Tadjikistan (fin) … du 14 au 25 mai

Suite et fin des aventures cyclo-touristes au Pamir

14 mai : Khorog-Sist, 45 km, 690 m D+

Nous repartons de Khorog en fin de matinée sous un temps maussade qui ne tarde pas à se transformer en pluie battante et le vent de face n’arrange pas vraiment les choses … bienvenue en montagne ! Quand il pleut à 2000 m d’altitude, la température chute violemment alors les jambes se couvrent et nous faisons moins les malins ! Une maison en construction nous sert d’abri pour une pause déjeuner au sec, le temps de laisser passer l’averse.DSCN7345

Après maintes hésitations, nous avons choisi l’itinéraire sud, le plus sauvage mais le plus long aussi. Nous longeons toujours la rivière Panj, face à l’Afghanistan à quelques centaines de mètres. Le paysage est globalement le même que les jours précédents mais les villages sont plus nombreux. Nous ne comptons plus le nombre de « Hello what’s your name ? » des villageois, petits et grands !

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La journée se termine, après à peine 45 km, mais qui sont bien suffisants pour Denis encore faible. Le pré des vaches et des chèvres nous sert de terrain de bivouac. Claire se fait embaucher par la fermière et hérite d’une chèvre … entre copines, elles se comprennent !
Le ciel dégagé nous offre une vue magnifique sur les étoiles, de quoi faire de beaux rêves!

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15 mai : Sist-Dashti, 73 km, 890 m D+

Nous nous levons avec 2 supporters. Les enfants des fermiers de la maison d’à côté sont venus nous observer. La tente intrigue. Les « hello » fusent depuis 5h30 du matin. Les Tadjiks sont matinaux. Dès l’aube, nous entendons bergers et bétails s’agiter dans les pâturages; ce qui ne nous empêche pas de rester au chaud dans nos duvets jusqu’à 7h.

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Nos 2 supporters

La journée se passe sans encombre sur une route parfois goudronnée mais la piste reste en bon état ce qui nous permet d’avancer à bon rythme. A 16h, nous arrivons dans la petite ville d’Ishkoshim, qui fait frontière avec l’Afghanistan. Denis semble avoir retrouvé la forme pour boire une bière … mais l’alcool en altitude fait des ravages ! Après 50 cl de breuvage, les idées semblent légèrement floues et il tombe en sortant du café !DSCN7369.JPG

A l’abri du vent, nous plantons finalement la tente, juste avant la pluie, 10 km plus loin, dans le jardin d’un local qui nous voyait chercher un coin. L’hospitalité tadjike est toujours bienveillante mais jamais étouffante (cela contraste avec l’Iran).

16 mai : Dashti-Zumudg, 61 km, 930 D+

Journée de rencontres sur les petites routes, enfin, petites pistes du Pamir. La route goudronnée devient un souvenir et nous savons cette fois que le bitume ne réapparaitra pas de si tôt. Après seulement quelques kilomètres, nous croisons une française rencontrée à Khorog. Elle doit rejoindre Langar en taxi mais la fiabilité des taxis locaux nous font souvent préférer notre bicyclette. Le pneu avant du sien a éclaté, ils attendent un dépanneur … Peu de temps après, nous nous arrêtons pour visiter une ancienne forteresse aujourd’hui gardée par des militaires qui contrôlent la frontière. Le point de vue sur l’Afghanistan est superbe !

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Vue sur l’Afghanistan

Peu à peu, la vallée s’élargit rendant le paysage encore plus majestueux.

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A midi, une clairière au bord d’un cours d’eau nous offre de quoi faire un brin de toilette. L’eau chaude est un luxe que nous ne connaissons pas mais après avoir pédalé dans les chemins poussiéreux, peu importe la température !DSCN7422

De manière générale, l’eau n’est pas vraiment un problème au Tadjikistan. Les rivières et les lacs d’altitude sont nombreux, approvisionnant tout le pays ainsi que les voisins d’Asie centrale. En revanche, l’hygiène n’est pas vraiment dans la culture. Les toilettes consistent en une vieille cabane au fond du jardin et les salles de bain dans les maisons sont inexistantes. L’éducation en matière d’hygiène corporelle reste encore à faire.

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Le soir venu, nous posons la tente sur une belle pelouse verte, avec la bénédiction du paysan qui y met ses bêtes en pâture. L’endroit ne pourrait être mieux !

 

 

 

17 mai : Zumudg-Langar, 47 km, 475 D+

Comme à chaque fois que nous nous arrêtons sur une aire de repos des troupeaux, le réveil est matinal. 5h du matin cette fois … Bien que le chant mélodieux fasse un bon réveil, c’est quand même un peu tôt pour nous.

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Les montagnes enneigées dominent la vallée du Panj. Le paysage est somptueux mais la route commence vraiment à être pourrie. La piste caillouteuse ressemble à de la tôle ondulée et donne à la route des airs de « tape-cul », quand elle n’est pas ensevelie sous le sable ! Le rythme ralentit. Nous roulons à seulement 10 km/h comme de vrais cyclo-touristes !

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Par moment, la piste est complètement ensevelie sous le sable

Avec l’altitude, la température baisse et le vent ne nous laisse pas vraiment de répit. La pause déjeuner se fait désormais en mode express : on s’arrête, on sort les sacs, on mange et on repart. Il fait trop moche pour la sieste !

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En fin de journée, nous arrivons à Langar, dernier village avant 150 km de no man’s land. Nous nous arrêtons dans une maison d’hôtes. Nous sommes heureux de poser les corps et les vélos.

18 mai : Jour de repos à Langar

Sans doute avons-nous été piqués par la mouche Tsé-Tsé. Nous passons une bonne partie de la journée à dormir et notre tête ne semble jamais avoir été aussi lourde ! Pourtant, nous ne sommes qu’à 2800 m d’altitude, qu’en sera-t-il à 4000 m ?

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Langar

Nous prenons tout de même notre courage à deux mains pour sortir de notre tanière. Une petite balade dans l’après-midi nous amène à découvrir des « petroglyphs », peintures sur les rochers plus ou moins anciennes.

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Petroglyphs

A la maison d’hôtes, nous avons le plaisir de rencontrer Isabelle et Richard, deux suisses du Valais partis à l’assaut des montagnes Tadjikes accompagnés d’un âne bien chargé et d’une guide. Il ne verront surement pas grand chose, la météo du jour est plutôt couverte.

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Richard et le petit âne bien chargé

19 mai : Langar- Povorot, 40 km, 1050 m D+

Nous quittons Langar certainement par le chemin le plus dur de notre parcours. 12 km de piste caillouteuse avec environ 10% de moyenne. Si la pente n’est pas très raide, l’ascension est rendue difficile par la mauvaise route, nous forçant à mettre pied à terre et à pousser le vélo sur quelques portions. Notre moyenne de vitesse chute littéralement à 5-6 km/h. C’est vous dire si on avance pas !

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Pour couronner le tout, au moment de la pause déjeuner, à peine avons-nous sorti le casse-croûte que la neige se met à tomber nous forçant à tout remballer…

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Heureusement, le paysage reste magnifique. Avec l’altitude, il devient de plus en plus sauvage. Nous ne croisons que bergers et troupeaux. Les villages sont des ruines qui abritent des cabanes de bergers. L’Afghanistan est toujours en face de nous mais depuis Langar, la rivière qui fait frontière est plus petite et s’appelle « Pamir » comme la montagne.DSCN7554.JPG

Dans l’après midi, nous arrivons sur un plateau. Le relief est plus plat. Nous avançons mieux et il devient plus facile de trouver un endroit plat pour le bivouac. Nuit à 3500 m, face aux brebis afghanes (sans voile) … un peu plus près des étoiles !DSCN7526

20 mai : Povorot-? (avant Alichur), 69 km, 1100 m D+

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Départ matinal (enfin 8h) pour une étape longue et difficile. Le matin, la route de plateau nous amène jusqu’au check-point de Karkugh, caserne militaire qui regroupe soldats tadjiks, afghans et chinois … c’est surréliste, ce baraquement au milieu de nulle part !DSCN7579.JPG

En route, nous sommes doublés par le couple valaisan, en route pour Alichur. Nous apercevons aussi une caravane de dromadaires côté afghans. Nous avançons à peine plus vite qu’eux …fullsizeoutput_1c5a.jpeg

Dans l’après-midi, l’objectif du jour se précise. Col à 4300 m ! C’est la première fois que nous montons aussi haut en vélo. Les jambes tiennent bien le coup mais l’altitude se fait sentir sur la respiration, surtout chez Claire. A partir de 4000 m, nous nous arrêtons tous les 50 m de dénivelé pour admirer le paysage et reprendre un peu notre souffle. Néanmoins, le col se monte sans grande difficulté. Le dénivelé est régulier. Les lacs de montagnes embellissent l’ascension, alimentant en eau les troupeaux. Hormis quelques moutons, il n’y a pas âme qui vive !

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Finalement, le col se situerait davantage à 4200 m qu’à 4300 selon le GPS de Denis !

La descente est glaciale mais encore une fois grandiose ! Nous remontons des couches et ouvrons grand les yeux ! 25 km de descente sur piste « tape-culs » avant de retrouver la route goudronnée !DSCN7639.JPG

21 mai : avant Alichur-après Alichur, 59 km, 505 m D+

Quel bonheur de rouler sur une route goudronnée ! Ça avance tout seul ! La Pamir Highway que nous empruntons est une route de plateau au milieu de l’immensité des montagnes ! Encore une fois, nous nous sentons tout petits dans ce paysage sauvage et majestueux. Ici ou là, quelques camions empruntent la route mais nous sommes loin d’être importunés par la circulation.DSCN7654.JPG

Après seulement 20 km, nous nous arrêtons dans le village d’Alichur pour prendre de l’eau et déjeuner au chaud. La maitresse de maison nous prépare des pommes de terres à l’huile, de vraies roestis façon tadjik, c’est un délice ! Nous en profitons pour discuter un peu en anglais avec elle.

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Alichur

Dans ce petit village de montagne, nous apprenons que l’hiver est permis les plus rudes au monde : -57°C l’hiver dernier. Mouthe et La Brévine font donc office de petits joueurs ! Pour autant, l’hiver est sec. Ils ne connaissent presque pas la neige.DSCN7703.JPG
Nous commençons à apercevoir des « yourtes » et des yacks. Ici, 70% des habitants sont kirkhizes. Héritage des découpages de frontières incohérents établis durant l’ère soviétique…

Lorsque nous reprenons la route, après presque 2 h de pause, au chaud, le vent nous glace les joues. Dur, dur … mais la route est plate. DSCN7689.JPGNous roulons encore 2h avant de planter la tente, en bord de route, à l’abri du vent. C’est l’occasion pour Denis, de gravir les montagnes à la recherche du coucher de soleil !DSCN7748.JPG

22 mai : après Alichur-Murghab, 70 km, 430 m D+

Petit col à 4100 m pour se mettre en jambe. DSCN7773.JPGComme deux jours auparavant, pas de difficulté particulière. Notre organisme s’est visiblement habitué à l’altitude car nous ne sommes même plus essoufflés. La seul contrainte du jour est le froid ressenti mais habillés comme des esquimaux, rien ne nous fait peur !

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doudoune, surpantalon et surchaussure

Le reste de l’étape n’est que descente. A midi, nous nous installons à l’abri du vent pour un pique-nique dans les ruines d’un casernement soviétique …
Au moment de repartir, nous faisons la connaissance de deux cyclos hollandais. Nous finissons l’étape avec eux et nous les retrouvons pour diner ensemble. Belle rencontre improvisée !

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Avec les hollandais, en arrivant sur Murghab

En arrivant sur Murghab, le paysage change encore. Grande steppe verte peuplée de moutons. Murghab est en fait un gros village, essentiellement khirkize. L’heure locale est calée sur l’heure de Bishkek, capitale Kirkhize.DSCN7789

23 mai : jour de repos à Murghab

Nous découvrons la ville de Murghab, visiblement ravitaillée par les corbeaux.

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Au premier plan, un cycliste kirkhiz avec son chapeau traditionnel (blanc haut de forme)

Le bazar consiste en un alignement de containers, les maisons se chauffent à la bouse de vache ou de yack, l’électricité est alimentée par un générateur qui tourne de de 19h à 23h … mais la salle de bain de la chambre d’hôte est un vrai luxe. « banyo » à la russe : eau chaude dans une citerne et louche … comme dans un hammam !DSCN7817.JPG

Nous retrouvons les hollandais pour déjeuner dans un café de la ville. Très bonne adresse ! Et en revenant à la maison d’hôte, quel plaisir de revoir le couple de Sion, rencontré quelques jours plus tôt à Langar ! DSCN7827Nous passons le reste de la journée à palabrer géopolitique de l’Asie centrale et d’ailleurs …

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Ibrahim, le patron de la guesthouse et sa petite fille

24 mai : Murghab-Terminal routier du Kulma pass, 72 km, 350 m D+

Nous reprenons la route en direction du Kulma pass. La route est goudronnée pendant une vingtaine de kilomètres avant de redevenir une piste. Peu après notre départ, Denis perd un gant en route … Comme au jeu de l’oie, il recule de 2 cases ou plutôt 2 km pour le retrouver !DSCN7833.JPG

Dans l’après-midi, nous quittons momentanément la piste pour aller chercher de l’eau dans la rivière. Nous passons dans un ancien camp d’entrainement militaire encore parsemé de barbelés et de verre. Cela nous vaut une crevaison de Denis … et une petite chute !DSCN7848.JPG

En fin de journée, nous retrouvons la route et nous arrêtons quelques kilomètres plus loin, dans le terminal routier du Kulma pass. Ambiance de camionneurs assurée ! Ça manœuvre une bonne partie de la nuit !DSCN7858

25 mai : Terminal routier-Khe ma Za (CHN), 47 km, 915 m D+

Derniers coups de pédales au Tadjikistan avant de passer en Chine. DSCN7867Nous commençons par un check-point militaire, 25 km avant le col, qui annonce le no man’s land entre les deux pays. Le paysage est désertique et sauvage mais les marmottes jaunes sont en nombre telles de fidèles supportrices !DSCN7699

Seulement deux camions nous doublent dans l’ascension qui se fait sans encombre. A 11h45, nous franchissons la frontière Tadjike, au Kulma pass à 4365 m ! Le plus haut col du voyage ! Un douanier nous annonce que nous sommes les premiers touristes de la saison à franchir le kulma dans ce sens ! DSCN7895
Côté chinois, nous savons déjà que ce ne sera pas la même … il est midi, la frontière est fermée pour la pause déjeuner. Nous en profitons pour pique-niquer aussi.

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Frontière chinoise

A l’ouverture de la frontière chinoise, nous sommes pris en charge rapidement, contrôle des bagages, Scan du smartphone, scanner corporel … on a évité de justesse le toucher rectal ! Mais les choses se compliquent à la descente, impossible de descendre la bande frontière à vélo. Les douaniers nous font charger les vélos dans un camion et descendre dans un autre. Nous ferons donc les 14 km de descente véhiculés ! En bas, il faut attendre le deuxième camion et passer à l’immigration pour faire tamponner nos passeports. Les douaniers ne parlent pas anglais et nous pas chinois… Ils ne comprennent pas que Claire ait deux noms de famille (nom de jeune fille et nom d’épouse). Nous ressortons finalement du service d’immigration 1h après … 2h de passage de douane au total !

Il est déjà 16h lorsque nous reprenons nos vélos et nous avions prévu de camper autour d’un lac, 30 km plus loin.

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Vue sur les sommets à plus de 7000 m !

Après un deuxième col à 4100 m d’altitude, nous commençons à redescendre à l’abri des glaciers chinois qui culminent à plus de 7500 m mais il est déjà 17h30 passé, nous décidons naïvement de planter la tente dans la steppe chinois, au bord de route, à l’abri de maisons (tombes?).

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1er bivouac chinois

A peine 1h plus tard, 2 militaires chinois débarquent, nous ne pouvons pas rester là … mais nous sommes trop fatigués pour déménager à cette heure-ci. Un policier anglophone vient à notre rencontre quelques temps après. Il est 20h, nous sommes en train de manger. Il tient les mêmes propos, photographie nos passeports mais nous faisons la tortue. Le bivouac est interdit en Chine mais il n’y a pas d’hôtel dans le secteur.

Nous nous endormons finalement sans savoir si nous allons être délogés dans la nuit ! Bienvenue en Chine !

Tadjikistan (2e partie) … du 8 au 13 mai

Nous continuons notre route dans le Pamir, aux pieds des montagnes Tadjikes et Afghanes.

8 mai : Qalai’Kumb-Toghmay, 50 km, 700 m D+

C’est la fête dans la ville ! 8 mai, les Tadjiks fêtent « les vacances » ! Difficile d’en savoir plus exactement mais le spectacle sur la place centrale vaut le détour. Nous apprécions plus particulièrement le solo d’un militaire se trémoussant sur une musique entrainante ! Pour nous aussi, c’est la fête, nous avons désormais 10 000 km au compteur ! Pour l’occasion, fini le coca ou le lait, Denis a rechargé la topette de vodka !

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Militaires et civils sur la place centrale

Nous roulons désormais sur une piste parfois goudronnée mais jamais sur plus de 500 m d’affilée … l’allure est plus lente et le dénivelé plutôt casse-pâte en montagne tadjike (ex russe). C’est fatiguant !DSCN7203.JPG

Lors de la pause de midi, à l’ombre d’un arbre, nous faisons la rencontre de Jean-Louis, un motard sexagénaire parti de Guérande. Nous échangeons sur la vie de nomades à deux roues !DSCN7211.JPG

En repartant, c’est la crise … à cause d’une malheureuse bâche mal rangée ! Prétexte d’une véritable dispute de couple probablement entendue jusqu’à … Pontarlier ! On a même pas senti les secousses d’un supposé tremblement de terre, à peine 100 km plus loin.

La vie de couple en voyage n’est pas de tout repos. Nous qui étions très indépendants avant le voyage. Nous nous supportons désormais 24h/24, 7j/7 depuis 9 mois … alors forcément, les défauts de l’autres nous apparaissent plus fréquemment, les manies deviennent insupportables … et comme nous n’avons qu’une tente pour deux … difficile de faire chambre à part !DSCN7240.JPG

Malgré un bivouac superbe, la soupe à la grimace s’est invitée au repas du soir. La tension semble avoir bien du mal à se dissiper !

9 mai : Toghmay-Amurn, 60 km, 945 m D+

La route est tout aussi éprouvante que la veille. Du chemin, et seulement quelques tronçons goudronnés. Il va falloir s’y habituer, les belles routes goudronnées ne sont plus d’actualités pour un moment ! A chaque fois qu’un camion nous double, nous avalons la poussière … hummm ! Mais le paysage le long de la rivière, au bord de l’Afghanistan est toujours aussi splendide ! Nous nous sentons tout petits devant ces montagnes immenses ! Jour après jour, nous montons en altitude, progressivement … à la façon montagnes russes !DSCN7260.JPG

Les commerces dans les villages se font de plus en plus pauvres en provisions. Ici, les fruits et les légumes sont un luxe … qu’on ne trouve que dans les grandes villes ! Et le pain est une denrée rare. Chaque famille fait son pain. En fait, les villageois vivent de peu de choses et ils produisent tout eux même. Ils ont leur jardin qu’ils cultivent en famille, leur verger … et leur four à pain ! Nous le savions déjà un peu mais nous le constatons tous les jours de nos propres yeux. Dans le Pamir, mieux vaut donc être prévoyant si tu veux manger autre chose que du riz à tous les repas !DSCN7264.JPG

Le soir, nous posons la tente, au bord de la rivière, à seulement quelques mètres de l’Afghanistan, dans une sorte de terrain aménagé pour les touristes, près d’un restaurant. La douche se fait dans la rivière, encore bien fraîche pour la saison ! Les habitants, très hospitaliers, nous amènent le thé en guise de bienvenue.

10 mai : Amurn-Rushon, 70 km, 955 m D+

Ce matin, c’est le défilé de 4×4 en tout genre. Nous en croisons plus d’une trentaine à la file. Manifestations touristiques ? Convoi officiel ? Bonne question … En tout cas, tous sont pressés. C’est à peine s’ils ralentissent lorsqu’ils nous croisent ! Le Pamir devrait être interdit aux 4×4 de débiles ! Même les routiers sont plus prévenants !

Nous continuons notre ascension progressive le long de la rivière. Les villages se font rares et la seule bourgade d’importance que nous trouvons se trouve en hauteur, en dehors de la route … bonjour les petites côtes à 20% rien que pour acheter un bout de fromage et … une bière fraiche ! Le magasin, bien caché nous est indiqué par un petit garçon tout heureux de se rendre utile !

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A la sortie du village, un verger ombragé nous tend les bras ! Cette pause sera aussi l’occasion de discuter avec un groupe de jeunes filles. Elles parcourent chaque jour, 5 km aller et retour pour aller à l’école ! Nos petits écoliers français sont quand même bien chanceux !DSCN7277.JPG

En fin d’après-midi, la vallée s’ouvre un peu, laissant place à de grands champs maraichers le long de la rivière. Tout le monde est dans les champs. A cette saison, ça plante … et à la main. Les terrains de football bordent de nouveau la route et chaque passage devant petits et grands nous vaut son envolée de « Hello ! ».

Nous espérons planter la tente dans un champ, à l’abri des regards mais sommes repérés, puis invités par une famille. C’est l’occasion de dormir chez l’habitant. Claire joue les infirmières avec un petit garçon atteint d’eczéma mais comment expliquer qu’il est important de se laver les mains ? L’hygiène ne semble pas la priorité dans ces familles paysannes. Denis s’occupe de l’animation musicale. L’harmonica fait son effet et passe même dans les bouches de tout le monde (petits et grands) pour le plus grand plaisir des bactéries !!! Echange de bouillon de culture garanti !

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Nuit chez l’habitant

11 mai : Rushon-Khorog, 71 km, 640 m D+

Les Tadjiks sont des lève-tôt, à 5h30 avec le lever du soleil alors lorsque nous émergeons à 7h, les enfants sont déjà partis à l’école et les adultes s’affairent dans les champs. Le petit-déjeuner traditionnel consiste en un thé accompagné d’un porridge de riz au lait qui tient bien au ventre.

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Départ de chez la famille

Le temps magnifique du jour éclaire la rivière d’un bleu azur. L’asphalte de la route parait même en bon état … nous avançons de nouveau à bonne allure ce qui nous permet de faire une pause de quasiment 3 h à midi ! Et oui, on ne se refuse rien …

DSCN7306.JPGEn arrivant à Khorog, la rive se rapproche à tel point que nous pouvons communiquer avec les afghans. Nous échangeons des « hello » cordiaux lorsque nous ne nous faisons pas caillasser par les gamins un peu trop véhéments !

Les intestins de Denis recommencent à danser la samba après seulement 3 jours de répit. Il est temps de retrouver un endroit confortable pour se reposer ! Quant à Claire, les cafés cramoisis des petits vieux semblent l’avoir immunisée à tout jamais …

12 & 13 mai : jours de repos à Khorog

Denis a eu bien besoin de 2 jours de repos pour se remettre d’un ventre douloureux et retrouver un peu d’énergie.
Nous en avons profité pour échanger avec d’autres cyclos venus de Chine et nous changeons un peu nos plans. Nous n’irons finalement pas au Kirghizistan. La frontière entre le Tadjikistan et la Chine est désormais ouverte aux touristes. Nous empruntons donc une partie d’un autre autre route mythique, la Karakorum Highway, entre le Kuma  pass et Kachgar, en Chine.


Tajikistan (2nd part) … from 8 to 13 May
We continue our journey in the Pamir, at the foot of the Tajik and Afghan mountains.

May 8th: Qalai’Kumb-Toghmay, 50 km, 700 m D +

It’s a party in the city! May 8, Tajiks celebrate « holidays »! Difficult to know exactly but the show on the central square is worth the detour. We particularly appreciate the solo of a soldier jiggling on a catchy music! For us too, it’s party, we now have 10,000 km on the clock! For the occasion, finished the coke or the milk, Denis reloaded the topette of vodka!

Military and civilians in the central square (picture legend)

We are now riding on a track sometimes tarred but never more than 500 m in a row … the pace is slower and the difference in altitude rather dough in mountain Tajik (former Russian). It’s tiring !

During the lunch break, in the shade of a tree, we meet Jean-Louis, a sexagenarian from Guérande. We exchange on the life of two-wheeled nomads!

On leaving, it’s the crisis … because of an unfortunate tarpaulin badly ranged! Pretext of a real dispute of couple probably heard until … Pontarlier! We did not even feel the jolts of a supposed earthquake, just 100 km away.

The life of a couple traveling is not easy. We who were very independent before the trip. We now support ourselves 24/7 for 9 months … so inevitably, the defects of others appear to us more often, the manias become unbearable … and as we have only one tent for two … difficult to do room apart!

Despite a superb camp, the mood is quite bad at the evening meal. The tension seems to have a hard time dissipating!

May 9: Toghmay-Amurn, 60 km, 945 m D +

The road is just as trying as the day before. From the road, and only a few paved sections. We’ll have to get used to it, the beautiful tarmac roads are not news for a moment! Every time a truck doubles, we swallow the dust … hummm! But the landscape along the river, on the edge of Afghanistan is still splendid! We feel very small in front of these huge mountains! Day after day, we climb in altitude, gradually … to the roller coaster way!

Shops in the villages are becoming increasingly poor in provisions. Here, fruits and vegetables are a luxury … only found in big cities! And bread is a rare commodity. Every family makes their bread. In fact, the villagers live on little and they produce everything themselves. They have their garden which they cultivate with family, their orchard … and their bread oven! We already knew it a little but we see it every day with our own eyes. In the Pamir, it is better to plan if you want to eat something other than rice at every meal!

In the evening, we pitch the tent, at the edge of the river, just a few meters from Afghanistan, in a kind of land prepared for tourists, near a restaurant. The shower is in the river, still cool for the season! The inhabitants, very hospitable, bring us tea as a welcome.

May 10: Amurn-Rushon, 70 km, 955 m D +

This morning is the parade of 4 × 4 of all kinds. We meet more than thirty in a row. Tourist events? Official convoy? Good question … Anyway, all are in a hurry. They hardly slow down when they cross us! The Pamir should be forbidden to 4 × 4 of morons! Even the truckers are more considerate!

We continue our gradual climb along the river. The villages are scarce and the only town of importance that we find is high, off the road … hello small ribs to 20% just to buy a piece of cheese and … a cold beer! The shop, well hidden is indicated to us by a little boy all happy to make himself useful!

At the exit of the village, a shaded orchard reaches us! This break will also be the opportunity to discuss with a group of young girls. They travel every day, 5 km back and forth to go to school! Our French schoolchildren are still very lucky!

At the end of the afternoon, the valley opens a little, giving way to large vegetable fields along the river. Everyone is in the fields. At this season, it crashes … and by hand. The football fields line the road again and each passage in front of young and old is worth its flight of « Hello! « .

We hope to pitch the tent in a field, hidden from view but are spotted, then invited by a family. It’s an opportunity to sleep at home. Claire plays the nurses with a little boy with eczema but how do you explain the importance of washing your hands? Hygiene does not seem the priority in these peasant families. Denis is in charge of the musical animation. The harmonica makes its effect and even passes in the mouths of everyone (young and old) to the delight of bacteria! Breeding ground exchange guaranteed!

Homestay (picture legend)

May 11: Rushon-Khorog, 71 km, 640 m D +

Tajiks are early risers, at 5:30 with the sunrise so when we emerge at 7am, the children are already gone to school and adults are busy in the fields. The traditional breakfast consists of a tea accompanied by a porridge of rice pudding that holds well to the belly.

Departure from the family (picture legend)

The beautiful weather of the day illuminates the azure river. The asphalt of the road seems even in good condition … we are moving again at a good pace which allows us to take a break from almost 3 pm to noon! And yes, we do not refuse anything to ourselves …

Arriving in Khorog, the shore gets so close that we can communicate with the Afghans. We exchange cordial « hello » when we do not get stoned by the kids a little too vehement!

Denis’s intestines start dancing samba again after only 3 days of rest. It’s time to find a comfortable place to rest! As for Claire, the crimson coffees of the little old people seem to have immunized her forever …

May 12 & 13: rest days in Khorog

Denis needed 2 days of rest to recover from a painful belly and regain some energy.
We took the opportunity to exchange with other cyclists from China and we change our plans a bit. We will not go to Kyrgyzstan. The border between Tajikistan and China is now open to tourists. We then take a part of another mythical road, the Karakorum Highway, between Kuma pass and Kashgar, China.

Tadjikistan (1ere partie) … du 28 avril au 7 mai

Bienvenue au Tadjikistan, pays des montagnes du Pamir. Nous commençons à grimper tout doucement …

28 avril : Sujina-Ayni, 93 km, 1534 m D+

Nous prenons la route le long de la rivière. La plaine laisse progressivement place à une vallée plus ou moins encaissée transformant la route en de véritables montagnes russes. Ca ne grimpe jamais bien longtemps mais le pourcentage des pentes avoisines régulièrement les 10%. Il va falloir s’y faire, nous attaquons la montagne !DSCN6683.JPG

Pour la pause déjeuner, à la recherche désespéré d’un coin d’ombre où les arbres semblent avoir déserté, nous finissons dans un restaurant de village au frais, autour d’un « plov » (plat national de riz, mouton et carotte) et d’une bière … que le restaurateur à du aller acheter au commerçant d’à côté ! Ici, à table, les gens boivent du thé. Si l’alcool est légal, en pratique, nous n’en trouvons pas facilement dans les villages. Le mythe de la mousse bien fraiche en terrasse à la pause restera un doux rêve ici au Tadjikistan !

DSCN6687.JPGLorsque nous repartons du restaurant, à peine 1 km après, Claire casse sa chaine … Petite réparation sur place. Le professeur d’anglais du village nous rejoint et nous taille la bavette autour d’un jus de fruit maison.

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La montagne se rapproche, toujours … nous continuons notre après midi tranquillement, sans incident avant de bivouaquer au pied du col. Panorama de rêve sous un ciel étoilé ! Les bivouacs Tadjiks sont grand luxe !fullsizeoutput_1bf3.jpeg

 

 

29 avril : Ayni-Dushanbe, 137 km, 1700 m D+

Pas de prologue pour cette étape de montagne ! Ça monte directement et longtemps … 50 km de montée ! Pour être francs, les 35 premiers km étaient faciles … Seulement 300 m de dénivelé ! Nous montons progressivement tantôt ralentis par les troupeaux de moutons, tantôt par les camions en panne le long de la route, toujours le long de la rivière. Le paysage est encaissé en forme de canyon.DSCN6703.JPG

Les 15 derniers kilomètres d’ascension ont été en revanche beaucoup plus douloureux pour les mollets ! On n’avait pas connu ça depuis les Alpes, faut dire … si ça date ! Des portions à 10, 15%, des raidillons … Le tout à slalomer sur une route à moitié pourrie entre nids de poules et camions ! Sacré entrainement pour le Pamir !DSCN6723

 

Lorsque nous arrivons au sommet, l’incertitude nous attend … tunnel d’Arzob, surnommé le tunnel de la Mort ! 5 km de tunnel quasi non-ventilé … de quoi noircir les poumons comme un gros fumeur ! Munis de nos lampes, de nos blousons et de nos foulards autour de la bouche en guise de masque, nous avançons tranquillement dans les entrailles de l’enfer … pour en ressortir 20 minutes plus tard, effectivement noirs de suie mais heureux d’être en vie et de respirer à l’air libre. La récompense est au bout du tunnel ! A la sortie, à 2600 m, le panorama sur les montagnes enneigées est superbe !

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S’en suivent 77 km de descente pour arriver à Dushanbe. La route est un billard ! Ce n’est que du bonheur !

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Vendeurs de rhubarbe sauvage le long de la route dans la descente

30 avril & 1er mai : jours de repos à Dushanbe

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Deux jours de repos dans la capitale tadjike, à profiter de rencontres avec d’autres cyclo-voyageurs de toute nationalité : anglaise, australienne, japonaise et bien-sûr française ! Nous retrouvons Fleur et Aurélien avec leur tandem de choc, rencontrés à Erzurum; et Anne et Thomas, rencontrés en Slovénie ! Bon moment d’échanges et d’astuces pour la haute route du Pamir !

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2 mai : Dushanbe-Nurak, 57 km, 785 m D+

Nous quittons Dushanbe avec Fleur et Aurélien. Partis de France en septembre, ils voyagent en tandem … difficile de passer inaperçus !

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Départ de l’hostile avec Fleur et Aurélien (en jaune) et Anne et Thomas, qui reste au repos une journée de plus

Le trajet se fait sur l’axe principal. Le macadam est en bon état, ce qui nous permet d’avancer à une bonne allure.

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Un tunnel bien ventilé à mi-montée nous fait gagner 500 m de dénivelé ! Les paysages sont toujours aussi grandioses. Les collines vertes bordent les routes comme dans les guides touristiques de l’Asie centrale … Pour musique d’ambiance, on a le bruit des cours d’eau et le mugissements de vaches.DSCN6836.JPG

Nous plantons la tente juste avant l’averse mais pas de quoi décourager quatre français mordus de jeux de carte ! Pour un coup, Claire gagne et Denis perd …

3 mai : Nurak-Djarteppa, 69 km, 820 m D+

Nouvelle journée à 4 sur les routes bucoliques du Tadjikistan. La matinée est consacrée à l’ascension d’un petit col mais là encore, un tunnel au sommet ! A la sortie, la vue sur le réservoir d’eau est sublime ! Vallée verte presque tropicale …DSCN6854.JPG

Le reste de l’étape se fait sur un faux-plat descendant. Nous pique-niquons à l’abri d’un murier platane … et nos vêtements s’en souviennent !

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Ce soir on s’offre un bivouac de luxe, caché par les collines, dans le calme d’un vallon tadjik !

4 mai : Djarteppa-Kulob, 62 km, 445 m D+

6h, nous sommes réveillés par un troupeau de chèvres, vaches et autres moutons ! C’est un bonheur (très) matinal que nous apprécions. C’est plus agréable que les Klaxons !DSCN6917.JPG

Sous nos roues, l’immensité des paysages tadjik se dévoilent à mesure que nous prenons de la hauteur … Splendide !DSCN6937.JPG

Nous descendons ensuite sur Kulob, grande ville où un lit et une douche nous attendent … Dernière soirée en compagnie de Fleur et Aurélien autour d’un sandwich et d’une glace. Les bons restaurants ne courent pas les rues, il va falloir s’y habituer. Quant à la bière, n’en parlons pas …

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Pêcheur aperçu lors du pique-nique

5 mai : Kulob-Kirmanjo, 88 km, 1855 m D+

Petite colinade de Claire qui, de bon matin, se rend compte au bout de 5 km, que nous ne sommes pas sur la bonne route mais … un Colin retrouve toujours son chemin !

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vue dans l’ascension

La bonne route, c’est l’ascension du col … et quelle ascension ! 35 km de montée où les 5 derniers km sont toujours les plus durs et la route de plus en plus dégradée. Encore du 10-12%, nous montons lentement mais surement et le soleil nous fait transpirer comme des boeufs ! Heureusement, le paysage reste magnifique ! C’est bon pour le moral des troupes ! On revoit pour la dernière fois le tandem avant d’aborder la descente.

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au col (1900 M)

La fameuse rivière du Panj et l’Afghanistan se dévoilent sous nos yeux. C’est tellement beau que nous nous arrêtons toutes les 5 minutes pour mitrailler le paysage de photos !

 

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En bas, la route est paisible, nous remontons déjà doucement à la recherche d’un bivouac. Il estersque 18h quand nous nous arrêtons dans une vallée encaissée, à l’abri des regards, avec vue sur la montagne afghane. C’est surréaliste !

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6 mai : Kirmanjo-Qalai’Kumb, 95 km, 1330 m D+

Nous continuons de rouler le long de la rivière qui ne nous lâchera pas avant un bon moment. Nous avons l’impression de vivre un rêve éveillé tellement c’est beau ! L’ambiance sur la route est aussi incroyable. Le trafic est vraiment calme … et de l’autre côté de la rivière, à peine 100 m de nous, l’Afghanistan !!! Ce pays si mystérieux et si fermé aux étrangers … De l’autre rive, nous voyons les villages, nous entendons les ânes hennir et même les habitants parler ! Mais impossible d’y aller ! Dommage … les spots de bivouac ont l’air beaucoup plus sympa de l’autre côté !

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La rivière Panj qui fait frontière entre la Tadjikistan et l’Afghanistan

Nous croisons de temps à autre une patrouille militaire sur la route. Une discussion avec l’un d’entre eux nous assure que le route est sans problème pour les touristes. Il nous recommande tout de même de planter la tente côté tadjik plutôt que côté afghan, c’est plus prudent !DSCN7133.JPG

95 km, de route de faux-plat montant tendance montagne russe avec un macadam de plus en plus capricieux … ou même plus du tout de macadam ! Claire a encore cassé sa chaine et cette fois, Denis a beaucoup moins ri car une averse pointait le bout de son nez ! Nous y avons échappé de justesse !

DSCN7165.JPGNuit dans une chambre d’hôte plutôt chère même après négociations (merci au tourisme de masse en 4×4) avec un standing tout tadjik (mur en préfabriqués digne du papier de soi). Mais bon, nous avons une douche, les toilettes et le WIFI … Ah le confort !

7 mai : jour de repos à Qalai’Kumb

Denis a été malade toute la nuit. Ses intestins n’ont probablement pas aimé l’eau de la rivière. Le jour de repos est bienvenu, d’autant que la pluie s’est invitée une bonne partie de la journée.


Tadjikistan (first part ) … April 28th to May 7th

Welcome to Tajikistan, country of the Pamir mountains. We start climbing slowly …

April 28: Sujina-Ayni, 93 km, 1534 m D +

We take the road along the river. The plain gradually gives way to a valley more or less boxed transforming the road into a real roller coaster. It never climbs very long but the percentage of slopes regularly adjoin the 10%. We will have to make it, we attack the mountain!

For the lunch break, looking desperately for a shady corner where the trees seem to have deserted, we end up in a cool village restaurant, around a « plov » (national dish of rice, mutton and carrot) and a beer … that the restaurateur had to go and buy from the shopkeeper next door! Here, at the table, people drink tea. If alcohol is legal, in practice we do not find it easily in the villages. The myth of the fresh froth on the terrace at the break will remain a sweet dream here in Tajikistan!

When we leave the restaurant, just 1 km later, Claire breaks her bike chain … Small repair on site. The village English teacher joins us and chats with us around a homemade fruit juice.

The mountain is getting closer, always … we continue our afternoon quietly, without incident before bivouacking at the foot of the pass. Dream panorama under a starry sky! Tajik bivouacs are great luxury!

April 29: Ayni-Dushanbe, 137 km, 1700 m D +

No prologue for this mountain stage! It rises directly and long … 50 km climb! To be honest, the first 35 km were easy … Only 300 m of altitude difference! We go up gradually, sometimes slowed by flocks of sheep, sometimes by trucks broken down along the road, always along the river. The landscape is boxed in the shape of a canyon.

The last 15 kilometers of climbing were however much more painful for the calves! We had not known that since the Alps, must say … if it is long ago ! Portions at 10, 15%, raidillons … All to slalom on a road half rotten between potholes and trucks! Quite a training for the Pamir !

When we reach the summit, uncertainty awaits us … Arzob tunnel, dubbed the tunnel of Death! 5 km tunnel almost non-ventilated … enough to blacken the lungs like a big smoker! Equipped with our lamps, our jackets and our scarves around the mouth as a mask, we move slowly into the bowels of hell … to come out 20 minutes later, actually black soot but happy to be in life and breathe in the open air. The reward is at the end of the tunnel! At the exit, at 2600 m, the panorama of the snow-covered mountains is superb!

77 km of descent to reach Dushanbe. The road is a billiard! It is happiness !

Sellers of wild rhubarb along the road in the descent (Picture legend)

April 30 & May 1: Days of rest in Dushanbe

Two days of rest in the capital Tajik, to enjoy meetings with other cyclo-travelers of any nationality: English, Australian, Japanese and of course French! We find Fleur and Aurélien with their tandem of shock, met at Erzurum; and Anne and Thomas, met in Slovenia! Good moment of exchanges and tips for the high road of Pamir!

May 2: Dushanbe-Nurak, 57 km, 785 m D +

We leave Dushanbe with Fleur and Aurélien. Left from France in September, they travel in tandem … difficult to go unnoticed!

Departure of the hostile with Fleur and Aurélien (in yellow) and Anne and Thomas, who stays at rest one more day (Picture legend)

The trip is on the main axis. The macadam is in good condition, which allows us to move at a good pace.

A well ventilated tunnel halfway up we gain 500 m altitude! The landscapes are always grandiose. The green hills line the roads as in the tourist guides of Central Asia … For background music, there is the sound of rivers and the roar of cows.

We pitch the tent just before the shower but not enough to discourage four French fans of card games! For once, Claire wins and Denis loses …

May 3: Nurak-Djarteppa, 69 km, 820 m D +

New day at 4 on the bucolic roads of Tajikistan. The morning is devoted to the ascent of a small pass but again, a tunnel at the top! At the exit, the view of the water tank is sublime! Green valley almost tropical …

The rest of the stage is on a downhill flat. We picnic at the shelter of a plane tree mulberry … and our clothes remember it!

Tonight we have a luxurious bivouac, hidden by the hills, in the calm of a Tajik valley!

May 4: Djarteppa-Kulob, 62 km, 445 m D +

6 am, we are awakened by a herd of goats, cows and other sheep! It is a (very) early happiness that we appreciate. It’s more pleasant than Klaxons!

Under our wheels, the immensity of the Tajik landscapes unfolds as we gain height … Splendid!

Then we go down to Kulob, a big city where a bed and a shower are waiting for us … Last evening in the company of Fleur and Aurélien around a sandwich and an ice cream. Good restaurants are hard to find, you’ll have to get used to it. As for beer, let’s not talk about it …

Fisherman seen during picnic (picture legend)

May 5: Kulob-Kirmanjo, 88 km, 1855 m D +

Small colinade of Claire who, early in the morning, realizes after 5 km, that we are not on the right road but … a Colin always finds his way!

The good road is the climb of the pass … and what an ascent! 35 km climb where the last 5 km are always the hardest and the road more and more degraded. Still 10-12%, we climb slowly but surely and the sun makes us sweat like oxen! Fortunately, the landscape is beautiful! It’s good for the morale ! We see for the last time the tandem before approaching the descent.

The famous Panj River and Afghanistan are unfolding before our eyes. It’s so beautiful that we stop every 5 minutes to strafe the landscape of photos!

Down, the road is peaceful, we go back already slowly in search of a bivouac. It is 18h when we stop in a valley, hidden from view, overlooking the Afghan mountain. It’s surreal!

May 6: Kirmanjo-Qalai’Kumb, 95 km, 1330 m D +

We continue to ride along the river that will not let go before a long time. We have the impression of living a daydream so beautiful! The atmosphere on the road is also amazing. The traffic is really calm … and on the other side of the river, barely 100 m from us, Afghanistan !!! This country so mysterious and so closed to foreigners … On the other side, we see the villages, we hear the donkeys neigh and even the inhabitants speak! But impossible to go! Too bad … the bivouac spots look a lot nicer on the other side!

The Panj River that borders Tajikistan and Afghanistan (picture legend)

From time to time we come across a military patrol on the road. A discussion with one of them assures us that the road is no problem for tourists. He still recommends us to pitch the tent on the Tajik side rather than on the Afghan side, it’s safer!

95 km, flat-bottomed road climbing the russian mountain with a macadam more and more capricious … or even no more macadam at all ! Claire broke her bike chain again and this time, Denis laughed a lot because a shower was pointing the tip of his nose! We narrowly escaped!

Overnight in a rather expensive bed and breakfast even after negotiations (thanks to mass tourism in 4 × 4) with a standing all Tajik (prefabricated wall worthy of the paper of oneself). But hey, we have a shower, toilets and WIFI … Oh comfort!

May 7th: day of rest at Qalai’Kumb

Denis was sick all night. His intestines probably did not like the water of the river. The day of rest is welcome, especially since the rain has been inviting a good part of the day.