Allemagne & Suisse … du 3 au 12 août

Nous pédalons à 2, puis à 5 entre l’Autriche, l’Allemagne et la Suisse.

3 août : Walchsee (A) – Bad Tölz (D), 80 km, 1252 m D+

Notre dernier réveil autrichien nous laissera un goût amer. Nous avons planté notre tente sur une aire de baignade semi-aménagée et la gérante qui nous accueille ce matin nous réclame 26€ pour avoir passé la nuit sur son terrain.  Nous ne l’entendons pas vraiment de cette oreille, aucune pancarte ne stipule que le camping est interdit ni le tarif exorbitant ! Nous partons en payant les 8€ de parking comme indiqué … avec la menace d’avoir la police aux trousses ! On a résisté à la police chinoise, la police autrichienne ne va pas nous impressionner !
En entrant en Allemagne après 10 km, nous sommes plutôt soulagés de franchir la frontière ! La police ne nous a pas retrouvé et l’espace Schengen offre une libre circulation appréciable pour les fugitifs à bicyclettes !

L’accueil allemand nous semble d’un coup plus chaleureux. En s’arrêtant au supermarché du village, quelques petits mots sont échangés avec la population locale, impressionnée par notre chargement !

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Cette fois, pas de doute, quel que soit le côté de la frontière, nous sommes bel et bien dans les Alpes et ça grimpe ! 700 m de dénivelé sont au programme de ce joli col alpin ! C’était tellement simple pour nous qu’on a pris les pistes VTT pour redescendre !DSCN0099

Pour nous remettre de nos émotions, une petite baignade au lac est la bienvenue. Les kilomètres de faux plat descendant qui nous séparent de la fin de l’étape défilent. Les vallées Alpines peuvent aussi être plates !DSCN0094

En arrivant à Bad Tölz, des travaux forment un léger embouteillage que nous franchissons tranquillement. C’est aussi l’occasion pour une bavaroise d’essayer de faire marcher l’assurance en nous accusant d’avoir rayé sa voiture ! Comme nous n’obtempérons pas, elle décide la police et c’est le moment que nous choisissons pour prendre la fuite ! Promis, c’est pas nous ! Deux délits de fuite dans deux pays différents en une journée ! Il faut que nous rentrions en Europe pour être embêtés par des matérialistes ! On va finir par repartir en voyage …

DSCN0100.JPGDans la soirée, les parents Rousseau nous rejoignent au camping le temps d’un week-end. Cette fois, ils ont pris tente et matelas. Dormir dans la voiture n’a visiblement pas été très concluant.

4 août : Bad Tölz – Garmish-Partenkirschen, 65 km, 767 m D+

Aujourd’hui, c’est presque les vacances, nous pédalons en version léger, c’est-à-dire, sans sacoches puisqu’elles ont été mises dans la voiture du PDG de Mont d’Or services (le père de Claire).DSCN0101.JPG

Nous démarrons l’étape du jour par des pistes cyclables assez plates en fond de vallées le long des champs et des roseaux d’un cours d’eau mais cela nous paraît tellement facile que nous poursuivons sur une piste VTT ! Le GPS nous a encore fait une farce ! A vrai dire, ce n’est pas vraiment déplaisant et le paysage entre les deux lacs est plutôt joli.

Nous arrivons un peu avant midi au point de RDV du pique-nique avec les parents Rousseau. La petite table est installée à l’ombre, en bord du lac. Ah ! Le confort et la logistique ont du bon ! Comme à notre habitude, nous piquons une tête avant de déguster les petits plats de Maman Rousseau. La sieste fait elle aussi partie du programme et Papa Rousseau ne rechigne pas à tester (et à approuver) le hamac !DSCN0110

Alors que la voiture familiale nous devance pour aller réserver le camping, nous finissons l’étape jusqu’à Garmish-Partenkirschen, ville olympique et station de sports d’hiver célèbre pour être au pied du Zugspitze, le sommet allemand à près de 3000 mètres !DSCN0131

En arrivant, la mauvaise nouvelle tombe, pas de place au camping c’est archi-complet ! Nous finissons sur une aire de camping-car version grand luxe, dans un coin d’herbe, à l’ombre et au calme ! Des toilettes, des douches et même une machine à laver sont à disposition, que demander de plus ?

5 août : jour de repos à Garmish-Partenkirschen

Chez les Colin, le jour de repos est synonyme de grasse matinée, au moins jusqu’à 9 h ! Nous prenons le temps de nous reposer, de lire, laver du linge …

Pendant que Denis met à jour les parcours des prochaines étapes, Claire et ses parents descendent en ville. Garmish est une ville de Bavière plutôt touristique et chic mais pas « bling-bling ». Le charme de la Bavière réside aussi dans son art de vivre. Les habitants y sont plutôt chaleureux et tout invite à boire une bière ! Dans la rue, nous croisons régulièrement des hommes en tenue traditionnelle, les femmes portent, quant à elles, des tenues plus contemporaines.

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Maison traditionnelle bavaroise (peinture et fleurs au balcon)

Garmish est le lieu de RDV qui sonne déjà la fin du voyage, à deux en touts cas.
A midi, Véronique et Clément, la soeur et le beau-frère de Denis, en vacances dans la région nous rejoignent.DSCN0114.JPG

Alors que les parents Rousseau rentrent dans le Haut-Doubs dans l’après-midi, le soir, nous accueillons avec plaisir un volée de cyclo-touristes vosgiens. Alexis, Karim et François (papa Colin), arrivent en train avec leurs vélos pour finir le voyage avec nous !DSCN0115.JPG

6 août : Garmish-Partenkirschen – Fussen, 62 km, 614 m D+

Nous quittons Véronique et Clément, partis à l’assaut des montagnes ! Le confort de leur trafic aménagé nous apparait comme un luxe ! On en a bien profité !DSCN0127.JPG

Cette fois, nous roulons à 5 ! Alors que François et Karim ont choisi l’option sacoche, Alexis reste fidèle à sa remorque. Seulement trois kilomètres après notre départ, à la sortie de Garmisch, le câble de dérailleur de Denis lâche, la tête fait un peu de résistance dans la manette mais 1h après, Denis est de nouveau en selle ! On aurait presque eu le temps de boire une bière !20180806_101736

La joyeuse bande continue donc son aventure, de l’Allemagne, à l’Autriche pour rejoindre un petit lac (encore) à midi. Nouvelle pause déjeuner-baignade qui fait du bien sous cette chaleur caniculaire !DSCN0147.JPG

Nous passons toute notre journée de vélo en Autriche avant de rejoindre de nouveau l’Allemagne et le château de Neuschwanstein (Belle au Bois Dormant). Notre arrivée tranquille par la piste cyclable contraste avec la horde de touristes et les parkings bondés. DSCN0162.JPG

Nous fuyons le tourisme de masse pour fêter la fin de la 1ere étape à 5 avec une pression (ou deux on ne sait plus) en terrasse !

A quelques kilomètres de la ville, une petite cabane au bord d’un lac nous attend pour le bivouac, idéal pour manger des weisswurtz (saucisses blanches) au feu de bois juste avant l’averse.DSCN0163.JPG

7 août : Fussen (D) – Doren (A), 82 km, 965 m D+

Le chemin longeant le lac n’était pas vraiment un bonne pioche à vélo. Il nous aura fallu pousser le vélo pendant environ 500 m sur un chemin piéton accidenté de roches … On avait pourtant prévenu les copains, voyager avec les Colin n’est pas de tout repos !DSCN0174.JPG

Heureusement, une fois la Colinade terminée, nous retrouvons les agréables pistes cyclables de Bavière. Tout nous semble tout de suite plus facile ! Le parcours est valloné, le paysage est plus vert et plus rural aussi !20180807_122631

En fin de matinée, nous fêtons les 13 000 km ! Dernier millier de kilomètres ! Cette fois, il ne devrait pas y en avoir d’autres … La Mirabelle passe toujours aussi bien, surtout avec 4 vosgiens en présence !

La pause midi et la baignade au lac nous vaut une expérience unique, encore jamais vécu pendant le voyage : se baigner nu. Sans le savoir, nous avons atterri dans un coin naturiste. Voyager, c’est aussi vivre à la mode locale !

(désolés, pas de photo disponible)

En fin d’étape, nous repassons en Autriche pour dormir. Après une étape assez longue, la dernière bosse nous donne soif ! Tandis que les premiers sont déjà installés en terrasse au village pour se réhydrater, Karim recharge de l’eau chez une vieille dame qui nous propose de dormir dans son jardin ! Les autrichiens peuvent donc aussi être accueillants !DSCN0184

8 août : Doren (A) – Güttingen (CH), 77 km, 410 m D+

En plus d’un carré d’herbe du jardin, la fille de la propriétaire nous propose ce matin, tomates, poires et … framboise ou abricotine ! A 9h00, commencer sa journée au schnaps est un peu dur mais personne ne refuse (bizarrement).DSCN0182.JPG

Cela nous donne un petit coup de fouet pour la descente jusqu’au lac de Constance. Karim profite d’être encore en Autriche pour faire réparer son téléphone, tombé la veille. Pendant la réparation, nous décidons d’aller tous ensemble boire une bière en bord de lac (il fait très chaud).

Alors que les Colin installent le pique-nique sur la plage, Karim et Alexis retournent chercher le téléphone, en ville. Ils reviennent, 2h plus tard, après 20 km parcourus … les gaillards se sont perdus dans la ville qu’on pourrait appeler une « Kalexinade ».

Nous repartons donc du pique-nique assez tard mais tous ensemble ! La frontière, située 10 km plus loin nous ramène à la fin du voyage ! Après avoir traversé tant de pays, nous voici de nouveau en Suisse ! Alors, nous profitons d’être sur notre vélo, tranquillement, le long du lac.20180808_174829

Les rives suisses du lac sont plutôt urbanisées et il nous semble difficile de trouver un bivouac mais les prix exorbitants des campings nous effraient ! Finalement, nous finirons l’étape dans le pré d’une guinguette de village.20180809_095723.jpg

9 août : Güttingen – Schaffhausen, 71 km, 434 m D+

Petite étape tranquille sur la piste cyclable du lac de Constance. On ne compte plus le nombre de vélos électriques ! On a du louper un épisode ou alors on a 10 ans de retard mais ici, rares sont les vrais cyclistes (sans batterie) ! 20180809_114652.jpgNotre moteur à nous c’est la bière et comme il fait chaud, tout est prétexte à s’arrêter faire une pause.20180809_130320.jpg

Après Constance, seule ville allemande sur cette rive, le lac se rétrécit progressivement, laissant place au Rhin. Nous changeons de rive… Entre l’Allemagne et la Suisse, on ne sait  plus très bien dans quel pays on pédale !

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village le long du Rhin

Demain, c’est jour de repos, alors nous atterrissons au camping de Schaffouse (Schaffhausen), en Suisse. Alexis nous quitte pour rejoindre Belfort en train le temps de 24h et comme un fait exprès, le ciel, triste de son départ a fait pleuvoir les nuages une bonne partie de la nuit.

10 août : Jour de repos à Schaffhausen

Jour de repos classique. Le soleil est revenu. Nous en avons profiter pour buller, lire, écrire et laver du linge.20180810_195426

En soirée, Denis a sorti le ukulélé, ce qui n’a pas manqué de nous faire remarquer. La soirée commencée à 4, a finit à 7 en compagnie d’une chanteuse, d’un guitariste et d’un spectateur. Tous, simplement heureux d’être là et de profiter d’un moment de convivialité ensemble.20180810_215651

A 22h, nous décollons pour aller chercher l’ami Alexis à la gare. C’est un week-end festif à Schaffhouse et les petites rues piétonnes du centre-ville sont animées. Nous buvons naturellement la bière des retrouvailles et Papa Colin n’est pas le dernier à trinquer !20180810_230449

11 août : Schaffhausen (CH) – Schulsee (D), 63 km, 1263 m D+

Après Schaffhouse by night, nous retournons au centre-ville de jour. Le vieux centre piétonnier est vraiment sympa. Les petites rues étroites invitent à flâner mais le centre-ville est surtout célèbre pour son architecture et ses oriels, sorte de balcon-serre. Rassurez-vous, on ne savait pas que ça s’appelait comme ça avant …20180811_100438.jpg

Schaffhouse est aussi célèbre pour les chutes du Rhin, très impressionnantes !20180811_105637.jpg

Nous quittons la ville et la Suisse en fin de matinée pour rejoindre la Forêt Noire, en Allemagne. Les dénivelés ne sont plus du tout les mêmes qu’autour du lac !

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Derniers coteaux suisse avant la frontière allemande

Progressivement, le paysage change. Nous nous enfonçons dans les forêts de sapins vallonnées. La chaleur étouffante nous pousse à boire une bière et ici tout est fait pour cela. Même les jardins des auberges se transforment en « Biergarten » et ce n’est pas pour déplaire à Alexis toujours à l’affut des « typisch biergarten ».

 

 

20180812_084335En fin de journée, la baignade dans le lac de Schulsee fait du bien. Nous retrouvons Véronique et Clément pour un pique-nique et bivouac en bord de lac. Les grosses chaleurs caniculaires semblent derrière nous. Dès la tombée du soleil, c’est pantalon, pull et chaussettes !20180811_202807

12 août : Schulsee (D) – Muttenz (CH), 80 km, 912 m D+

L’accueil en forêt noire n’est pas toujours aux goûts des locaux. Pour avoir stationné avec leur traffic aménagé sur leur parking, les gérants du club de kayak demandent 15 € à Véro et Clément. Ca sort d’où ? On n’en sait rien … mais pour être tranquille, on paie quand même ! Les Allemands ne sont pas tous des rigolos ! Ca tombe bien puisqu’aujourd’hui nous retournons en Suisse. Cette fois, il est temps de commencer à rentrer en direction des montagnes du Jura.L6WjlZIfSxGM4Ik2bHSHQA

Le début de l’étape se fait encore en Forêt Noire, paradis des cyclistes et des motards ! Les routes sont vallonnées mais les cols ne sont jamais bien longs. Pas plus de 4 ou 5 km par col ! Nous apprécions la fraicheur des sapins car en journée, ça cogne sérieusement !20180812_123849

En début d’après-midi, nous retrouvons le Rhin que nous longerons jusqu’à la banlieue de Bâle. Nous retrouvons l’Eurovéloroute 6 et sa horde de cyclistes. En route, nous croisons 2 français de St-Claude. Cette fois, nous nous rapprochons sérieusement de Pontarlier. Il faut arrêter de dire que nous habitons dans le Doubs, département malheureusement méconnu du grand public !

L’arrivée dans un joli petit village sonne comme un appel à la terrasse. Nous avons chaud et soif. La première bière (de 50 cl) est bu comme une limonade, il nous faut donc en commander une 2e pour apprécier le malt et le houblon ! Cela suffit a nous rendre bien joyeux pour finir l’étape, dans un champ fauché en haut du village. En faisant son petit tour, François, à l’oeil agricole aiguisé, en profite pour ramasser les pommes de terre laissées dans le champ. Bivouac gratuit et repas assuré !20180812_200933.jpg

Fin de la Suisse … du 10 au 13 septembre

Nous finissons notre récit en Suisse dans les Grisons et commençons à parcourir l’Italie. Encore 3 jours de montagne.

Les Alpes n’ont pas de frontière …

Etape 9 : Carrera – Pigna; 41 km, 720 D+

La pluie ne nous a pas lâché … mais nous devons décoller du camping aujourd’hui !

La journée commence mal : la montre GPS de Denis laissée en charge pendant la nuit a été volée ! Ca fait ch… mais c’est du matériel ! Nous nous en passerons quelques jours …N’empêche, une certaine image de la Suisse en prend un coup..Ce matin, l’humeur est morose. Saisis par l’humidité ambiante et un camping quasi-désert, nous mettons du temps à nous mettre en route. Il annonce une éclaircie en début d’après-midi… nous partirons finalement, à 14h30 (c’est dimanche !).

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Le Rhin

Le début de l’étape le long du Rhin est agréable, sans difficulté. La pluie refait son apparition par intermittence, ce qui nous laisse le temps de nous arrêter faire 2-3 photos. A l’occasion d’un petit besoin, Denis trouve un parapluie de circonstance qu’il offrira à notre hôte plus tard. Thusis, nous avançons tranquillement (c’est dimanche !) mais les choses sérieuses commencent après … de la montée, rien que de la montée jusqu’à Pignia. A mi-montée, nous rencontrons un groupe de Hollandais. Ils sont partis de Bâle, en Suisse et rejoignent Florence en Italie sur 3 semaines. Nous discutons avec eux tout en montant; ce qui rend la montée bien plus facile …

En chemin, nous croisons un embouteillage de plus de 5 km (accident sur l’autoroute qui descend à Thusis) ! Quel bonheur de faire ce voyage en vélo ! Merci patron …

A Pigna, nous arrivons chez David, un « cyclo-globbeur » qui a aussi fait la route de la Soie depuis Bern. C’est un plaisir d’échanger avec lui, d’autant qu’il parle français !!!
Il fera partie des personnes qui marqueront le voyage avec sa soupe trop épicée …

Etape 10 : Pigna – Piuro (Italie), 52 km, 910 D+

Départ de Pigna à 9h, nous sommes super motivés pour le Slügenpass, seule difficulté de la journée …

Au bout de 5 km, passé le 1er village, nous sommes arrêtés par un éboulement de pierres. Impossible de passer, les ouvriers travaillent dessus et s’apprêtent à dynamiter ce qui n’est pas encore tombé. La seule route accessible reste l’autoroute ou le chemin de rando. Nous optons pour le chemin de randonnée qui s’avèrera être une vraie galère (porter des vélos de 40 à 50 km dans des pierriers …). Retour à la case départ, 2h de perdue dans l’histoire … Que faire ? L’autoroute à vélo ? Claire n’est pas trop chaude. C’est en passant devant un arrêt de bus du Car postal que l’idée nous est venue : Car postal jusqu’à Slügen ! A force de le voir passer partout, cela donne forcément des idées ! C’est à l’occasion notre première dépense en transport de la Colinade.

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Dans la montée du Slügenpass

A Slügen, nous apercevons la neige ! 10 septembre, 1ère neige à 2 000 m, tout est normal ! Le panorama n’en est que plus beau. Le contraste est saisissant : nous montons le col en t-shirt, par 15°C, entourés de champs enneigés ! C’est vraiment magnifique ! Montée au col sans grande difficultés, la pente est pourtant raide : 700 m de dénivelé en 9 km, mais nous commençons à avoir l’habitude des grands cols alpins.

Au sommet, nous passons en Italie, 1ère fois du voyage … 1700m de dénivelé à descendre dans un enchainement de virages, tunnels et galeries jusqu’à Chiavenna.

L’ambiance des rues de cette cité lombarde est portée par les clichés de la Dolce Vita : petites rues étroites et pavées, bars avec terrasses et « Gelateria ». En vrais touristes, nous prenons le temps de manger une glace et de boire une bière.

Nous dormons au camping de Piuro, près des cascades d’Acquafraggia après un excellent risotto maison.

Etape 11 : Piuro – St Moritz; 55 km, 1860 D+

Nous repartons de Piuro et nous quittons l’Italie par un itinéraire cyclable escarpé mais fort agréable. Sans voiture, la route, bordée de majestueux châtaigniers est un petit coin de paradis. A voir les feuilles mortes tombées à terre, l’automne a déjà pointé le bout de son nez … Espérons que l’été indien joue les prolongations !

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Passage de frontière entre l’Italie et la Suisse

Après 10 km, nous retournons en Suisse direction St Moritz. Changement de décor complet. Le petit coin de paradis laisse place à un spectacle de désolation … début septembre, soit il y a une semaine environ, des éboulements rocheux ont entrainé une série de coulées de boues dans la vallée de Bregaglia. Heureusement, la route, déviée, a été ré-ouverte… Il y’a des pelleteuse partout! Le passage par le village de Stampa nous laisse toutefois un sentiment de solitude étrange : comme si le temps s’était arrêté. Nous poursuivons notre route dans la vallée ; satané faux plat montant … Le vent de face ne nous lâche pas. Il est 13h, les magasins de village sont fermés entre midi et 2 mais notre estomac crie famine !!! C’est l’occasion de se faire un restau. Décor plutôt chic dans une ancienne ferme grisonne, à nous ravioli et gnocchi!

Cette pause nous a donné du baume au coeur, le vent s’est calmé, nous reprenons l’ascension du Maloja pass avec plus d’entrain. Les 2 derniers km piquent quand même, plus de 10% en moyenne … même pas de quoi se faire plaisir au sommet car nous arrivons sur le plateau d’Engadin (pas de descente !).

Grosse averse entre Maloja et Silvaplana …de quoi admirer un superbe arc-en-ciel

Il fait soleil à St Moritz ! Cela nous permet d’improviser un « palavouac » (mixte entre bivouac et palace) autour d’un petit lac. Au programme ce soir, petite fondue au feu de bois, bananes au chocolat arrosé de vin blanc croate ! Bivouac grand luxe pour notre dernière nuit en Suisse, à 1 850 m, nuit glaciale à l’extérieur, -2°C, au compteur, mais au chaud sous nos duvets !!

Etape 12 : St Moritz – Livigno (Italie), 45 km, 960 D+

Ce matin, nous trainons un peu à partir … pourtant l’étape annoncée est longue et difficile.

Première halte à la Poste : il faut bien donner quelques nouvelles aux grands-parents …

Nous montons ensuite le Bernina Pass, 700 m de dénivelé sur 14 km. Petite colinade de Claire, qui prend l’itinéraire VTT à la sortie de Pontresina pendant que Denis achète des patins de frein.

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Le majestueux glacier du Bernina; un des rares encore si grand !

Au sommet, Denis redescend croyant que Claire était devant … et Claire attend Denis, croyant qu’il est derrière ! Heureusement, des motards venant du col de Livigno la préviennent que Denis l’attend en contrebas du col !

Après quelques km de descente, nous remontons le col de Livigno, 400 m de dénivelé sur seulement 4 km… ça pique ! Les jambes sont dures et la faim se fait sentir !

Passo de Livigno ! Forza Italia ! Nous quittons définitivement la Suisse (jusqu’à l’année prochaine) pour entrer en Italie. La descente sur Livigno est trop rapide ! Même pas le temps d’apprécier: nous sommes déjà au village !

Halte au supermarché pour assouvir les faims de loup !

Nous nous pausons pour le pique-nique : il est déjà 15h30 … le doute s’installe pour la fin de l’étape. Il nous reste 35 km donc 12 km de montée via 2 cols à plus de 2000 m… On tente ? On tente pas

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En Italie, le choix pour le café est plutôt difficile …

Après discussions et consultation de la météo, nous décidons d’arrêter l’étape à Livigno. Il fait un froid de canard et un vent à décorner les boeufs !!! Nous nous installons dans un café pour prendre le temps de nous réchauffer. Un excellent cappuccino nous redonne le sourire !

Avec le col du Stelvio en perspective vendredi, nous nous offrons le luxe d’un hôtel … un peu de douceur dans ce monde de brute !

 

 

Comme pour la première semaine, voici un petit résumé en images :

1ère semaine en Suisse

Comme il y a eu un article sur le départ, nous commençons le récit à J2. Bonne lecture et dites nous si c’est trop long …

Etape 2 : Yverdon-Bulle; 73 km, 1300 D+

Le soleil est revenu. Un temps idéal pour pédaler.
C’est l’heure aussi des derniers au revoir aux Colins et à Cyrille. DSCN2892

Les parents Colin nous suivent encore une journée. Les parents Rousseau sont repartis dormir à l’aube.

Après une sortie d’Yverdon rendue difficile à cause du triathlon d’Yverdon, nous arpentons les routes vallonnées du Gros de Vaud.

Arrivés à Thierrens, 1ere colinade de Denis, suivi d’un mauvais guidage GPS de Claire. Résultats des courses : nous nous retrouvons sur la 2×2 voies de Moudon en direction de Lucens, RDV de la pause casse-croûte avec maman Colin.
Alors que le village n’est pas grand, nous mettons environ 30 minutes à nous retrouver.

L’après-midi, les routes sont toujours aussi vallonnées mais le panorama change. A partir de Romont, nous commençons d’apercevoir les Alpes. En redescendant sur Bulle, le Moleson pointe le bout de son nez.

Le soir, nous sommes accueillis en Warmshowers chez Gallianne et Antoine. Accueil royal avec un bon petit minestrone et une tarte aux groseilles maison. Merci.DSCN2922

On fera l’impasse sur les mésaventures de Maman Colin qui s’est trompé, malgré elle, sur le lieu de RDV … Encore une heure de perdue à tourner en rond ! Après un bon repas chez nos hôtes, les parents Colin dorment à l’hôtel. Une nuit de camping à 70 ans, ça va … faut pas abuser des bonnes choses !

Etape 3 : Bulle-Thun; 86 km, 1200 D+

Petit-dej et selfie avec nos hôtes. On file à l’hôtel dire au revoir aux parents Colin.

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Enfin seuls ! C’est pas qu’on aime pas les gens mais on aime aussi se retrouver tout seuls en amoureux.
Le début d’étape au bord du lac de Gruyère est sympa. Les paysages aussi. Au bout d’une quinzaine de kilomètres, nous quittons l’axe principal pour des petites routes de montagnes. Petites montées dans les villages à 17% ! De quoi se mettent en jambes pour les grands cols alpins.

Nous pique-niquons à Oberschrot, à la frontière entre le canton de Fribourg et Bern. Ca commence sérieusement à aller suisse allemand !

Après-midi aussi très vallonnées avec de petites routes à 10%; après mangé, ça tue !

La redescende sur Thoune (Thun) se fait attendre. Nous ne faisons que monter-descendre …

A Thun, une bière de fin d’étape s’impose. C’est aussi l’occasion de regarder précisément l’adresse de nos hôtes de ce soir : Nathalie et Sébastien.
Un couple quinqua, originaire du Val de Travers, passionnés d’Asie. Leur dernière fille voyage seule à vélo à travers l’Europe. Elle est actuellement en Norvège.

A l’arrivée des étapes, nous sommes assez fatigués. Nous ne mettons généralement pas longtemps avant de nous endormir. Contre-coup des préparatifs ou réelle fatigue physique ?

Etape 4 : Thun – Grindelwald; 48 km, 700 D+

Après un petit tour de la vieille ville très appréciable, nous longeons le lac de Thun pour rejoindre Interlaken. Depuis les rives du lac, la vue sur les montagnes est sublime.
Nous nous arrêtons visiter les grottes de St Beatus, c’est impressionnant. Arrivés sur Interlaken vers 11h30, nous nous arrêtons à la « Coopé » comme disent les Suisses pour les courses du midi et du soir. Nous prolongeons de quelques kilomètres pour faire une pause nature, dans la montée de Grindelwald. « On a de la chance avec le temps ! » Il fait un soleil radieux.

Nous poursuivons l’ascension vers Grindelwald par l’itinéraire cycliste qui évite l’axe principal. C’est très bucolique mais pas de tout repos …DSCN3041

Vers 16h, nous arrivons à Grindelwald. Le panorama est spectaculaire. Nous avons une vue imprenable sur l’Eiger et sur le massif alpin qui nous entoure.

Nous nous endormons bercés par les cloches des Vaches en regardant les Etoiles.

Etape 5 : Grindelwald- Guttannen; 46 km, 1500 D+

Après une petite averse, nous nous levons tranquillement …
Denis fait du feu ou plutôt essaie de faire du feu mais ça ne fonctionne pas (y’a un problème dans le carbu !?). Du coup, petit déj’ à Grindelwald !
Nous sommes surpris par le nombre d’étrangers présents : anglais, asiatiques et arabes surtout. Nous croisons pas mal de femmes voilées, c’est surprenant. Grindelwald, c’est un peu le Chamonix suisse. Ils ont aussi un petit train qui monte jusqu’à la Jungfrau, mais à 145 CHF la montée, on préfère montée la grosse Scheidegg à vélo.

10 km de montée, 1 000 m de dénivelé, voila le programme de ce matin !

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La route est très agréable car interdite aux voitures, seul le car postal y circule. Il y a des portions très difficile mais cela passe plutôt bien. Après 2 bonnes heures de montées, nous arrivons au sommet. Il fait un vent à décorner les boeufs !!! Nous nous réchauffons au restaurant avec une bière et une soupe !

La descente est tout aussi agréable et bucolique que la montée mais ça va beaucoup plus vite ! 17 km en 30 minutes !!!

Nous finissons l’étape en remontant 400 m de dénivelé en direction du Grimselpass.
Nous passerons la nuit chez Barbara en couchsurfing. Barbara a aussi voyagé en vélo il y a 6 ans. Elle a quasiment traverser les mêmes pays que nous. Nous avons beaucoup discuté sur le voyage. En grande montagnarde, nous lui avons proposé de venir nous rejoindre en Iran pour le ski de rando… why not ?

Etape 6 : Guttannen – Andermatt; 56 km, 1900 D+

L’une des étapes les plus dures mais aussi une des plus belles …
Petites courses au village et photo avec Barbara

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Nous montons tranquillement pendant quand même presque 20 km jusqu’au Grimselpass. Le brouillard monte avec nous ce qui nous permet de découvrir les lacs. Au sommet du Grimsel, nous n’aurons malheureusement pas une vue 100% dégagée mais le panorama reste Beautiful.

La descente sur Glestch est impressionnante. Les routes en balcons ne nous laissent pas vraiment le droit à l’erreur, d’autant que le vent souffle fort mais en y allant piano piano, ça passe.

A Gletsch, nous recherchons le soleil pour nous réchauffer. La pause casse-croute est la bienvenue pour faire un bain de soleil. Nous partageons notre table avec un couple de retraités Bernois bien sympathique. Avant de remonter le Furkapass, on se paie même le luxe de boire un cappuccino au Grand Hotel du Glacier du Rhône.

A mi-journée, il nous reste encore un col de 10 km et 600 m de dénivelé. Le temps est magnifique. La vue est dégagée. Les jambes sont un peu plus dure que ce matin mais nous montons avec le sourire. Le chant des marmottes rythme notre montée. Petite pause au Belvédère et vue sur le glacier du Furka (enfin ce qu’il en reste). C’est la source du Rhône.

Après le Belvédère, le col n’est plus qu’à 1 km. Ici, les marmottes sont tellement habituées à voir des touristes qu’elles viennent même demander à manger et montent sur leurs genoux !

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Au col du Furkapass, à 2 400 m, la vue est magnifique. Nous sommes heureux car nous savons que les difficultés de l’étape sont terminées. Il ne reste plus qu’à descendre jusqu’à Andermatt.
Nous rencontrons un Israélien en moto avec qui nous discutons. Les cols alpins sont très appréciés des cyclistes, peu nombreux à cette époque, et des motards, surtout des motards allemands ! Dans la descente, un groupe d’espagnols de Pampelone pédalent à nos côtés, ils se font un trip minibus/vélo dans les Alpes.

La descente sur Andermatt est grandiose. Le vent s’est calmé. Nous apprécions à 100% !!!

Le camping d’Andermatt se trouve à l’entrée du village. Nous nous installons tranquillement au milieu des Mammut (non Andermatt n’est pas une ville préhistorique, pour sa défense elle organise un week-end sportif avec un équipementier de montagne).
Problème de réchaud… nous finissons par manger chaud à 21h, il fait déjà nuit ! Merci Denis !

Etape 7 : Andermatt – Carrera; 79 km, 970 D+

Andermatt : 1 400 md’altitude. Vendredi 8 septembre : première gelée. On est pas plus gâtés que dans le Haut-Doubs !
Ce matin, nous prenons le temps de vivre, il fait beau. Nous partons sans les sacoches voir les cascades d’Andermatt et le Pont … célèbre pour ces batailles militaires. Nous y retrouvons même des soldats en plein entrainement.

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A 11h, nous finissons par décoller d’Andermatt direction l’Oberalppass. Nous avons 600 m de dénivelé à faire en 10 km. Facile ! Nous montons sans soucis mais les jambes commencent à être dures, il va falloir faire une pause prochainement. Belle petite montée avec vue sur la vallée d’Andermatt …
Dans la montée, nous sommes doublés par le Vespa Club de Luzern que nous retrouverons au sommet, qui est également la source du Rhin (ils auraient pu faire un canal entre les deux cols !)

Arrivée à 2 000 m en 1h30, il ne nous reste plus que 50 km de descente jusqu’à Ilanz, de quoi profiter !!!

Nous nous arrêtons quand même à Sedrun pour nous ravitailler. Première chute de Claire à l’arrêt, sans gravité agrémentée d’une piqûre de guêpe. Pause pique-nique à proximité de l’école et au son mélodieux de la musique suisse allemande (100% kitch). Wunderbar !!!

Nous redescendons jusqu’à Ilanz. Ce soir pas de couchage chez l’habitant. Il nous faudra remonter 300 m de dénivelé sur 9 km jusqu’à Carrera pour trouver un camping.

Etape 8 : Repos des Guerriers

Nous sommes fatigués et il annonce de la pluie aujourd’hui (50 mm 24h…). Il est temps de faire une pause …

Nous avons fait une petite compilation de photos et de vidéos, ça prend quand même 10 mn mais ça résume assez bien notre première semaine. A bientôt