Sud iranien … du 11 au 19 mars 2018 -South iran from 11th to 19th of mars

English version at the end

Une semaine de tourisme en sac à dos dans le sud de l’Iran:

C’est par un contre-la-montre (par équipe) consulaire que nous commençons notre semaine de vacances : lever à 7h, consulat Ouzbek à 9h pour la récupération du sésame, nous filons ensuite à l’ambassade turkmène pour déposer notre demande de visa, le tout entre 9h et 11h, afin d’avoir le temps de traverser la ville pour prendre le train de 13h pour Bandar-Abbas !

Défi relevé ! A 12h45, dans le train pour le sud du pays, nous pouvons enfin souffler, à nous les plages du Golfe persique ! Les vélos aussi prennent des vacances, nous avons trouvé in extremis une bonne âme en la personne de Reza, pour nous les garder toute la semaine.
Dans le train, c’est le grand luxe. Nous partageons le compartiment avec Awa et Arschrit, un jeune couple officieux de Teheran. Au fil de la discussion, ils nous invitent à les rejoindre sur l’île d’Hormoz. Nous avions initialement prévu d’aller sur l’île de Qeshm mais nos plans ne sont pas arrêtés, nous les suivons donc avec plaisir !

DSCN9514

En arrivant sur Hormoz, nous sommes accueillis par le frère d’Arschrit, installé sur l’île il y a 3 mois depuis la fin de son service militaire. Bienvenue sur l’île des hippies à mi-chemin entre l’Afrique et la Jamaïque : femmes au teint foncé en boubou, taxi « touc-touc » et musique tropicale !!! Nous sommes charmés par la tranquillité de l’île ! Le paradis se situerait-il sur Hormoz ?

DSCN9522

« tout-touc » d’Hormuz

Le campement du frangin est situé au sud de l’île, à 20 minutes de marche de la route, dans un endroit tenu secret, c’est un campement de babas-cool qui se nourrissent davantage d’herbes à fumer que d’aliments solides. Le soir venu, nous contemplons la cuisson d’une pizza au feu de bois pendant 2 heures … succulente mais on en voudrait plus !!!

DSCN9580

Claire avec Ava et Aschrit

Nous passons 24h avec la joyeuse compagnie, profitons d’être dans ce coin caché pour se baigner deux fois (en Iran, les femmes ne peuvent pas se montrer en maillot en public) mais nous ne sommes pas équipés pour le camping. Bien que les journées avoisines les 35°C, les nuits sont fraiches et nous caillons la nuit à la belle étoile.

DSCN9548

Les couleurs sur l’île sont magnifiques (sable rouge)

Le lendemain, nous faisons la rencontre de Saïd, un copain d’Aschrit qui a une maison sur Hormoz. Il nous invite à passer la nuit chez lui. Il est photographe. C’est un plaisir de découvrir le village à ses côtés.

DSCN9528

Dessin sur la plage pour Norouz (nouvel an iranien)

Le jour suivant, nous quittons l’île pour rejoindre Shiraz en bus. A Bandar-Abbas, nous tentons notre chance pour faire prolonger nos visas mais le bureau est déjà fermé. S’en suit une longue tension conjugale, entre l’un qui prend trop de temps et l’autre qui stress pour rien …

Le bus de nuit pour Shiraz n’est pas aussi confortable que le train. Nous arrivons au petit matin comme après une nuit blanche mais sans avoir fait la fête. Le jour est à peine levé. En simples touristes à pied, nous visitons la ville : mosquée rose aux somptueuses couleurs, palais, bazar et police de l’immigration ou notre demande de prolongation de visa est à nouveau rejetée (trop tôt soit disant)…

DSCN9679

Mosquée rose (Shiraz)

Une fois n’est pas coutume en Iran, nous dormons à l’hôtel mais nous avons besoin de récupérer. Le soir, en rentrant, nous sommes invités par le commerçant voisin de l’hôtel à boire un verre. Si l’alcool est interdit en Iran, la drogue qui l’est aussi se trouve assez facilement … et le commerçant, plutôt speed, sort devant nous, son petit rail de coke … Prétextant qu’on était fatigués, nous sommes vite allés nous coucher !

DSCN9697

Shiraz

Le lendemain, nouveau transfert, vers Ispahan, ancienne capitale perse au temps de Louis XIV. Nous sommes accueillis par Iman, étudiant en droit passionné d’Histoire qui parle un anglais parfait. Il vient nous chercher à la gare routière pour nous emmener dîner chez sa mère. Il est issu d’une famille traditionnelle où le père de famille fume l’opium (pratique traditionnelle ancrée dans les moeurs). Nous discutons Histoire et Droit. La base du droit iranien est composé à 50% du droit français et 50% de droit islamique (la charria). Les connexions franco-iraniennes sont donc nombreuses !

La matinée du lendemain est consacrée à l’extension du visa iranien (enfin), nous faisant vivre littéralement l’un des 12 travaux d’Astérix (lisez ou relisez BD c’est un régal). En bon gaulois, nous avons donc voyagé entre les bureaux toute la matinée avant d’obtenir la fameuse prolongation. Et nous avons eu chaud, ils voulaient garder nos passeports jusqu’au lendemain !!! Sacrés farceurs ces policiers ! Pour l’occasion, Claire a eu l’honneur de porter un « Tchador » (grand drap noir qui recouvre le corps des femmes). Farceurs et Machos …

yhhCFsD2SuOzqZtJXVhy%Q.jpg

Avec Iman à Isphan

Dans l’après-midi, nous remplissons le formulaire pour le visa Chinois, un autre voyageur à vélo nous a informé comment l’obtenir … On était pourtant passés à l’ambassade de Chine la semaine dernière mais à croire qu’on avait une tête qui ne leur revenait pas, ils nous ont dit que ce n’était pas possible !!!

A la tombée du jour, nous partons enfin visiter la vieille ville d’Ispahan avec notre hôte et son ami. Il est chanteur dans un groupe religieux et la visite se transforme en véritable spectacle digne de la commedia dell’arte. Concert improvisé de chant et ukulélé dans la voiture.

29943075_2110340342515212_1911125107_o

Place royale d’Ispahan

 

 

Nous terminons la nuit dans le bus qui nous relie à Téhéran.

La journée du dimanche est terrible pour nos nerfs. A 8h45, nous sommes devant l’ambassade de Chine avec la même sensation que d’aller à l’oral du bac. L’employée regarde un par un nos documents pour la demande de visa. Nous sommes le 18 mars et notre « supposé » vol pour Pékin est le 21 avril. Il est trop tôt pour déposer notre dossier, « revenez la semaine prochaine » …

Nous sortons atterrez de l’ambassade, comment faire imprimer un nouveau billet d’avion factice en date du 18 avril ? Grosse remise en question pour la suite du voyage. Claire, de désespoir, se voit bien rentrer pour faire bergère sur le Mont d’Or cet été. Denis plus terre à terre, couche les différentes possibilités sur le papier. A la suite d’un brainstorming, on décide d’aller dans une agence de voyage locale pour savoir si elle pourrait nous délivrer un billet d’avion factice au départ du 18 avril. Bingo ! Pour 17 euros, nous voici avec 2 billets d’avion Téhéran-Pekin, à la bonne date ! Ne restait plus qu’à réimprimer le formulaire avec les bonnes dates et à changer les réservations d’hôtel ! Deux heures plus tard, nous ressortons d’un bureau spécialisé dans les demandes de visas avec notre dossier complet, l’oral de rattrapage nous attendait …
Nouvelle présentation des dossiers de demande de visa dans l’après-midi. Le dossier de Denis passe en revue en premier, rien à signaler. Lors de la présentation du dossier de Claire, l’employée regarde certaines pages, puis revient en arrière, appelle son collègue … Moment de tension intense, entre nous, nous échangeons des regards qui en disent long. Au bout de plusieurs minutes interminables, elle nous donne finalement notre précieux reçu et ô surprise, garde nos passeports toute une semaine ! Ils sont fous ces chinois !

Nous finissons cette journée riche en émotions avec d’autres cycles français. Bon moment d’échanges et encore merci à Jimmy pour l’astuce du visa à double entrée.

La journée du lundi chez Rezza et Maryam est un jour du transition : blog, sac pour la semaine de ski de rando, lecture, repos. Nous sommes bichonnés par la mère de Maryam, venue spécialement pour les fêtes de fin d’années (une vraie maman Colin).

DSCN9730.JPG

Avec Rezza (à droite) et sa famille

English version :

A week of backpacking tourism in southern Iran:

It is through a consular team time trial that we start our week of holidays: wake up at 7am, Uzbek consulate at 9am getting visa, then go to the Turkmen embassy to file our application form for visa, all between 9h and 11h, in order to have time to cross the city to take the train to Bandar-Abbas ar 1.00 PM!

Challenge met ! At 12:45, in the train for the south of the country, we can finally breathe, to us the beaches of the Persian Gulf! Bikes also are on holidays, we found in extremis a good soul in the person of Reza, to keep them all week.
In the train, it’s the luxury. We share the compartment with Awa and Arschrit, a young students couple from Teheran. During the discussion, they invite us to join them on the island of Hormoz. We originally planned to go to Qeshm Island but our plans are not stopped, so we follow them with pleasure!

DSCN9514

in the train to Badar-Abbas

Arriving on Hormoz, we are welcomed by the brother of Arschrit, installed on the island 3 months ago since the end of his military service. Welcome to hippies island halfway between Africa and Jamaica: women with dark skin in boubou, taxi « touc-touc » and tropical music !!! We are charmed by the tranquility of the island! Is paradise on Hormoz?

DSCN9522

Hormuz taxi

The brother’s camp is located south of the island, a 20-minute walk from the road, in a secret place, it is a hippies camp  who eat more herbs to smoke than food solid. In the evening, we contemplate cooking a pizza over a wood fire for 2 hours … succulent but we would like more!

DSCN9580

Claire, Ava and Aschrit

We spend 24 hours with the good team, enjoy being in this hidden corner to swim twice (in Iran, women can not show in jersey in public) but we are not equipped for camping. Although the days are around 35 ° C, the nights are cool and we dry up at night under the stars.

DSCN9548

red sand

The next day, we meet Said, a friend of Aschrit who has a house on Hormoz. He invites us to spend the night at his place. He is a photographer. It’s a pleasure to discover the village by its side.

DSCN9528

draw on the beach for Noruz (Iranian new year)

The next day, we leave the island to join Shiraz by bus. In Bandar-Abbas, we are trying our luck to extend our visas but the office is already closed. There follows a long marital tension, between one who takes too much time and the other who stresses for nothing …

The night bus to Shiraz is not as comfortable as the train. We arrive in the early morning as after a sleepless night but without having partying. The day is barely up. In simple walking tourists, we visit the city: pink mosque with sumptuous colors, palace, bazaar and immigration police or our request for visa extension is again rejected (too early,  they said) …

DSCN9679

pink mosque

For once in Iran, we sleep at the hotel but we need to recover. In the evening, when we return, we are invited by the shopkeeper next door to have a drink. If alcohol is banned in Iran, the drug that is also is easily enough … and the shopkeeper, rather speed, out in front of us, his little cocaïne … Claiming we were tired, we quickly went sleep !

 

DSCN9697

Shiraz

The next day, new transfer to Isfahan, former capital of Persia in the time of Louis XIV. We are welcomed by Iman, passionate history law student who speaks perfect English. He picks us up at the bus station to take us to dinner at his mother’s house. He comes from a traditional family where the father of the family smokes opium (traditional practice rooted in morals). We discuss History and Law. The base of the Iranian right is made up to 50% of the French right and 50% of Islamic right (the charria). Franco-Iranian connections are therefore numerous!

The morning of the next day is devoted to the extension of the Iranian visa (finally), making us live literally one of the 12 works of Asterix (read or re-read BD is a treat). In good Gallic, so we traveled between offices all morning before getting the famous extension. And we were hot, they wanted to keep our passports until the next day !!! Sacred jokers these policemen! For the occasion, Claire had the honor of wearing a « chador » (large black cloth that covers the bodies of women). Jokes and Machos …

yhhCFsD2SuOzqZtJXVhy%Q

with Iman

In the afternoon, we fill out the form for the Chinese visa, another cyclist informed us how to get it … We had been to the Chinese Embassy last week but to believe we had a head that did not come back to them, they told us that it was not possible !!!

At the end of the day, we finally go to visit the old city of Isfahan with our host and his friend. He is a singer in a religious group and the visit turns into a real show worthy of the commedia dell’arte. Improvised singing concert and ukulele in the car.

29943075_2110340342515212_1911125107_o

Ispahan

We end the night on the bus that connects us to Tehran.

Sunday is terrible for our nerves. At 8:45, we are in front of the Chinese Embassy with the same feeling as going to oral bac. The employee looks one by one our documents for the visa application. It’s March 18th and our « supposed » flight to Beijing is April 21st. It is too early to file our file, « come back next week » …

We come out of the embassy, ​​how to print a new fake airline ticket dated April 18th? Big questioning for the rest of the trip. Claire, in despair, sees herself well back to be a shepherdess on the Mont d’Or this summer. Denis more down to earth, layer the different possibilities on paper. Following a brainstorming, we decide to go to a local travel agency to find out if she could issue us a fake ticket from April 18th. Bingo! For 17 euros, here we are with 2 tickets Tehran-Beijing, on the right date! All that remained was to reprint the form with the correct dates and to change the hotel reservations! Two hours later, we come out of an office specializing in visa applications with our complete file, the oral catch-up was waiting for us …
New presentation of visa application files in the afternoon. Denis’s file goes first, nothing to report. During the presentation of Claire’s file, the employee looks at some pages, then goes back, calls his colleague … Moment of intense tension, between us, we exchange looks that say a lot. After several endless minutes, she finally gives us our precious receipt and oh surprise, keep our passports for a week! They are crazy these Chinese!

We end this day rich in emotions with other French cycles. Good timing and thank you again to Jimmy for the tip of the double entry visa.

The day of Monday at Rezza and Maryam is a day of transition: blog, bag for the week of ski touring, reading, rest. We are pampered by Maryam’s mother, who came especially for the end-of-year holidays (like Denis’ mum).

DSCN9730

Rezza (on right) and his family

Semaine à Téhéran … du 4 au 11 mars !

Toute une semaine sans vélo mais en métro à Téhéran :

Nous nous serions bien passés de rester une semaine complète à Téhéran mais parfois le voyage contraint le voyageur à une démarche administrative appelée visa.

Nous faisons donc la tournée des grands ducs : ambassade ouzbèke, turkmène, tadjike, chinoise, russe … presque de quoi faire le tour du monde sans quitter Téhéran !

tourist-visa-usa.jpg

Nous passons aussi hélas beaucoup de temps sur internet et l’ordinateur. Toute une après-midi par exemple, dans un magasin Apple pour solutionner le problème de filtre internet et éviter la censure islamique … dans le seul but de pouvoir accéder au site et à Youtube pour télécharger les vidéos.

Malgré tous ces impératifs, nous prenons le temps de nous reposer (un peu). Nous sommes épuisés par le bruit incessant de la ville et les aller-retours en métro. Nous visitons quelques monuments, des jardins. Nous retrouvons avec joie la fine équipe des Colybride rencontrés en Cappadoce : fin de la mythique Mirabelle dans un restaurant de Téhéran !

fullsizeoutput_1978

Claire, en grande discussion avec l’équipe des Colybride pour l’organisation d’un 5 km bière au Tadjikistan

Cette semaine, nous sommes hébergés par un couple (officieux parce que non-marié) : Fahrad et Elham. Nous partageons l’appartement, de bonnes soirées et toute la journée du vendredi consacrée à une rando sur les hauteurs de Téhéran.

fullsizeoutput_187e

Elham et Fahrad, nos hôtes de Téhéran 

Cette semaine n’a rien de palpitante. La vie de voyageur s’est aussi cela : passer du temps à préparer la suite de son voyage, s’organiser, planifier … si jusque là, nous n’avions pas eu le privilège de visiter les ambassades, désormais, la suite de notre voyage est conditionnée par l’obtention et les dates de visa. Malgré tout, nous estimons la chance d’être français comparée à bien d’autres nations pour qui voyager semble un rêve lointain et inaccessible !

DSCN9491.JPG

Mosquée de Tajrish. Claire est ravie de porter un tchador ! On dirait un drap de lit !

Après 6 mois de voyage une certaine habitude et lassitude s’installe. Le moral subit une baisse, momentanée. Nous ne sommes pas décidés à rentrer pour autant mais le besoin de repos et de tranquillité se fait sentir. Nous avons le sentiment d’être « coincés » dans cette ville en attendant nos visas. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, nous avons besoin de vacances !

DSCN9460.JPG

Téhéran

 

 

 

Iran (1ere partie) … du 22 février au 3 mars

Premiers coups de pédale en Iran, dans la Province de l’Azerbaïdjan occidentale.

Jour de repos à Shot :

Pour notre premier jour en Iran, on ne pouvait rêver mieux que de passer la journée dans une famille iranienne. C’est l’occasion de rendre au visite au tonton photographe pour une petite séance en studio et d’aller manger chez la soeur de Saïd.

DSCN9044 (1)

Salon familial traditionnel. Said (à droite) et sa famille

Nous profitons de cette journée de repos pour faire la sieste et nous immerger dans la culture du pays: première leçon de farsi.

Shot-Evoghli : 77 km, 605 m D+

Nous quittons Shot sur une petite route de campagne sous les conseils bienveillants de Saïd qui a bien du mal à nous lâcher. Nous apprécions de rouler sur un axe secondaire où le trafic est beaucoup plus calme. Cette quiétude relative nous permet de profiter du paysage de désert valloné et de montagnes roses.DSCN9072

Malheureusement, au bout de 20 km à peine, nous retrouvons l’axe principal où voitures et camions se succèdent sans nous laisser une minute de répit.
En Iran, l’hospitalité envers les étrangers est telle que des automobilistes s’arrêtent pour nous offrir des pommes ou des oranges. Impossible de refuser. C’est appréciable la première fois mais nous nous retrouvons vite à porter 2 kg …

Le soir, nous tentons un bivouac à proximité de la petite ville d’Ev Oghli. L’endroit est splendide dans cette campagne semi-aride mais à moins de s’éloigner de 3 kilomètres, nous entendons le bruit de la route. Nous nous endormons bercés par le flot du trafic.

Evoghli-Marand : 84 km, 600 m D+

Pour l’étape du jour, nous n’avons pas vraiment le choix que d’emprunter l’axe principal. Ca circule toujours autant. Pour ajouter de la difficulté, la pluie s’est invité en milieu de matinée et de nous lâchera que 40 km plus loin.

DSCN9100Nous avançons mais la route est sans grand interêt. Les paysages, lorsque nous les apercevons, ressemblent sensiblement à la veille. Pour couronner le tout, nous ne trouvons pas de restaurant avant le 62e km. La pause repas nous permet de sécher les habits et les bonhommes devant un gros ventilateur et une fois secs, c’est sous un « demi-soleil » que nous remontons en selle.

Après 1 km à faire les cons sur notre vélo, Claire se rend compte qu’elle a oublié son téléphone au restaurant. Demi-tour …

En arrivant à Marand, nous avions l’ordre, par Saïd, de téléphoner au Dr Erfan, son oncle, qui nous hébergera pour la nuit. Nous avons essayé mais le numéro de téléphone n’était pas le bon. Après une heure de tracasserie téléphonique, nous pouvons vous assurez que le téléphone irannien, cousin du téléphone arabe fonctionne bien. Nous avons retrouvé Erfan, qui doit son titre de Docteur à sa thèse en botanique (Dr Franck, Dr Seb et tous les copains thésards, nous pensons bien à vous).

Nous passons une agréable soirée en famille à discuter agriculture et politique avec Erfan et sa femme.

DSCN9109

Erfan et son fils Alison

Marand -Tabriz : 77 km, 780 m D+

77 km de route épouvantable entre camions et voitures …
Le début de l’étape est plutôt plaisant. Nous commençons par l’ascension d’un col. Nous sommes au pied des montagnes enneigés et le panorama est magnifique. A l’approche du col, nous retrouvons l’axe principal qui rejoint Tabriz toujours aussi encombré malheureusement. Le paysage est vraiment dépaysant. Les pics enneigés se découvrent et laisse apparaitre des montagnes plissées couleur ocre. La circulation monopolise la quasi-totalité de notre attention, difficile d’admirer sereinement le paysage.

DSCN9115.JPGA l’approche de Tabriz, le trafic s’intensifie encore et encore. Claire menace de se faire écraser par des camions plusieurs fois. Nous avons l’impression de rouler sur le périphérique parisien mais avec des conducteurs iraniens (c’est pas Bagdad mais c’est pas loin).

Nous finissons par arriver entiers au camping gratuit de Tabriz, en bord de boulevard. Nous avons passés toute notre journée dans le vacarme et nous la finirons avec …le bruit. Le calme est un luxe en Iran.

Jours de repos à Tabriz :

Comme nous ne sommes pas en retard et que nous avons besoin de calme et de repos, nous choisissons de nous reposer 2 jours.

Le premier jour était normalement sensés être une journée de repos : lecture, blog, sieste. C’était sans compter l’hospitalité iranienne. A 10h30, Rezza, un ancien professeur d’anglais qui s’improvise guide touristique vient nous trouver. Nous discutons, il semble sympathique mais ne nous a pas lâcher de la journée. Ratée pour la journée de repos.
Nous nous apprêtons à passer une deuxième nuit sous la tente lorsque Claire reçoit un appel sur son portable. Un hôte en Couchsurfing (accueil gratuit chez l’habitant) nous invite chez lui. Il est 19h lorsque nus remballons notre paquetage. L’hôte pousse même l’hospitalité à venir nous chercher avec nos vélos, compte tenu de l’heure tardive. C’est un bonheur de pouvoir passer une nuit au calme !

DSCN9133.JPG

Mourtaza chargant les vélos

Le lendemain, Mourtaza s’avère être un véritable guide touristique : bazar, musée, mosquée… Nous en avons plein les pattes mais nous sommes heureux d’avoir pu découvrir la ville.

DSCN9195.JPG

Bazar de Tabriz (quartier des tapis)

Tabriz-Bostanabad : 45 km (+15), 755 m D+

Nous quittons Tabriz avec le même trafic que nous l’avions trouvé. Depuis peu, il y a une autoroute entre Tabriz et Teheran et les locaux nous ont promis que le trafic serait réduit : on passe de 3000 véhicules/heure à 1000. Nous allons devoir composer avec.

A midi, nous nous arrêtons dans un restau sympa à l’iranienne où les tables sont des tapis. La nourriture est bonne mais ce n’est pas un restaurant gastronomique … pourtant, nous ressortons avec une note qui nous semble être astronomique. Bref, on s’est fait avoir !!!

DSCN9260

Restaurant iranien traditionnel

Nous reprenons la route pour quelques kilomètres avant de nous arrêter faire quelques courses pour la ravitaillement du soir. Nous voulons tenter un bivouac au bord d’un petit lac. Le gérant du magasin nous offre un thé et nous demandons s’il est possible de dormir près du lac. De fil et en aiguilles, nous finissons avec nos vélos dans son pick-up pour nous avancer à l’hôtel le plus proche, à 15 km de là.

Bostanabad-Hastrud : 57 km, 630 m D+

Le trafic nous tape un peu sur les nerfs. Claire est dégoutée du vélo en Iran. Denis partage son avis. Il devient urgent de trouver des petites routes sous peine de poser le vélo dans un bus ou dans un train…
Nous trouvons un itinéraire bis, qui rallonge de 30 km par rapport à l’itinéraire principal mais vous aurez compris, on n’en peux plus ! Nous abordons donc cet étape plus sereinement. Les routes sont plus escarpées mais nettement moins fréquentées. Nous apprécions enfin la tranquillité. Certains automobilistes, surpris de nous voir sur cet itinéraire, s’arrêtent et nous indiquent l’axe principal (que nous fuyons) pour rejoindre Téhéran, d’autres encore s’arrêtent juste pour une pause photo, on a même eu un conducteur qui s’arrête pour nous passer son interlocuteur anglophone au téléphone, juste pour demander si tout va bien !

Le soir, lors de notre arrivée à Hastrud, nous nous arrêtons pour attendre Fariba, notre hôte du soir. Une femme s’arrête à hauteur de Claire et l’invite à boire un thé, évoquant les joues rougies par le froid. Nous refusons poliment mais la femme insiste et vient même chercher son mari. Comment lui faire comprendre que nous attendons quelqu’un ? L’hospitalité iranienne est formidable mais parfois trop oppressante. Comment refuser sans vexer ?

bggp5IHWRgCcKeZ59pzgTg

Fariba (à droite) et son mari Mehdi

Jour de repos à Hastrud :

Nous fêtons nos 6 mois de voyage par une journée sans vélo.

Fariba nous réveille à 9h pour aller marcher au château de Kahzkhaz, curiosité locale. Le jour de repos n’était pas prévu mais l’occasion s’est présentée : on n’a pas pu refusé !

En Iran, le jour férié de la semaine est le vendredi (jour de fête des musulmans). Nous sommes aujourd’hui vendredi, et la balade au château se transforme en sortie familiale. Fariba et son mari ont invité des amis à se joindre à nous. C’est l’occasion de rencontrer des familles iraniennes, de discuter et de cuisiner au feu de bois. Si les iraniennes ne sont pas de grandes sportives en matière de randonnée, elles jouent volontiers au football !

DSCN9280DSCN9292.JPGLe soir, pour prolonger les festivités, nous nous retrouvons dans la café tenu par une des amies de Fariba. Il est habituellement réservé aux femmes mais ce soir Denis est invité à emmener son ukulélé.

Belle journée de fraternité franco-iranienne !

Hastrud-Myaneh-Teheran : 72 km, 830 m D+ (+450 km train)

Nous quittons Fariba difficilement. Il est midi quand nous quittons Hastrud mais déjà, à la sortie de la ville, nous sommes arrêtés par des policiers qui contrôlent nos passeports. Comme ils ne parlent pas anglais et que nous ne parlons pas farsi, la discussion est difficile. Ils nous disent que la route est dangereuse. Pourquoi ? On ne sait pas. Denis exaspéré par le trop-plein de bienveillance et l’excès de zèle insiste. Les policiers nous laissent finalement aller, perplexes.

DSCN9389.JPGLe trafic n’a jamais été aussi calme et le vent dans le dos jamais aussi fort. Journée parfaite sur le plan cyclotourisme : paysage sympa, route peu fréquentée, soleil (mais pas trop chaud), vent dans le dos. Sans le vouloir, nous réalisons nos pointes de vitesse : 84 km/h pour Denis, 77 pour Claire, de vrais petits bolides les cycles Cattin !

Vers 16h, nous arrivons à Miyaneh, nous filons vers la gare pour réserver un billet pour le lndemain. Le trafic routier a eu raison de nous : nous savons qu’après Miyaneh, il n’y aura pas d’itinéraires bis. En arrivant, un des employés nous indique que le train est à quai. Il nous aide à charger les vélos dans le train. Avant que nous ayons le temps de dire ouf, nous sommes dans le train avec nos vélos et leurs bagages, direction Téhéran. Quelle journée !

DSCN9413.JPG

Vélo dans le train direction Téhéran

Internet et l’Iran

Nous venons de passer 3h dans un magasin d’informatique de Téhéran … Bien que cela soit un plaisir de partager notre expérience avec vous, les moyens techniques (débit) et la censure ne marient pas Internet et l’Iran avec plaisir.

Ne vous inquiétez donc pas si nous mettons du temps à vous donner des nouvelles prochainement … mais nous voudrions aussi profitez de nos jours de repos autrement qu’à s’énerver derrière un écran !

Nous espérons que vous comprendrez …

 

Sinon, tout va bien, nous poursuivons notre route vers l’est !

Mars sonne tranquillement la sortie de l’hiver et l’hospitalité iranienne nous fait plus souvent dormir chez l’habitant que sous la tente.

A bientôt Inch’Allah