 10% sur piste, ça fait les cuisses ! Le panorama au sommet est splendide. La descente version VTT est jouissive, même si ça passe toujours trop vite !DSCN8922.JPG

En bas, nous sommes surpris de découvrir des champs cultivés et des tracteurs. Nous redécouvrons aussi la route goudronnée que nous ne ferons que croiser. Nous nous arrêtons vers un campement de yourte pour nous ravitailler en eau et en essence car en Mongolie, c’est comme en Chine, pas moyen d’acheter du « benzin » en station sans plaque d’immatriculation.

Le reste de l’étape se fait sur la piste vallonée, toujours et encore.DSCN8939

Les campements nomades sont plus fréquents et les éleveurs entrainement leurs enfants aux courses de cheveux. C’est bientôt la fête du « Nadaam », grande fête nationale mongole.

DSCN8952En route, nous sommes invités par une famille à boire un thé au lait, comme le veut la tradition. Ils sont surpris par nos vélos.DSCN8930

Un mauvais aiguillage de piste nous conduit à plus de vingt kilomètres de l’endroit visé mais aucune importante, l’étape du jour était idyllique.DSCN8980

28 juin : Retour à Oulan-Bator, 61 km, 365 m D+

Le thé au lait a du mal à passer. Claire est malade depuis ce matin. Dans ces conditions, dur dur de pédaler. Heureusement, la route n’est pas loin. Après quelques temps d’hésitation, le retour à Oulan-Bator semble la meilleure option. Avoir des toilettes et de l’eau courante lorsqu’on est malade est un luxe appréciable.DSCN8982.JPG

Quelques kilomètres avant d’arriver en ville, nous croisons une autre échappée franco-espagnole. L’un d’eux, prof de kitesurf en Thaïlande et à improvisé une remorque avec son kite, original.DSCN8985

L’arrivée à Oulan-Bator, le retour à la civilisation et au trafic routier ne nous manquait pas, surtout avec les 41°C ambiants mais le confort d’un lit et d’une douche est un bon remède aux dérangements gastriques.

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Oulan-Bator

29 juin : jour de repos à Oulan-Bator

Nous profitons de cette journée pour nous ressourcer au calme, et à l’abri de la chaleur étouffante de la ville.

Dans l’après-midi, nous avons RDV avec Bujin à la gare pour déposer nos vélos à la douane (fermée pendant le Nadaam). Deux heures et 10 aller-retours de bureaux suffisent cette fois…

Dans la soirée, nous allons à l’aéroport chercher Fabrice, Antoine et Stéphanie. Excités par leur arrivée, les langues se délient et nous ne trouvons le sommeil que tard dans la nuit.DSCN9003

Balade dans le nord Pékinois … du 16 au 23 juin (fin de la Chine)

En attendant, notre visa russe, nous avons décidé d’enfourcher nos vélos pour découvrir le nord de Pékin pendant 5 jours.

16 juin : Pekin-Zhan Yuan Cun, 77 km, 665 m D+

Nous quittons Pekin sur des axes encombrés mais en tant que cyclistes, la voie est libre. Nous ne mettons pas longtemps à sortir de la ville, à peine 20 km pour retrouver les champs de maïs ! La matinée jusqu’au lac se fait sur une piste cyclable sans relief. Nous sommes encore dans une zone périurbaine mais tout est fait pour donner des airs de campagne champêtre. Les rives du lacs sont aménagées et des panneaux touristiques font leur apparition. Nous nous arrêtons même dans une aire de pique-nique aménagée le long de la route, rapidement rejoints par deux petits vieux en mal d’ombre.DSCN8520

Dans l’après-midi, nous poursuivons sur des routes plus pentues le long d’une rivière. Pour les chinois, c’est un week-end prolongé alors c’est l’affluence. Tous les pékinois sont venus se mettre au vert dans les montagnes du nord. Les hôtels bordent la route, le camping n’a pas l’air d’inspirer grand monde et c’est tant mieux pour nous ! C’est dans la descente d’un col, à l’abri des regards et des châtaigniers que nous plantons la tente. Il fait chaud et humide, les moustiques se régalent. L’averse vient à point nommé. Nous nous endormons, bercés par le bruit des chants mélodieux du karaoké, situé au 500 m plus haut.DSCN8525.JPG

17 juin : Zhan Yuan Cun-Qian An Ling, 57 km, 550 m D+

Rien de mieux qu’une petite descente pour s’échauffer. La fraicheur peaufine notre réveil matin, nous en avons presque la chair de poule mais les températures grimpent vite. Déjà 30°C à 10h ! L’air est chaud et humide et nous suons à grosses gouttes. On comprend mieux aussi d’où vient cette végétation luxuriante sur les collines environnantes. La rivière nous offre à midi de quoi nous laver et nous rafraichir. Nous n’en demandons pas plus.DSCN8534.JPG

Nous continuons notre route sur les petites routes de campagne au macadam irréprochable. Le goudron est lisse et comme neuf.DSCN8549.JPG

La vallée que nous longeons en bord de rivière fait le bonheur des familles. Les enfants s’amusent à patauger dans l’eau munis d’épuisettes à la recherche de têtards pendant que les plus anciens pêchent paisiblement. Encore une fois, les rives sont bien aménagées et cette fois nous ne sommes pas les seuls campeurs. Nous plantons la tente, un peu à l’écart le long de la rivière. Ce soir, c’est karaoké + feux d’artifices !DSCN8562.JPG

18 juin : Qian An Ling-Sihaizen, 65 km, 580 m D+

En Chine, pas moyen d’acheter de l’essence à la pompe si tu n’as pas de véhicule. Les employés des stations services doivent rentrer l’immatriculation du véhicule avant de servir le client. Du coup, nous n’avons pas pu recharger notre réchaud à essence … il en reste encore un peu mais pas sûr de pouvoir cuisiner encore longtemps !DSCN8571.JPG

La vallée le long de la rivière s’ouvre un peu donnant sur un paysage moins encaissé. Les montagnes verdoyantes ne nous quittent pas depuis le début. Elles sont toujours là sans être exactement similaires…DSCN8575.JPG

En fin de matinée, une route barrée nous oblige à prendre un itinéraire bis qui raccourci un peu le parcours. Ce n’est pas grave. Nous roulons sans pression, sans réel but à atteindre, juste le plaisir de découvrir une région et de pédaler, parce que, quand même, on aime faire du vélo !

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Petite aire de pique-nique aménagée

Le soir venu, et malgré la pluie qui a humidifié l’atmosphère, Denis tente un feu de bois pour la cuisine du soir. Nous sommes dans un parc, en bord de rivière et à peine cachés par quelques arbres qui se battent en duel. Nous craignons toujours d’être délogés. Les expériences de Kachgar nous ont rendu quelques peu méfiants. Finalement, et malgrès la visite de quelques locaux, le bivouac semble autorisé. Un groupe de pêcheurs apporte même du bois sec à Denis.DSCN8584

19 juin : Sihaizen-Changping, 78 km, 705 m D+

La route du jour est vallonée. Ça monte, et ça descend, jamais bien longtemps mais ce n’est jamais plat. Ce n’est pas pour nous déplaire, les petits cols nous offrent de beaux points de vue sur la vallée des fleurs. Les paysans sont de sortie; à la mode chinoise, c’est-à-dire, à 10 par champ. Ils travaillent tous ensemble et quasiment tous à la main. Ici où là, les fleurs violettes typiques de la région bordent la route.DSCN8604.JPG

Au détour d’un virage, au dessus d’un énième petit col, nous posons les vélos pour une petite balade à pied sur la Grande Muraille de Chine. Cette portion a été partiellement restaurée. Elle est accessible par un petit chemin de randonnée depuis la route. L’endroit est superbe, sauvage et offre une vue imprenable sur le relief. La Grande Muraille se perd au loin sur la montagne. Instant magique !IMG_3765.jpg

La dernière ascension avant la plaine de Pekin nous mène à la rencontre d’un groupe de cyclistes pékinois. S’ensuit un bon moment de fraternité cycliste avec pose photo au sommet du col ! IMG_3791.jpgLe reste de l’étape n’est plus que descente jusqu’au réservoir proche du tombeau des Ming.IMG_3798.jpg

Nous peinons à trouver un coin de bivouac. Le lac (qui a accueilli l’épreuve de triathlon des JO de 2008) est bordé de grillage. Impossible de camper à proximité. Lorsque nous trouvons finalement un endroit, la chaleur sous la tente s’avère étouffante. Les moustiques s’en donnent à coeur joie. Denis plante le hamac pour avoir plus d’air mais se retrouve en lutte avec son drap de soie et finit le cul par terre ! Il finit par revenir dans la tente, en nage et couvert de boutons de moustiques à 2h du matin. Nuit reposante !

20 juin : Changping-Pekin, 59 km, 75 m D+

Cette fois, nous retrouvons la ville. La banlieue de Pékin est au pied du bivouac. Nous traversons les faubourgs de la capitale. La chaleur est étouffante ! Encore plus de 37°C ! Nous trouvons un peu de fraicheur dans le parc du Palais d’Eté, sorte de Hameau de Marie-Antoinette. L’Impératrice aimait y passer du temps pour se mettre au vert. Le parc est immense et un grand lac couvre sa superficie. Les pédalos et autres petits bateaux font le plaisir des touristes. Nous nous allongeons à l’ombre d’un arbre pour un somme salvateur. La chaleur a raison de nous. Ce n’est pas tous les jours qu’on peut faire la sieste dans un parc impérial !DSCN8637.JPG

Le soir, nous retrouvons un jeune couple qui nous héberge. Echanges en anglais sur la vie pékinoise. Les moeurs changent. Les jeunes chinois vivent de plus en plus à l’occidentale. Bien que les vacances ne soit pas forcément dans leur culture, ils savourent leur temps libre, si précieux. Chouette rencontre !

21 juin : Pekin intra-muros, 38km, 20 m D+

Dix ans après les Jeux Olympiques de Pekin, le site reste propre et en bon état. La piscine olympique sert aux locaux et le stade en forme de nid d’oiseaux a su garder toute sa splendeur ! DSCN8671La tour de la flamme olympique est immense. Lors de ces jeux, la Chine avait fait les choses en grand, comme un symbole de la puissance des chinois dans le monde.DSCN8667.JPG

A midi, nous retrouvons Jimmy et Louise, 2 autres cyclistes français partis eux aussi de France à vélo. Ils ont pris un autre itinéraire en Chine. Comme nous, ils sont à Pekin pour demander leur visa russe. Ils rentrent également en train mais sans passer par la Mongolie, en prenant la branche du transmanchourien entre Pekin et Irkoutsk.

Comme prévu, nous récupérons notre visa russe dans l’après-midi. Nous sommes aussi heureux que si nous avions eu notre bac. C’est quand même dingue la joie que procure un bout de papier qu’on paie cher en plus ! Mais c’est le 8ème et dernier du voyage alors…

Après 6 jours d’itinérant au nord de Pekin, nous retrouvons l’appartement de la famille Vassé comme une 2e maison. C’est la fête de la musique et c’est aussi la fête des CE1 du lycée français de Pekin. Nous assistons, comme des parents, au spectacle de fin d’année de Hanyu. La représentation est trilingue : français, chinois et anglais ! Le corbeau et le renard récité en anglais par des gamins franco chinois, ça claque (os) !

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Lycée français de Pékinijl

22 juin : Pekin, 23 km, 75 m D+

Comme à chaque fois que nous prenons le train en Chine, il faut amener nos vélos la veille. Cette fois, c’est le grand départ. Nous partons demain matin aux aurores pour la Mongolie ! Nous sommes pris en charge très vite et sans souci. A Pekin, le personnel parle anglais. Après 500 km de déplacement urbain à vélo, nous testons le métro et le bus pour rentrer.

Pas le temps de trainer, aujourd’hui, nous avons un planning de ministres. Le maitre de Hanyu nous attend cette après-midi à l’école pour présenter notre voyage. Nous avons 45 minutes, c’est un peu court mais ça ira. Les élèves sembles intéressés. A chaque fois, c’est un réel plaisir de présenter notre périple.

Tels des animateurs de colo, nous récupérons les enfants à l’école pour les ramener à la maison. Zhewei, 3 ans et demi, est à l’âge des caprices mais comme « ferme et dure est Claire » ça ne marche pas, alors forcément on est : « Méchant ! » ou « Caca » ! Intérieurement, cela nous fait bien rire mais nous prenons notre rôle d’éducateurs très à coeur. Cela laisse aussi un peu de temps libre aux parents, une façon bien dérisoire de les remercier pour leur hospitalité.

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Les hommes de la maison

Dernière soirée à Pekin autour d’un bon repas que « Laoye » (le grand père) prépare comme à l’habitude. Après plus de 10 jours à se régaler de ses bons petits plats, on n’ose pas remonter sur la balance ! Dernière dégustation d’alcool chinois dont on ne se souvient même plus du nom !
Dernière nuit à Pékin, courte, demain c’est le grand départ pour Oulan-Bator !

23 juin : Dans le transmongolien, entre Pekin et Oulan-Bator

Lorsque le réveil sonne a 4h45, les yeux sont encore collés. C’est quand même tôt ! La douche finit de nous réveiller. Les affaires sont prêtes. Les sacs sont remplis de nourriture.DSCN8698

Léon, a proposé de nous emmener, et à vrai dire, cela nous arrange bien. Nous arrivons à la gare bien en avance. Nous sommes prêts, impatients même. Nous arrivons progressivement au but de notre voyage.
A 7h25 précise, c’est parti pour 31h dans le transmongolien. Le wagon est presque vide et nous sommes seuls dans notre compartiment.

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Dernier canard laqué

Les paysages défilent au rythme du train, nous donnant l’inspiration pour écrire le blog ou juste le temps de lire. Après seulement quelques heures, nous entrons dans la région de la Mongolie intérieure, située en Chine. C’est déjà un peu le désert de Gobi. Le vent souffle tellement fort par moment que nous assistons à une tempête de sable, bien-heureux de n’être que spectateur à bord du train. Les impressions auraient été tout autres à vélo.

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Tempête de sable

A 20h30, on atteint le ville d’Erlian, dernière commune avant la frontière. 5h d’arrêt. Le contrôle des bagages et des papiers se fait à l’intérieur du train.
Notre visa expire à minuit (et nous franchissons la frontière à 1h du matin)… mais nous récupérons nos passeports sans problème. Pendant ce temps, le train part au garage. Il faut changer les bogies du train car la largeur des voies est différente d’un pays à l’autre. Le spectacle est extra-ordinaire au sens littéral du terme. Nous restons collés à la vitre, admiratifs de ce spectacle, pendant la manoeuvre. Au total, 2h auront été nécessaires pour nous remettre sur les rails mongols ! En avant pour un nouveau pays !

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Les wagons se soulèves et les bogies passent sous le train