Turquie (3e partie) entre Izmir et Antalya … du 1er au 16 janvier 2018 !

Bonne année à tous, nous sommes toujours en Turquie. Voici nos 15 premiers jours de janviers …

Izmir – Turgutlu : 62 km, 465m D+

Lorsque le réveil à sonner à 8h ce matin, les yeux étaient encore collés. La nuit fut courte mais cela n’entame pas notre motivation à reprendre la vélo.

1er janvier à bicyclette ! C’est une première !

Après 8 jours de pause à Izmir, nous sommes heureux de repartir sur les routes ! Bien que le décor du jour ne soit pas formidable : sortie d’Izmir par la zone industrielle d’une platitude mortelle, nous avançons gaiement ! Aujourd’hui, rien ne pourrait entamer notre entrain ! La fatigue ?! Peut-être un peu, nous n’avons dormi que 4h après tout …

La route est relativement plate, sur un grand axe que nous ne pouvons malheureusement pas éviter. Bref, rien de bien passionnant.

Nous arrivons à Turgutlu vers 16h où nous retrouvons Ahmet, notre hôte du soir et ses colocataires. Bonne rencontre dans le milieu étudiant de la robotique !

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avec Ahmet et ses colocs dans un bar de Turgutlu

Turgutlu – Alasehir : 81 km, 530 D+

Au moment de démarrer l’étape, crevaison lente de Denis … Bizarre, 4000 km sans problème et voilà que ça dégonfle deux fois de façon très rapprochées… C’est la seule manière que les vélos ont trouvé pour nous souhaiter bonne année !

Nous partons, tard, vers 11h, et le début d’étape ressemble à la veille, un peu monotone, sur un gros axe, dans une grande plaine …

Au bout de quelques kilomètres, les montagnes se dessinent en arrière-plan et la grande plaine donne naissance à des hectares de vignes ! Première fois qu’on en voit autant en Turquie.

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Vigne et mosquée, beau mélange !

Dans l’après-midi, nous longeons une petite route de campagne au milieu des ceps, c’est la période de la taille, tout le monde est au boulot !

Le soir, nous sommes encore hébergés. Cette fois, chez Osman et Merve, un couple de prof bien sympathiques, nous en profitons pour recevoir un cours de turc. Denis s’invite en cuisine pour participer à la confection d’un menu franco-turc : soupe locale suivie de rösti franc comtois et Pont Sec.

Repos à Alasehir

La journée de repos n’était pas prévue mais il pleut à grande eau ce matin et Osman nous propose de rester.
Ce repos est salutaire. Claire dort toute la matinée. Récupération du nouvel an ?

Dans l’après-midi, nous accompagnons Osman a son école. Il est prof d’anglais. Nous allons dans sa classe avec des élèves aussi intimidés par notre présence que curieux.
L’heure suivante, nous sommes invités cours de musique. Petit concert improvisé d’harmonica, de guitare et de saz (instrument traditionnel). Cette rencontre à l’école restera un des bons moments voyage.

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En classe

Alasehir – Pamukkale: 87 km, 875 D+

Cette fois, nous quittons Osman et sa femme pour Pamukkale, site classé à l’Unesco.

C’est la campagne turque, entre plaine et montagne. Nous croisons quelques rares villages en chemin mais l’ambiance est déserte. Le soleil est de la partie. Pour notre premier col de l’année, nous montons en t-shirt. Contraste étrange à y repenser … 4 janvier : pédaler en t-shirt ! A Pontarlier, ce serait plutôt ski de fond en col roulé !

Le midi est l’occasion d’une pause divertissante dans une restaurant de bord de route. Le chef est le sosie de Mario Bross et nous avons l’impression d’assister à une pièce de théâtre ! L’accueil est convivial ! C’est ce genre de personnage qui forge les souvenirs amusants du voyage !

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Le chef (Mario Bross) et les employés du restaurant

Le reste de l’étape reste rural et tranquille. Les montagnes en arrière plan veillent sur nous. On zigzague entre vignes, canal et mosquées. L’endroit se prête au calme et à la sérénité. Nous parcourons les derniers kilomètres sur des routes de campagne, pas toujours goudronnées, bordées de fermes et de petits villages. La roue arrière de Denis dégonfle à nouveau, « manque pas d’air celle là ! »

A l’approche de Pamukkale, nous apercevons déjà le « Château de coton ». Le contraste de ce village touristique est saisissant, rien à voir avec les villages paysans d’avant. A peine arrivés, nous sommes abordés par un hôtelier. C’est la saison creuse, il faut bien remplir les chambres, alors, bien sûr, nous bénéficions d’un prix d’ami !

Repos à Pamukkale

Nous profitons de notre journée à Pamukkale pour visiter la ville antique de Hiérapolis, faire un plongeons dans la piscine antique (eau thermale) et tremper les pieds dans les travestines (baignoire naturelle formée par le calcaire du ruissellement de l’eau).

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Travestines de Pamukkale

Journée grandiose pour les yeux, moins pour la gorge. Entre source d’eau chaude, courant d’air froid (Denis a la bonne idée de laisser une fenêtre ouverte avant de se coucher) et climatisation, notre gorge n’a pas trop aimé. Nous sommes malades.

Pamukkale – Serinhisar : 60 km, 1185 D+

Nous quittons Pamukkale par l’axe principal qui rejoint Denizli. La route est calme. A l’approche de la ville, nous bifurquons sur un axe secondaire. Pas de doute, cette fois, les montagnes sont au premier plan. Ca grimpe mais le paysage qui se dérobe sous nos yeux n’en est que plus beau. Pour ne rien gâcher, le soleil est encore de la partie.

A midi, nous nous arrêtons dans le café d’un village. Il fait tellement bon pour la saison que les anciens sortent les tables dehors pour jouer au « Rummikub ». Les cafés sont réservés aux hommes. Claire est toujours la seule femme. En Turquie, et comme dans bons nombre de pays musulmans, chacun à sa place. Les hommes se retrouvent dans le café du village et les femmes restent à la maison (où se retrouvent dans les maisons). Selon ses dire, Claire devient « transparente ». On ne lui parle pas, c’est comme si elle n’existait pas. Pour ceux et celle qui la connaissent, imaginez la frustration …

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1er col turc

En fin de journée, après un col sur la route principale, nous descendons sur une petite ville de moyenne montagne à 900 m d’altitude. Le soleil est caché derrière les montagnes. Nous enfilons gants et bonnet, c’est fois, ça caille ! Pas la peine d’aggraver notre cas, nous sommes déjà malades !

L’unique hôtel de la ville ressemble au château de la belle au bois Dormant. On se croirait à Disneyland mais l’accueil est convivial. En Turquie, le kitch existe aussi. Denis finit l’étape à plat…pour la 4ème fois. Cette fois inspection plus complète du pneu. Un petit fil de fer « serial creveur » est enfin démasqué par l’inspecteur « Colin’bo ».

Serinhisar – Cameli : 69 km, 900 D+

Nous démarrons l’étape avec -2°C et sous un brouillard digne de Montbéliard en novembre ! On n’y voit pas à 20 m et c’est limite dangereux.

fullsizeoutput_1484.jpegHeureusement, après 20 km, nous quittons la purée pour rejoindre une route de montagne. En prenant de l’altitude le soleil apparait.

Après un ravitaillement dans le café d’un village (en terrasse 15°C !), nous grimpons le col. 600 m de dénivelé sur une dizaine de kilomètres. Ce n’est pas énorme mais Claire est vraiment bien malade aujourd’hui … de quinte de toux en mouchage de nez, elle parvient finalement a monter. Au sommet, le soleil radieux et la neige en bord de route ne font que sublimer le paysage. C’est magnifique ! On ne se lasse pas des montagnes.

La descente sur Cameli est agréable. Elle n’est pas sans nous rappeler le plateau de l’Engadin en Suisse.

Cameli – Fethiye : 87 km, 1084 D+

Nouveau départ au dessous de zéro. Après un arrêt à la Poste pour renvoyer un colis d’objets oubliés par les têtes de linottes d’Izmir, nous continuons de pédaler le long du plateau. Ambiance montagnarde garantie, on a presque l’impression d’être dans le Haut-Doubs … le plateau est truffé de piscicultures ! La source de la Jougnena n’est peut-être pas loin ?!

fullsizeoutput_1490.jpegAvant de descendre sur la mer, nous grimpons un dernier col. Encore 600 m de dénivelé que nous coupons en 2, pause casse-croûte oblige …
Si les agents de la « DDE » turques ont pensé aux cyclistes en construisant les routes de col (5 km de montée, 1 km de plat), la descente du col n’est pas aussi réjouissante : 5 km de descente, 1 km de montée… La descente sur Fethiye se fait par pallier, impossible de descendre les 30 km d’une traite, il faut redonner quelques coups de pédales ! Nous profitons de la descente pour admirer la spectacle: montagne avec vue sur la mer !

Ce soir, nous sommes hébergés chez Ilker, un dentiste à la cool attitude !

Fethiye – Fethiye : 30 km, 950 D+

Coup de mou chez Denis ! Ce matin, on lit, on lave son linge, on recharge les batteries…

A midi, c’est repas à la cantine des dentistes … on a plutôt intérêt à se laver les dents !

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Plage d’Oludeniz

L’après-midi, sur les conseils d’ilker, nous parcourons la baie de Fethiye à vélo : la grande plage de sable fin contraste avec un ancien village fantôme à seulement 7 km … Après la seconde guerre mondiale, les Grecs ont fuit cette partie de la Turquie, abandonnant des villages entiers.

Le soir, nous sortons boire une bière en terrasse. Fethyie semble est une ville balnéaire plutôt chic, mais à cette saison, c’est top !

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Ilker, à gauche, notre hôte dentiste et son collègue Kamal (à droite)

Fethiye – Kalkan : 76 km, 1340 D+

Nous quittons Fethiye par une zone maraichère. Des serres à perte de vue jusqu’aux pieds des montagnes. Entre tomates et olives, nous grimpons à 400 m d’entrée, histoire d’admirer le point de vue : pas mal du tout ! Le paysage nous rappelle les Alpes de Haute-Provence. Sisteron ne doit plus être très loin !

Les petites routes de l’après-midi nous conduisent jusqu’à un canyon. Nous sommes les seuls touristes à cette saison, l’endroit est paisiblement désert ! Seules les moutons et les bergers nous tiennent compagnie sur la route !

À 15 km de l’arrivée, nous sommes encore à 300 m d’altitude, nous sommes censés redescendre, mais c’est sans compter le relief accidenté du bord de mer.
« Quand c’est fini, ça n’est jamais fini…» dirait Philippe Katerine. Nous ne pouvons même pas réellement profiter de la descente : portion à 27% … concentré sur la route (ou plutôt le béton), les doigts sur les freins pour ne pas tomber.

Nous arrivons chez Murat épuisés et … toujours « Balades ». Demain, c’est jour de « rebos » !

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Murat et Claire « balade »

Jour de repos à Kalkan

Chez Murat, c’est comme chez Alexis, lever à 11h, petit-déjeuner à 15h …
Atelier vélo, chaîne neuve pour celui de Denis.
Une petite ballade dans le village nous amène dans un café pour quelques parties de « Tavla » (backgammon) après lesquelles Claire déclare : « un jour je t’aurai ! ».

Bref, journée de repos.

Kalkan – Demre : 75 km, 1400 D+

Les 20 premiers kilomètres sont relativement plat mais ce seront hélas les seuls de la journée. Ils bordent le front de mer par une route de côte relativement calme, pas mal du tout !

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Kas

Après une pause à Kas, la digestion se fait dans un raidard à 28% et nous quittons le bord de mer pour monter à 600 m. Prendre de la hauteur ne fait jamais de mal (à part aux guiboles). Il permet d’admirer le paysage …

On commence à s’y habituer dans ce pays, la descente n’est jamais une grande descente mais une succession de petites descentes et de « coups de cul » … du casse-pattes ! Mais c’est sympa. Le paysage est vraiment beau et la petite route nous ferait presque oublier qu’il existe des voitures.

Ici aussi, c’est le paradis de la tomate, serres à perte de vue …

En redescendant sur Demre, que voici donc ? Encore deux bosses !! Oui mais ce sont celles d’un chameau ! Impressionnant ! Depuis quelques années, dans cette région de la Turquie, ceux-ci sont élevés comme animaux domestiques et pour des combats. Nous n’avons pas essayé de les caresser … bizarre ?!fullsizeoutput_14b4.jpeg

En arrivant, à Demre, nous sommes accueillis par Ahmet, qui se révèlera être un vrai guide touristique !

Demre – Finike : 31 km, 205 D+

Demre ou Myra est une ancienne cité antique, connue pour son St Patron, St Nicolas ! Nous profitons de l’invitation d’Ahmet pour visiter le théâtre de Myra et l’Eglise de St Nicolas ! Il ne nous a même pas donné de bonbons …

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Avec St Nicolas

A midi, nous prenons la route. 30 km sont au programme aujourd’hui … mais seulement une demi-heure après notre départ, le ciel s’est chargé : orage et trombes d’eau.
En arrivant à Finike, nous nous arrêtons dans le premier café doté d’un poêle à bois. Il faut faire sécher les habits et la bête ! La soupe chaude fait un bien fou !

Après 3h de pause déjeuner et 3 parties de Tavla (« Un jour je t’aurai » a dit quelqu’un dans la salle), il est 17h, soit le temps de trouver un hébergement pour le soir. Le serveur du café appelle une connaissance qui tient une pension. Nous sommes comme à la maison ! Royal !

Finike – Kemer : 72 km, 925 D+

Le programme du jour est simple : montée d’un col à 600 m. Nous quittons donc ponctuellement le bord de mer pour la montagne. L’itinéraire emprunte une nouvelle fois un axe principal large. Nous maudissons le programme de rénovation des routes qui transforment les routes de col en autoroutes à 2×2 voies. Cela casse le charme du lieu.

Au sommet, nous nous réconfortons avec un bon restaurant…Bon pour le palet, pas pour le porte-feuille…

Et c’est la descente sur Kemer, 40 km plus loin, cité balnéaire très prisée des russes. Sur le trajet, Denis fait une petite boulette … il croyait avoir perdu un gant, il a rebroussé chemin …mais son gant était dans sa capuche ! Bien joué !!!

Kemer – Antalya : 48 km, 370 D+

40 km nous sépare d’Antalya par une route plutôt plate en bord de mer. C’est vraiment chouette ! Et l’itinéraire cycliste nous évite les tunnels, sauf un !
Alors on serre les fesses très fort (au milieu des gaz d’échappements) et on ne traîne pas trop pour en sortir.

Petite pause de midi au soleil, sous 25°C (même à Pontarlier il fait rarement plus chaud l’été !), avant de rejoindre un hôtel du centre-ville d’Antalya.

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vieux port d’Antalya

Pour ce soir, nous avions fait une demande d’hébergement avec le réseau Warmshower mai s un autre couple de cyclistes français occupe déjà les lieux. On s’installe à l’hôtel et on profite pour aller leur rendre visite. Superbe rencontre ! Christian et Patricia voyagent depuis 4 ans à vélo !!! Eux-aussi ont des vélos Cattin !! Mais ils ont 20 ans, cela confirme notre bon choix …
Quatre mois, c’est la durée depuis notre départ, pour eux c’est le temps restant avant de rentrer en France, soit une paille. Beau moment d’échange. Nous nous retrouverons demain soir pour discuter davantage.

Jour de repos à Antalya

Le matin est consacré au repos : lecture et mise à jour du blog.
Dans l’après-midi, nous nous baladons dans le centre-ville d’Antalya : visite du port, porte d’Hadrien …

Claire profite d’une halte en ville pour un passage chez le coiffeur. Jeanne d’Arc est de retour !

Comme convenu, nous retrouvons Christian et Patricia. Encore une bonne soirée de passée accompagné d’un bon vin turc (si finalement ça existe) ! Nous nous rendons compte que nous vivons les mêmes aventures … et nous avons toujours autant de mal à quitter les voyageurs croisés sur notre chemin !

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Avec Christian et Patricia

 

Turquie (2e partie) … du 19 au 31 décembre

Nous finissons l’année à Izmir. Quelques jours de vélo entre Istanbul et Izmir avant de retrouver les colins.

Etape 90 : Istanbul – Orhanlar, 71 km, 940 m D+

La nuit fut courte. Lorsque le réveil a sonné à 5h00, les yeux avaient du mal à se décoller … Nous sommes partis sur la pointe des pieds. Mouthatar est resté bien au chaud dans son lit. On aurait aimé en faire autant … A cette heure matinale, les transports publics sont quasi-déserts mais aussi moins fréquents. Nous en faisons l’expérience. La longue attente du métro (27 minutes) nous a donné des sueurs froides : arriverons-nous à temps à Yenikapi pour le bateau de 7h ? Le triathlon dans le désordre est lancé : course à pied depuis la sortie du métro jusqu’à l’embarcadère. Nous arrivons à peine 10 minutes avant le départ. Il n’y a rien de trop.

Partie nautique : les 2 heures de bateau jusqu’à Bandirma nous permettent de prolonger un peu la nuit (c’est quand même plus sympa que de nager les 120 kms en mer de Marmara ) Le paysage devrait être beau avec le lever du soleil mais nous n’en avons rien vu.

Epreuve cycliste : à 9h, arrivée au port. Nous sommes accueillis par un crachin maritime et un vent glacial. On aurait peut-être mieux faire de rater le bateau ? Denis est tellement content de reprendre son vélo que rien ne pourrait l’arrêter ! Alors Claire doit suivre … le temps de faire la belle dans les rues d’Instanbul est terminé !

Nous empruntons l’axe principal sur une vingtaine de kilomètres et nous retrouvons ces grandes plaines vallonnées. A l’approche d’une petite ville, nous un nuage noir d’oiseaux migrateurs fait son apparition. Les pifs sont venus picorer du grain. C’est impressionnant ! Même les automobilistes doivent klaxonner pour les écarter.

A midi, nous nous arrêtons dans un petit restaurant pour nous réchauffer et découvrons avec joie la : « pide », mélange de baguette pour la forme et de pizza pour la pâte, garnie de viande et autres accompagnements aux choix.

Lorsque nous reprenons la route en début d’après-midi, le pantalon k-way devient incontournable … Nous montons un petit col sous une pluie battante et glaciale (0°C au sommet). De l’autre côté du col, un village nous tend les bras. Nous nous arrêtons boire un « çay » (thé), pour nous réchauffer. A l’intérieur, nous découvrons avec joie le poêle à bois fumant. Les clients nous invitent à nous mettre tout près. La discussion s’installe rapidement, avec les mains surtout, parce qu’ils parlent aussi bien anglais que nous, le turc … Les turcs sont vraiment très accueillants ! Alors qu’ils n’étaient que 3 ou 4 clients dans le café, nous sommes désormais une dizaine ! Un des habitués est même allé chercher un habitant parlant anglais !!!

Après 3 ou 4 çay, nous sommes invités à dormir chez l’habitant, un couple de fermiers. Ils ne parlent pas anglais mais le frère de la fermière vit en France, à Paris. Avec la magie d’internet, on a vite fait de téléphoner à l’autre bout du monde …

fullsizeoutput_13aa.jpegCette première immersion dans la vie locale est à la fois formidable et frustrante. Nous apprécions la spontanéité et l’hospitalité turque mais nous regrettons le manque de communication. Il faut vraiment qu’on s’y mette !

Etape 91: Orhanlar – Buyukyenice, 81 km, 1265 D+

Nous quittons Orhanlar vers 9h, après un bon petit déjeuner, qui nous a permis d’en apprendre le vocabulaire… Loin des grands axes, les petites routes turques nous plaisent le long des vallons et des villages.

Vers 11h, Denis fait une fringale, une pause s’impose … c’est encore pour nous l’occasion de s’immerger dans la culture locale. Nous nous arrêtons à la terrasse d’une petite ville de campagne. C’est jour de marché. Les allées et venues vont bon train. Pendant que les femmes font leurs emplettes, les hommes refont le monde autour d’un thé. Là, encore, l’hospitalité est au RDV… nous échangeons quelques mots avec nos voisins de tables, heureux de voir des touristes.

Le paysage valloné est certainement très beau sous le soleil mais le ciel est resté couvert toute la journée. Les routes sont accidentées, ça monte, ça descend… jamais de plat, de quoi parfaire l’entrainement !

fullsizeoutput_13b0.jpegLe soir, en arrivant, à Buyukyenice, nous savons qu’il n’y aura probablement pas d’hébergement mais on ne sait jamais. Nous demandons à des villageois qui attendent le bus, qui téléphonent à une jeune fille qui parle anglais, qui nous amène au café du village, qui …, qui … Comme la veille, après 4 ou 5 çay, le maire du village (dont le cousin habite en France) propose de nous héberger.

Avant cela, nous allons manger chez sa fille à la sortie du village. Nous sommes fatigués, il est 22h quand nous posons enfin nos valises mais arrivés chez le maire, les voisins débarquent et rebelotte, çay, discussion … et démonstration de feux d’artifice dans le salon ! Notre hôte sa femme et pas mal d’autres travaillent dans l’usine les fabriquant à la sortie du village

Pendant tout ce temps passé à l’intérieur, il neige à l’extérieur. Pourvu que ça ne tienne pas sur la route.

Etape 92 : Buyukyenice – Bergama, 63 km, 730 D+

Nous quittons difficilement Monsieur le maire et ses administrés, ils voulaient encore nous inviter à boire un thé …

fullsizeoutput_13b1Il est déjà 11h lorsque nous partons nous une neige fondue ! Les villageois nous regardent d’un air désolé ou d’incompréhension. C’est vrai qu’il faut être complètement débile pour rouler là-dessous. Nous parcourons la quasi-totalité de l’étape sous le brouillard. La pluie s’est arrêtée. Nous apprécions presque … et nous avançons vite !

A 13h30, nous arrivons à Bergama et nous nous réfugions dans un restaurant. Après 2h de pause repas et étude des possibilités, nous optons pour un bon hôtel à la sortie de la ville. Tant pis pour la visite du site antique, on se rattrapera à Ephèse.

Dans la chambre, la baignoire à remous nous fait vite oublier la première crevaison (lente et après 4500 k) du voyage, le froid et l’humidité de la journée.

Etape 93 : Bergama – Izmir, 97 km, 445 D+

Après un buffet de petit déjeuner digne d’un festin de roi, nous quittons Bergama assez tôt. La route est longue. 100 km à faire ! Bien que le dénivelé soit relativement plat, nous avons rarement fait autant en un jour. La nuit à l’hôtel a porté ses fruits, nous sommes pleins d’énergie et le vent nous pousse !

Sans alternative à la route principale, nous avançons sur la route nationale et les kilomètres défilent.

A midi, nous avons déjà parcouru 70 km. La route qui va sur Izmir est bordée de zones industrielles, rien de bien passionnant. En arrivant dans l’agglomération, nous optons pour le traversier qui nous mènera directement au centre-ville.

Dans le hall d’attente du ferry, nous rencontrons, Entre, un franco-turc vivant à Izmir depuis un mois. Il a quitté Lyon pour s’installer ici. Nous échangeons le long du trajet qui nous amène sur l’autre rive. A l’arrivée, une autre française, Anne, fille au pair à Izmir, nous entend parler français. Nous finissons tous les 4 autour d’un « türk kavheci ».

fullsizeoutput_13b6.jpegNous arrivons finalement à l’auberge de jeunesse à 17H. Nous qui pensions avoir du mal à finir dans les temps … Il nous reste 3 heures avant que la famille Colin nous rejoigne.

C’est au moment de sortir acheter des kebabs en ville que toute la famille arrive enfin…

Fêtes de fin d’années à Izmir :

Nous profitons d’une nouvelle semaine en famille mais cette fois avec la famille de Denis. Comme à Athènes, nous laissons les vélos le temps d’une semaine et profitons de la ville en touristes à deux jambes.
Au programme, visite des rues d’Izmir, entre port, bazar, caravansérail, quartiers populaires et quartiers huppés, excursion à la cité antique d’Ephèse, au village balnéaire de Foça (Phocée) et parties de backgammon à gogo.

Noël était une excuse pour un bon moment en famille. Dans une auberge de jeunesse, cette fête du partage dépasse le cadre familial et prend tout son sens. Les échanges se font avec des gens venant de tous les coins du monde : Argentine, Italie, Russie, Hong-Kong, Pays-Bas, Japon, Turquie, Pakistan, Biélorussie, etc.. Les parents Colin testent leur anglais et passent rapidement au langage des mains qui fonctionne plutôt bien.

fullsizeoutput_13c1.jpegEnsemble, nous avons expérimenté la compagnie quasi permanente des chiens errants seuls ou en meutes parfois sympathiques (mais pas que) mais aussi les transports urbains, et à 8, il y a forcément de l’inertie.
Père François, qui, d’ordinaire, n’est pas un adepte de la marche, a gravi par deux fois la colline d’Izmir … et Maman Colin a apprécié le gommage au hammam.
Quant a Clément, le beau-frère, il était tellement ému, après une morsure de chien sur les quais d’Izmir et après 3 ou 4 rakis, qu’il n’a pas résisté à une belle étreinte avec un serveur, sosie presque parfait de Léonard Cohen !

Bref, une vraie belle semaine, achevée en beauté par un réveillon du nouvel an dans un bar de nuit d’Alsancak, quartier branché d’Izmir, qui n’avait rien à envier au Springbox. Retour à l’auberge à 4h du matin sans perdre la clé de la porte cette fois (contrairement à l’avant veille).

Turquie (Istanbul) … du 7 au 19 décembre

Première partie d’une longue série en Turquie…

Etape 85 : Mytilene (GR) – Aksay (TR), 48 km, 290 D+

Ce matin, c’est le grand départ pour la Turquie, nous changeons de pays, nous changeons de continent. C’est le grand bain pour la Turquie ! Enfin …

Nous quittons le port de Mytilène à 9h pour rejoindre Ayvalik en Turquie, à seulement 45 minutes de bateau.

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Passage en douane

A l’arrivée, pas de réel changement d’ambiance. Les panneaux écrits en Turcs et les drapeaux sont là pour nous rappeler que nous avons changé de pays. Dès la sortie d’Ayvalik, nous nous retrouvons sur l’axe principal. Nous avons l’impression d’être sur l’autoroute mais le trafic est faitle et la bande d’arrêt d’urgence nous offre une piste cyclable XXL.

Le premier village traversé nous donne donne l’occasion de nous approvisionner en vivres et en monnaie locale. Cette fois le contraste avec la Grèce est saisissant. Nous comprenons que nous ne comprenons rien … la communication est un peu difficile. Les Turcs, jeunes compris, ne parlent pas anglais. Il va falloir qu’on s’y mette !

Dans l’après-midi, la pause café nous donne l’occasion d’apprendre les premiers rudiments de Turcs. La prononciation est difficile ! Il y a du boulot …

Il est déjà 17h lorsque nous arrivons à Aksay, station balnéaire en bord de mer Egée, nous avons avancé d’une heure en arrivant en Turquie, il fera nuit dans moins d’une heure, il est temps de trouver un hôtel. Là encore, le traducteur s’avère être un bon outil …

Etape 86 : Aksay – Ayvacik, 62 km, 745 D+

Nous retrouvons l’axe principal quitté la veille pour quelques kilomètres avant de retrouver la petite route de côte. Comme en Grèce, nous retrouvons les oliviers en bord de route et les chiens !

Alors qu’en France, la neige est encore tombée en quantité, nous pique-niquons, au soleil, en bord de mer ! Un délice de décembre que nous apprécions pleinement …

Mais, déjà, nous quittons la côte pour rejoindre Aycacik, 20 km plus au nord. Le ton est donné, ça monte… les pentes dépassent les 20% et le dérailleur de Claire craque ! Dès lors que nous quittons les axes touristiques du bord de mer, les maisons semblent plus pauvres et plus rurales. Nous croisons une vieille bergère tout voutée … mais pas les moutons !

En arrivant à Ayvacik, c’est jour de marché, il y a du monde dans le bourg ! Mais pas évident de trouver une pension ou un hôtel… Nous demandons notre route à une jeune femme qui nous indique une pension, en face de chez elle. Dans une premier temps, nous sommes invités à diner chez elle et son mari, un couple de jeune marié. Lorsque nous leur apprenons que nous sommes français, leurs yeux scintillent : ils rêvent de pouvoir aller à Paris ! Tous les clichés sur la capitale y passent !

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Elvan et son mari

Vers 21h, enfin, nous prenons congés de nos hôtes pour rejoindre notre lit dans la pension voisine.

Etape 87 : Repos des Guerriers

Aujourd’hui, a pluie est annoncée mais c’est un vent à décorner les boeufs qui s’est invité alors nous restons sous la couette pour lire, écrire et dormir !

Le soir, nous rencontrons un étudiant en tourisme parlant anglais, Emre. Lui aussi rêve de la France !

Etape 88 : Ayvacik – Troia (Troie), 59 km, 447 D+

Toute la pluie annoncée la veille est venue ce matin ! En déjeunant, nous regardons par la fenêtre et hésitons à partir quand un énorme coup de tonnerre éclate… Nous allons attendre une accalmie.

Dans la salle du petit déjeuner, nous sommes rejoint par Emre, et deux autres jeunes, une discussion autour d’un café s’improvise … et se transforme rapidement en concert de guitare, ukulélé, harmonica ! Un bon moment pour démarrer la journée !

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Nos compagnons du matin

Il est déjà 11h lorsque nous prenons la route ! Nous avançons rapidement sur la route principale peu fréquentée en ce dimanche matin. Le paysage de grande plaine est un peu monotone …

Vers 16h, nous arrivons à Troie, site archélogique bien connu, notamment pour la fameuse bataille de Troie. La visite est intéressante dans ce « trou du cul du monde » … mais, à part les fondements de l’ancienne cité, nous n’avons pas vu la belle Hélène.

Le soir, seuls dans l’hôtel, nous refaisons le monde avec le patron, amateur de raki … Troie à cette saison n’est pas vraiment prise d’assaut par les touristes !

Etape 89 : Troia – Istanbul, 33 km (+ 360 km), 324 D+

Nous quittons la « magnifique » ville de Troie pour rejoindre Cannakale, à 30 km au nord. Depuis notre entrée dans les terres, les paysages sont monotones et nous n’avons guère d’autres options que de longer l’axe principal. Heureusement, le relief est relativement plat et le soleil est avec nous (enfin, sans les grandes chaleurs …). Depuis le stand-by d’Athènes, nous avons du mal à retrouver notre rythme de croisière. Et, la motivation a baissé d’un cran (surtout chez Claire).

A Cannakale, pour le pique-nique, il est temps de faire un point de situation. Nous ne sommes pas trop emballés par les 300 km de nationale jusqu’à Bandirma, l’itinéraire prévu. Claire propose de prendre un bus jusqu’à Istanbul, compte-tenu du retard accumulé. Tandis que Denis propose de passer le détroit des Dardanelles, face à Canakkale pour emprunter un itinéraire secondaire.

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Sur le traversier

Nous optons pour la traversée du Détroit des Dardanelles. Sur le bateau, un bus allant à Istanbul s’arrête à notre niveau. Claire le regardait avec une telle envie, que le chauffeur, parlant allemand, lui propose de mettre son vélo dans la soute ! C’est un signe du destin qui ne se refuse pas !

360 km plus loin, nous débarquons en gare routière d’Istanbul, perdus au milieu de la mégalopole ! Nous devons rejoindre Avcilar, le quartier de Mouthatar, notre hôte, par les transports publics. Par chance, les stambouliotes ont aussi le sens de l’hospitalité … et un sympathique turc parlant anglais nous aide à rejoindre notre villégiature ! Prendre le métro et le métrobus avec des vélos chargés est une vraie épreuve sportive !

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Dans le métro avec les vélos

Il est 22h passé lorsque, nous rejoignons finalement Mouthatar, cousin d’Aws, chez qui nous allons passé la semaine ! Quelle journée !

 

Semaine à Istanbul :

Vu la circulation dans la ville, nous n’avons pas touché nos vélos cette semaine, si ce n’est pour l’entretien ou repérer le chemin jusqu’au port. Nous avons profité de notre semaine pour tester les transports publics locaux: Metrobus, tramway, Metro, bateau… En bons touristes, on a aussi enchaîné les visites de mosquées, les palais, testé les kebabs, les sandwichs au poisson, le grand bazar, les concerts sur la place Taksim…et appris le Tavla ou backgammon dans un café, le jeu incontournable en Asie centrale.

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Vue depuis le pont Galata

Nous avons aussi fait la tournée des  consulats d’Iran et d’Ouzbekistan pour les visas des pays suivants.

Si Denis n’a pas particulièrement apprécié cette semaine citadine à cause du monde et des transports, Claire semblait dans son élément. On sent que la parisienne n’est pas très loin …

Ce fut une semaine riche. Le fait d’être accueilli chez un Irakien habitant Istanbul nous a permis de voyager culinairement : chaque soir était une fête ! Nous avons profiter des origines de chacun pour cuisiner différemment.

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Repas irakien

Au moment de repartir, nouveau rebondissement maritime, le bateau que nous devions prendre a été annulé. Le départ est repoussé au lendemain matin 7h. Retour chez Mouthatar pour une dernière soirée ensemble ! Ce n’est qu’un au revoir !!!