15 août 2018 … dernière étape !

10 ans pour se décider, 2 ans pour le préparer, 1 an pour le vivre, 1 an pour le pré digérer… Car oui, il nous a fallu un an pour accepter et reprendre nos marques dans une vie plus sédentaire, mais aussi un an jour pour jour pour trier l’ensemble des photos et vidéos de notre Colinade.

En attendant le film complet qui sera on l’espère projeté au premier festival du voyage de Pontarlier cet automne, voici un souvenir de la dernière étape partagée avec nos familles et amis cyclistes.

Retour à la maison après 13 524 km !

Retour en images sur cette dernière étape Le Locle (CH)-Pontarlier, il y a un an :

Encore merci à vous qui vous étiez déplacés pour rendre cette journée inoubliable et un clin d’oeil spécial à Karim, notre photographe cascadeur de l’occasion (je pense que tu vas apprécier le fond sonore)

 

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Tadjikistan (2e partie) … du 8 au 13 mai

Nous continuons notre route dans le Pamir, aux pieds des montagnes Tadjikes et Afghanes.

8 mai : Qalai’Kumb-Toghmay, 50 km, 700 m D+

C’est la fête dans la ville ! 8 mai, les Tadjiks fêtent « les vacances » ! Difficile d’en savoir plus exactement mais le spectacle sur la place centrale vaut le détour. Nous apprécions plus particulièrement le solo d’un militaire se trémoussant sur une musique entrainante ! Pour nous aussi, c’est la fête, nous avons désormais 10 000 km au compteur ! Pour l’occasion, fini le coca ou le lait, Denis a rechargé la topette de vodka !

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Militaires et civils sur la place centrale

Nous roulons désormais sur une piste parfois goudronnée mais jamais sur plus de 500 m d’affilée … l’allure est plus lente et le dénivelé plutôt casse-pâte en montagne tadjike (ex russe). C’est fatiguant !DSCN7203.JPG

Lors de la pause de midi, à l’ombre d’un arbre, nous faisons la rencontre de Jean-Louis, un motard sexagénaire parti de Guérande. Nous échangeons sur la vie de nomades à deux roues !DSCN7211.JPG

En repartant, c’est la crise … à cause d’une malheureuse bâche mal rangée ! Prétexte d’une véritable dispute de couple probablement entendue jusqu’à … Pontarlier ! On a même pas senti les secousses d’un supposé tremblement de terre, à peine 100 km plus loin.

La vie de couple en voyage n’est pas de tout repos. Nous qui étions très indépendants avant le voyage. Nous nous supportons désormais 24h/24, 7j/7 depuis 9 mois … alors forcément, les défauts de l’autres nous apparaissent plus fréquemment, les manies deviennent insupportables … et comme nous n’avons qu’une tente pour deux … difficile de faire chambre à part !DSCN7240.JPG

Malgré un bivouac superbe, la soupe à la grimace s’est invitée au repas du soir. La tension semble avoir bien du mal à se dissiper !

9 mai : Toghmay-Amurn, 60 km, 945 m D+

La route est tout aussi éprouvante que la veille. Du chemin, et seulement quelques tronçons goudronnés. Il va falloir s’y habituer, les belles routes goudronnées ne sont plus d’actualités pour un moment ! A chaque fois qu’un camion nous double, nous avalons la poussière … hummm ! Mais le paysage le long de la rivière, au bord de l’Afghanistan est toujours aussi splendide ! Nous nous sentons tout petits devant ces montagnes immenses ! Jour après jour, nous montons en altitude, progressivement … à la façon montagnes russes !DSCN7260.JPG

Les commerces dans les villages se font de plus en plus pauvres en provisions. Ici, les fruits et les légumes sont un luxe … qu’on ne trouve que dans les grandes villes ! Et le pain est une denrée rare. Chaque famille fait son pain. En fait, les villageois vivent de peu de choses et ils produisent tout eux même. Ils ont leur jardin qu’ils cultivent en famille, leur verger … et leur four à pain ! Nous le savions déjà un peu mais nous le constatons tous les jours de nos propres yeux. Dans le Pamir, mieux vaut donc être prévoyant si tu veux manger autre chose que du riz à tous les repas !DSCN7264.JPG

Le soir, nous posons la tente, au bord de la rivière, à seulement quelques mètres de l’Afghanistan, dans une sorte de terrain aménagé pour les touristes, près d’un restaurant. La douche se fait dans la rivière, encore bien fraîche pour la saison ! Les habitants, très hospitaliers, nous amènent le thé en guise de bienvenue.

10 mai : Amurn-Rushon, 70 km, 955 m D+

Ce matin, c’est le défilé de 4×4 en tout genre. Nous en croisons plus d’une trentaine à la file. Manifestations touristiques ? Convoi officiel ? Bonne question … En tout cas, tous sont pressés. C’est à peine s’ils ralentissent lorsqu’ils nous croisent ! Le Pamir devrait être interdit aux 4×4 de débiles ! Même les routiers sont plus prévenants !

Nous continuons notre ascension progressive le long de la rivière. Les villages se font rares et la seule bourgade d’importance que nous trouvons se trouve en hauteur, en dehors de la route … bonjour les petites côtes à 20% rien que pour acheter un bout de fromage et … une bière fraiche ! Le magasin, bien caché nous est indiqué par un petit garçon tout heureux de se rendre utile !

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A la sortie du village, un verger ombragé nous tend les bras ! Cette pause sera aussi l’occasion de discuter avec un groupe de jeunes filles. Elles parcourent chaque jour, 5 km aller et retour pour aller à l’école ! Nos petits écoliers français sont quand même bien chanceux !DSCN7277.JPG

En fin d’après-midi, la vallée s’ouvre un peu, laissant place à de grands champs maraichers le long de la rivière. Tout le monde est dans les champs. A cette saison, ça plante … et à la main. Les terrains de football bordent de nouveau la route et chaque passage devant petits et grands nous vaut son envolée de « Hello ! ».

Nous espérons planter la tente dans un champ, à l’abri des regards mais sommes repérés, puis invités par une famille. C’est l’occasion de dormir chez l’habitant. Claire joue les infirmières avec un petit garçon atteint d’eczéma mais comment expliquer qu’il est important de se laver les mains ? L’hygiène ne semble pas la priorité dans ces familles paysannes. Denis s’occupe de l’animation musicale. L’harmonica fait son effet et passe même dans les bouches de tout le monde (petits et grands) pour le plus grand plaisir des bactéries !!! Echange de bouillon de culture garanti !

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Nuit chez l’habitant

11 mai : Rushon-Khorog, 71 km, 640 m D+

Les Tadjiks sont des lève-tôt, à 5h30 avec le lever du soleil alors lorsque nous émergeons à 7h, les enfants sont déjà partis à l’école et les adultes s’affairent dans les champs. Le petit-déjeuner traditionnel consiste en un thé accompagné d’un porridge de riz au lait qui tient bien au ventre.

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Départ de chez la famille

Le temps magnifique du jour éclaire la rivière d’un bleu azur. L’asphalte de la route parait même en bon état … nous avançons de nouveau à bonne allure ce qui nous permet de faire une pause de quasiment 3 h à midi ! Et oui, on ne se refuse rien …

DSCN7306.JPGEn arrivant à Khorog, la rive se rapproche à tel point que nous pouvons communiquer avec les afghans. Nous échangeons des « hello » cordiaux lorsque nous ne nous faisons pas caillasser par les gamins un peu trop véhéments !

Les intestins de Denis recommencent à danser la samba après seulement 3 jours de répit. Il est temps de retrouver un endroit confortable pour se reposer ! Quant à Claire, les cafés cramoisis des petits vieux semblent l’avoir immunisée à tout jamais …

12 & 13 mai : jours de repos à Khorog

Denis a eu bien besoin de 2 jours de repos pour se remettre d’un ventre douloureux et retrouver un peu d’énergie.
Nous en avons profité pour échanger avec d’autres cyclos venus de Chine et nous changeons un peu nos plans. Nous n’irons finalement pas au Kirghizistan. La frontière entre le Tadjikistan et la Chine est désormais ouverte aux touristes. Nous empruntons donc une partie d’un autre autre route mythique, la Karakorum Highway, entre le Kuma  pass et Kachgar, en Chine.


Tajikistan (2nd part) … from 8 to 13 May
We continue our journey in the Pamir, at the foot of the Tajik and Afghan mountains.

May 8th: Qalai’Kumb-Toghmay, 50 km, 700 m D +

It’s a party in the city! May 8, Tajiks celebrate « holidays »! Difficult to know exactly but the show on the central square is worth the detour. We particularly appreciate the solo of a soldier jiggling on a catchy music! For us too, it’s party, we now have 10,000 km on the clock! For the occasion, finished the coke or the milk, Denis reloaded the topette of vodka!

Military and civilians in the central square (picture legend)

We are now riding on a track sometimes tarred but never more than 500 m in a row … the pace is slower and the difference in altitude rather dough in mountain Tajik (former Russian). It’s tiring !

During the lunch break, in the shade of a tree, we meet Jean-Louis, a sexagenarian from Guérande. We exchange on the life of two-wheeled nomads!

On leaving, it’s the crisis … because of an unfortunate tarpaulin badly ranged! Pretext of a real dispute of couple probably heard until … Pontarlier! We did not even feel the jolts of a supposed earthquake, just 100 km away.

The life of a couple traveling is not easy. We who were very independent before the trip. We now support ourselves 24/7 for 9 months … so inevitably, the defects of others appear to us more often, the manias become unbearable … and as we have only one tent for two … difficult to do room apart!

Despite a superb camp, the mood is quite bad at the evening meal. The tension seems to have a hard time dissipating!

May 9: Toghmay-Amurn, 60 km, 945 m D +

The road is just as trying as the day before. From the road, and only a few paved sections. We’ll have to get used to it, the beautiful tarmac roads are not news for a moment! Every time a truck doubles, we swallow the dust … hummm! But the landscape along the river, on the edge of Afghanistan is still splendid! We feel very small in front of these huge mountains! Day after day, we climb in altitude, gradually … to the roller coaster way!

Shops in the villages are becoming increasingly poor in provisions. Here, fruits and vegetables are a luxury … only found in big cities! And bread is a rare commodity. Every family makes their bread. In fact, the villagers live on little and they produce everything themselves. They have their garden which they cultivate with family, their orchard … and their bread oven! We already knew it a little but we see it every day with our own eyes. In the Pamir, it is better to plan if you want to eat something other than rice at every meal!

In the evening, we pitch the tent, at the edge of the river, just a few meters from Afghanistan, in a kind of land prepared for tourists, near a restaurant. The shower is in the river, still cool for the season! The inhabitants, very hospitable, bring us tea as a welcome.

May 10: Amurn-Rushon, 70 km, 955 m D +

This morning is the parade of 4 × 4 of all kinds. We meet more than thirty in a row. Tourist events? Official convoy? Good question … Anyway, all are in a hurry. They hardly slow down when they cross us! The Pamir should be forbidden to 4 × 4 of morons! Even the truckers are more considerate!

We continue our gradual climb along the river. The villages are scarce and the only town of importance that we find is high, off the road … hello small ribs to 20% just to buy a piece of cheese and … a cold beer! The shop, well hidden is indicated to us by a little boy all happy to make himself useful!

At the exit of the village, a shaded orchard reaches us! This break will also be the opportunity to discuss with a group of young girls. They travel every day, 5 km back and forth to go to school! Our French schoolchildren are still very lucky!

At the end of the afternoon, the valley opens a little, giving way to large vegetable fields along the river. Everyone is in the fields. At this season, it crashes … and by hand. The football fields line the road again and each passage in front of young and old is worth its flight of « Hello! « .

We hope to pitch the tent in a field, hidden from view but are spotted, then invited by a family. It’s an opportunity to sleep at home. Claire plays the nurses with a little boy with eczema but how do you explain the importance of washing your hands? Hygiene does not seem the priority in these peasant families. Denis is in charge of the musical animation. The harmonica makes its effect and even passes in the mouths of everyone (young and old) to the delight of bacteria! Breeding ground exchange guaranteed!

Homestay (picture legend)

May 11: Rushon-Khorog, 71 km, 640 m D +

Tajiks are early risers, at 5:30 with the sunrise so when we emerge at 7am, the children are already gone to school and adults are busy in the fields. The traditional breakfast consists of a tea accompanied by a porridge of rice pudding that holds well to the belly.

Departure from the family (picture legend)

The beautiful weather of the day illuminates the azure river. The asphalt of the road seems even in good condition … we are moving again at a good pace which allows us to take a break from almost 3 pm to noon! And yes, we do not refuse anything to ourselves …

Arriving in Khorog, the shore gets so close that we can communicate with the Afghans. We exchange cordial « hello » when we do not get stoned by the kids a little too vehement!

Denis’s intestines start dancing samba again after only 3 days of rest. It’s time to find a comfortable place to rest! As for Claire, the crimson coffees of the little old people seem to have immunized her forever …

May 12 & 13: rest days in Khorog

Denis needed 2 days of rest to recover from a painful belly and regain some energy.
We took the opportunity to exchange with other cyclists from China and we change our plans a bit. We will not go to Kyrgyzstan. The border between Tajikistan and China is now open to tourists. We then take a part of another mythical road, the Karakorum Highway, between Kuma pass and Kashgar, China.

Tadjikistan (1ere partie) … du 28 avril au 7 mai

Bienvenue au Tadjikistan, pays des montagnes du Pamir. Nous commençons à grimper tout doucement …

28 avril : Sujina-Ayni, 93 km, 1534 m D+

Nous prenons la route le long de la rivière. La plaine laisse progressivement place à une vallée plus ou moins encaissée transformant la route en de véritables montagnes russes. Ca ne grimpe jamais bien longtemps mais le pourcentage des pentes avoisines régulièrement les 10%. Il va falloir s’y faire, nous attaquons la montagne !DSCN6683.JPG

Pour la pause déjeuner, à la recherche désespéré d’un coin d’ombre où les arbres semblent avoir déserté, nous finissons dans un restaurant de village au frais, autour d’un « plov » (plat national de riz, mouton et carotte) et d’une bière … que le restaurateur à du aller acheter au commerçant d’à côté ! Ici, à table, les gens boivent du thé. Si l’alcool est légal, en pratique, nous n’en trouvons pas facilement dans les villages. Le mythe de la mousse bien fraiche en terrasse à la pause restera un doux rêve ici au Tadjikistan !

DSCN6687.JPGLorsque nous repartons du restaurant, à peine 1 km après, Claire casse sa chaine … Petite réparation sur place. Le professeur d’anglais du village nous rejoint et nous taille la bavette autour d’un jus de fruit maison.

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La montagne se rapproche, toujours … nous continuons notre après midi tranquillement, sans incident avant de bivouaquer au pied du col. Panorama de rêve sous un ciel étoilé ! Les bivouacs Tadjiks sont grand luxe !fullsizeoutput_1bf3.jpeg

 

 

29 avril : Ayni-Dushanbe, 137 km, 1700 m D+

Pas de prologue pour cette étape de montagne ! Ça monte directement et longtemps … 50 km de montée ! Pour être francs, les 35 premiers km étaient faciles … Seulement 300 m de dénivelé ! Nous montons progressivement tantôt ralentis par les troupeaux de moutons, tantôt par les camions en panne le long de la route, toujours le long de la rivière. Le paysage est encaissé en forme de canyon.DSCN6703.JPG

Les 15 derniers kilomètres d’ascension ont été en revanche beaucoup plus douloureux pour les mollets ! On n’avait pas connu ça depuis les Alpes, faut dire … si ça date ! Des portions à 10, 15%, des raidillons … Le tout à slalomer sur une route à moitié pourrie entre nids de poules et camions ! Sacré entrainement pour le Pamir !DSCN6723

 

Lorsque nous arrivons au sommet, l’incertitude nous attend … tunnel d’Arzob, surnommé le tunnel de la Mort ! 5 km de tunnel quasi non-ventilé … de quoi noircir les poumons comme un gros fumeur ! Munis de nos lampes, de nos blousons et de nos foulards autour de la bouche en guise de masque, nous avançons tranquillement dans les entrailles de l’enfer … pour en ressortir 20 minutes plus tard, effectivement noirs de suie mais heureux d’être en vie et de respirer à l’air libre. La récompense est au bout du tunnel ! A la sortie, à 2600 m, le panorama sur les montagnes enneigées est superbe !

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S’en suivent 77 km de descente pour arriver à Dushanbe. La route est un billard ! Ce n’est que du bonheur !

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Vendeurs de rhubarbe sauvage le long de la route dans la descente

30 avril & 1er mai : jours de repos à Dushanbe

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Deux jours de repos dans la capitale tadjike, à profiter de rencontres avec d’autres cyclo-voyageurs de toute nationalité : anglaise, australienne, japonaise et bien-sûr française ! Nous retrouvons Fleur et Aurélien avec leur tandem de choc, rencontrés à Erzurum; et Anne et Thomas, rencontrés en Slovénie ! Bon moment d’échanges et d’astuces pour la haute route du Pamir !

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2 mai : Dushanbe-Nurak, 57 km, 785 m D+

Nous quittons Dushanbe avec Fleur et Aurélien. Partis de France en septembre, ils voyagent en tandem … difficile de passer inaperçus !

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Départ de l’hostile avec Fleur et Aurélien (en jaune) et Anne et Thomas, qui reste au repos une journée de plus

Le trajet se fait sur l’axe principal. Le macadam est en bon état, ce qui nous permet d’avancer à une bonne allure.

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Un tunnel bien ventilé à mi-montée nous fait gagner 500 m de dénivelé ! Les paysages sont toujours aussi grandioses. Les collines vertes bordent les routes comme dans les guides touristiques de l’Asie centrale … Pour musique d’ambiance, on a le bruit des cours d’eau et le mugissements de vaches.DSCN6836.JPG

Nous plantons la tente juste avant l’averse mais pas de quoi décourager quatre français mordus de jeux de carte ! Pour un coup, Claire gagne et Denis perd …

3 mai : Nurak-Djarteppa, 69 km, 820 m D+

Nouvelle journée à 4 sur les routes bucoliques du Tadjikistan. La matinée est consacrée à l’ascension d’un petit col mais là encore, un tunnel au sommet ! A la sortie, la vue sur le réservoir d’eau est sublime ! Vallée verte presque tropicale …DSCN6854.JPG

Le reste de l’étape se fait sur un faux-plat descendant. Nous pique-niquons à l’abri d’un murier platane … et nos vêtements s’en souviennent !

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Ce soir on s’offre un bivouac de luxe, caché par les collines, dans le calme d’un vallon tadjik !

4 mai : Djarteppa-Kulob, 62 km, 445 m D+

6h, nous sommes réveillés par un troupeau de chèvres, vaches et autres moutons ! C’est un bonheur (très) matinal que nous apprécions. C’est plus agréable que les Klaxons !DSCN6917.JPG

Sous nos roues, l’immensité des paysages tadjik se dévoilent à mesure que nous prenons de la hauteur … Splendide !DSCN6937.JPG

Nous descendons ensuite sur Kulob, grande ville où un lit et une douche nous attendent … Dernière soirée en compagnie de Fleur et Aurélien autour d’un sandwich et d’une glace. Les bons restaurants ne courent pas les rues, il va falloir s’y habituer. Quant à la bière, n’en parlons pas …

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Pêcheur aperçu lors du pique-nique

5 mai : Kulob-Kirmanjo, 88 km, 1855 m D+

Petite colinade de Claire qui, de bon matin, se rend compte au bout de 5 km, que nous ne sommes pas sur la bonne route mais … un Colin retrouve toujours son chemin !

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vue dans l’ascension

La bonne route, c’est l’ascension du col … et quelle ascension ! 35 km de montée où les 5 derniers km sont toujours les plus durs et la route de plus en plus dégradée. Encore du 10-12%, nous montons lentement mais surement et le soleil nous fait transpirer comme des boeufs ! Heureusement, le paysage reste magnifique ! C’est bon pour le moral des troupes ! On revoit pour la dernière fois le tandem avant d’aborder la descente.

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au col (1900 M)

La fameuse rivière du Panj et l’Afghanistan se dévoilent sous nos yeux. C’est tellement beau que nous nous arrêtons toutes les 5 minutes pour mitrailler le paysage de photos !

 

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En bas, la route est paisible, nous remontons déjà doucement à la recherche d’un bivouac. Il estersque 18h quand nous nous arrêtons dans une vallée encaissée, à l’abri des regards, avec vue sur la montagne afghane. C’est surréaliste !

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6 mai : Kirmanjo-Qalai’Kumb, 95 km, 1330 m D+

Nous continuons de rouler le long de la rivière qui ne nous lâchera pas avant un bon moment. Nous avons l’impression de vivre un rêve éveillé tellement c’est beau ! L’ambiance sur la route est aussi incroyable. Le trafic est vraiment calme … et de l’autre côté de la rivière, à peine 100 m de nous, l’Afghanistan !!! Ce pays si mystérieux et si fermé aux étrangers … De l’autre rive, nous voyons les villages, nous entendons les ânes hennir et même les habitants parler ! Mais impossible d’y aller ! Dommage … les spots de bivouac ont l’air beaucoup plus sympa de l’autre côté !

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La rivière Panj qui fait frontière entre la Tadjikistan et l’Afghanistan

Nous croisons de temps à autre une patrouille militaire sur la route. Une discussion avec l’un d’entre eux nous assure que le route est sans problème pour les touristes. Il nous recommande tout de même de planter la tente côté tadjik plutôt que côté afghan, c’est plus prudent !DSCN7133.JPG

95 km, de route de faux-plat montant tendance montagne russe avec un macadam de plus en plus capricieux … ou même plus du tout de macadam ! Claire a encore cassé sa chaine et cette fois, Denis a beaucoup moins ri car une averse pointait le bout de son nez ! Nous y avons échappé de justesse !

DSCN7165.JPGNuit dans une chambre d’hôte plutôt chère même après négociations (merci au tourisme de masse en 4×4) avec un standing tout tadjik (mur en préfabriqués digne du papier de soi). Mais bon, nous avons une douche, les toilettes et le WIFI … Ah le confort !

7 mai : jour de repos à Qalai’Kumb

Denis a été malade toute la nuit. Ses intestins n’ont probablement pas aimé l’eau de la rivière. Le jour de repos est bienvenu, d’autant que la pluie s’est invitée une bonne partie de la journée.


Tadjikistan (first part ) … April 28th to May 7th

Welcome to Tajikistan, country of the Pamir mountains. We start climbing slowly …

April 28: Sujina-Ayni, 93 km, 1534 m D +

We take the road along the river. The plain gradually gives way to a valley more or less boxed transforming the road into a real roller coaster. It never climbs very long but the percentage of slopes regularly adjoin the 10%. We will have to make it, we attack the mountain!

For the lunch break, looking desperately for a shady corner where the trees seem to have deserted, we end up in a cool village restaurant, around a « plov » (national dish of rice, mutton and carrot) and a beer … that the restaurateur had to go and buy from the shopkeeper next door! Here, at the table, people drink tea. If alcohol is legal, in practice we do not find it easily in the villages. The myth of the fresh froth on the terrace at the break will remain a sweet dream here in Tajikistan!

When we leave the restaurant, just 1 km later, Claire breaks her bike chain … Small repair on site. The village English teacher joins us and chats with us around a homemade fruit juice.

The mountain is getting closer, always … we continue our afternoon quietly, without incident before bivouacking at the foot of the pass. Dream panorama under a starry sky! Tajik bivouacs are great luxury!

April 29: Ayni-Dushanbe, 137 km, 1700 m D +

No prologue for this mountain stage! It rises directly and long … 50 km climb! To be honest, the first 35 km were easy … Only 300 m of altitude difference! We go up gradually, sometimes slowed by flocks of sheep, sometimes by trucks broken down along the road, always along the river. The landscape is boxed in the shape of a canyon.

The last 15 kilometers of climbing were however much more painful for the calves! We had not known that since the Alps, must say … if it is long ago ! Portions at 10, 15%, raidillons … All to slalom on a road half rotten between potholes and trucks! Quite a training for the Pamir !

When we reach the summit, uncertainty awaits us … Arzob tunnel, dubbed the tunnel of Death! 5 km tunnel almost non-ventilated … enough to blacken the lungs like a big smoker! Equipped with our lamps, our jackets and our scarves around the mouth as a mask, we move slowly into the bowels of hell … to come out 20 minutes later, actually black soot but happy to be in life and breathe in the open air. The reward is at the end of the tunnel! At the exit, at 2600 m, the panorama of the snow-covered mountains is superb!

77 km of descent to reach Dushanbe. The road is a billiard! It is happiness !

Sellers of wild rhubarb along the road in the descent (Picture legend)

April 30 & May 1: Days of rest in Dushanbe

Two days of rest in the capital Tajik, to enjoy meetings with other cyclo-travelers of any nationality: English, Australian, Japanese and of course French! We find Fleur and Aurélien with their tandem of shock, met at Erzurum; and Anne and Thomas, met in Slovenia! Good moment of exchanges and tips for the high road of Pamir!

May 2: Dushanbe-Nurak, 57 km, 785 m D +

We leave Dushanbe with Fleur and Aurélien. Left from France in September, they travel in tandem … difficult to go unnoticed!

Departure of the hostile with Fleur and Aurélien (in yellow) and Anne and Thomas, who stays at rest one more day (Picture legend)

The trip is on the main axis. The macadam is in good condition, which allows us to move at a good pace.

A well ventilated tunnel halfway up we gain 500 m altitude! The landscapes are always grandiose. The green hills line the roads as in the tourist guides of Central Asia … For background music, there is the sound of rivers and the roar of cows.

We pitch the tent just before the shower but not enough to discourage four French fans of card games! For once, Claire wins and Denis loses …

May 3: Nurak-Djarteppa, 69 km, 820 m D +

New day at 4 on the bucolic roads of Tajikistan. The morning is devoted to the ascent of a small pass but again, a tunnel at the top! At the exit, the view of the water tank is sublime! Green valley almost tropical …

The rest of the stage is on a downhill flat. We picnic at the shelter of a plane tree mulberry … and our clothes remember it!

Tonight we have a luxurious bivouac, hidden by the hills, in the calm of a Tajik valley!

May 4: Djarteppa-Kulob, 62 km, 445 m D +

6 am, we are awakened by a herd of goats, cows and other sheep! It is a (very) early happiness that we appreciate. It’s more pleasant than Klaxons!

Under our wheels, the immensity of the Tajik landscapes unfolds as we gain height … Splendid!

Then we go down to Kulob, a big city where a bed and a shower are waiting for us … Last evening in the company of Fleur and Aurélien around a sandwich and an ice cream. Good restaurants are hard to find, you’ll have to get used to it. As for beer, let’s not talk about it …

Fisherman seen during picnic (picture legend)

May 5: Kulob-Kirmanjo, 88 km, 1855 m D +

Small colinade of Claire who, early in the morning, realizes after 5 km, that we are not on the right road but … a Colin always finds his way!

The good road is the climb of the pass … and what an ascent! 35 km climb where the last 5 km are always the hardest and the road more and more degraded. Still 10-12%, we climb slowly but surely and the sun makes us sweat like oxen! Fortunately, the landscape is beautiful! It’s good for the morale ! We see for the last time the tandem before approaching the descent.

The famous Panj River and Afghanistan are unfolding before our eyes. It’s so beautiful that we stop every 5 minutes to strafe the landscape of photos!

Down, the road is peaceful, we go back already slowly in search of a bivouac. It is 18h when we stop in a valley, hidden from view, overlooking the Afghan mountain. It’s surreal!

May 6: Kirmanjo-Qalai’Kumb, 95 km, 1330 m D +

We continue to ride along the river that will not let go before a long time. We have the impression of living a daydream so beautiful! The atmosphere on the road is also amazing. The traffic is really calm … and on the other side of the river, barely 100 m from us, Afghanistan !!! This country so mysterious and so closed to foreigners … On the other side, we see the villages, we hear the donkeys neigh and even the inhabitants speak! But impossible to go! Too bad … the bivouac spots look a lot nicer on the other side!

The Panj River that borders Tajikistan and Afghanistan (picture legend)

From time to time we come across a military patrol on the road. A discussion with one of them assures us that the road is no problem for tourists. He still recommends us to pitch the tent on the Tajik side rather than on the Afghan side, it’s safer!

95 km, flat-bottomed road climbing the russian mountain with a macadam more and more capricious … or even no more macadam at all ! Claire broke her bike chain again and this time, Denis laughed a lot because a shower was pointing the tip of his nose! We narrowly escaped!

Overnight in a rather expensive bed and breakfast even after negotiations (thanks to mass tourism in 4 × 4) with a standing all Tajik (prefabricated wall worthy of the paper of oneself). But hey, we have a shower, toilets and WIFI … Oh comfort!

May 7th: day of rest at Qalai’Kumb

Denis was sick all night. His intestines probably did not like the water of the river. The day of rest is welcome, especially since the rain has been inviting a good part of the day.

Désert iranien du 26 mars au 6 avril

Reprise du vélo dans le désert iranien entre Yadz et Kashmar

26 mars : Téhéran-Yadz (train de nuit)

Nouvelle journée de transition à Téhéran. Nous sommes accueillis comme des rois chez Robab et Sagah, un couple iranien parlant très bien français. Ils ont vécu 6 ans à Strasbourg où Sagah y a fait ses études de droit.

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Couchage à l’iranienne sur des matelas, en rang d’oignons dans le salon

Défaire son sac de la semaine de ski passée, laver son linge, faire le tri entre la garde-robe d’hiver et celle d’été… voyager léger nécessite une certaine logistique. Nous profitons des copains pour nous acheminer des affaires et en retourner certaines !

Dans l’après-midi, nous retrouvons Lysiane et Seb ainsi qu’un autre couple de voyageurs à vélo : Audrey et Julien. Ils voyagent en tandem. Comme nous, ils parcourent les ambassades de Téhéran. Les anecdotes autour du voyage, des astuces, conseils et péripéties vont bon train.

La journée passe vite. Nous rentrons chez Robab pour charger nos bagages sur les vélos. Pas le temps de flâner. C’est le moment de remonter en selle après 3 semaines d’arrêt. Nouvelle traversée de Téhéran à vélo, by night ! La lumière avant de Denis ne fonctionne plus …

C’est la fête à la gare. Nous sommes accueillis comme des stars : ballons et photos … ça sent les fêtes de fin d’année !
Le chargement des vélos dans le train ne pose aucun problème et les compartiments des trains couchettes restent toujours un plaisir !

27 mars : jour de repos à Yadz

Le train n’est pas aussi lent que nous l’aurions souhaité. Il est 5h du matin lorsque nous arrivons en gare de Yadz. Alors que nous pédalons aux aurores, nous apprécions la fraicheur et le calme envoûtant de la ville endormie. Nous rejoignons Lysiane et Sébastien à l’hôtel où on nous offre le petit-déjeuner en guise de bienvenue.

Journée de visite en mode touriste : mosquée, musée … Le vieux centre de Yadz est composé de maisons traditionnelles en pisé, véritable dédale de ruelles étroites où toute l’architecture appelle à la fraicheur : petites fenêtres, patio. En constatant la température monter autour des 40°C, nous comprenons aisément pourquoi les habitants se cachent du soleil !

Yadz est aussi connu pour être la ville des « zoroastriens », ancienne civilisation établie bien avant les perses. En fin d’après-midi, emmenés par un local, nous visitons la « tour du silence », monument destinés au culte mortuaire des zoroastriens. Malgré quelques montagnes rocailleuses, la ville est bordée d’un désert à perte de vue.

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Yadz

Dernière soirée à 4, ou plutôt 3,5 car Denis n’a pas trop l’air dans son assiette. La chaleur l’a complètement assommé.

28 mars : Yadz-Kharanaq, 84 km, 755 D+

Nous quittons nos copains à l’aube. La parenthèse franc-comtoise est terminée, il faut reprendre les « vêêlos ».

Dès la sortie de la ville, le désert se déroule devant nous. Entre montagnes et terres arides, le paysage est magnifique. Nous sommes enchanté par ce dépaysement qui ne ressemble en rien à tous les autres paysages que nous avons pu contempler en Iran.DSCN0086.JPG

A 9h30, il fait déjà plus de 30°C. Pour cette première journée de bicyclette, nous devons nous réhabituer à rouler et à suer mais l’air est tellement sec que nous séchons directement. Les arbres sont devenus des êtres rares et précieux dans ces contrées … A 11h30, sous un soleil de plomb, nous trouvons finalement de l’ombre sous un pont. Une pause s’impose, nous reprendrons la route en fin d’après-midi quand le mercure sera redescendu.DSCN0102

Les caravanes d’antan sont désormais remplacées par des voitures ou camions mais les caravansérails demeurent tels des joyaux au milieu du désert. Le village de Kharanaq où nous nous arrêtons ce soir est l’un d’eux. Petit village en bordure d’une montage où l’oasis coule à flot et verdit les champs. Nous bivouaquons dans le parc, face au caravansérail et au vieu village de pisé.DSCN0135.JPG

29 mars : Kharanaq-Saghan, 70 km, 550 D+

Afin d’éviter les grosses chaleurs, nous démarrons tôt. Nous donnons nos premiers coups de pédales à 7h30 afin d’arriver à notre point de chute à midi. Le paysage est toujours aussi grandiose, encore différent de celui de la veille. Les kilomètres s’enchainent sans grandes difficultés.

Ici, l’immensité appelle à la spiritualité. Dans une république islamique, la mosquée est un véritable lieu de RDV. Comme bon nombre d’iraniens sur la route, nous y trouvons de l’eau et de l’ombre, de quoi en faire un lieu idéal pour un pique-nique et une sieste.

DSCN0150.JPGEn fin d’après-midi, le gardien du Mausolée nous propose de nous installer dans une chambre d’ordinaire dédiée aux pèlerins. En pèlerins voyageurs, nous acceptons volontiers.

30 mars : Saghan-Mosquée du Desert, 104 km, 640 D+

Comme la veille nous partons à l’aube. La soixantaine de km qui nous séparent de la ville voisine se font rapidement sur un profil descendant, de sorte que nous y sommes déjà à 11h. L’heure semble bien matinale pour déjà nous arrêter. Nous rechargeons nos besaces en eau et en vivre, de quoi survivre à 2 jours d’autonomie dans le désert iranien. Denis emporte avec lui pas moins de 16 litres d’eau … En faisant nos courses, un commerçant parlant anglais nous informe qu’il y a une mosquée le long de la route à une trentaine de kilomètres.

Malgré la chaleur suffocante, nous continuons notre route jusqu’à la Mosquée du Desert, probablement érigée en mémoire d’un crash aérien de la flotte américaine en 1977, à une époque où iraniens et américains s’entendaient encore. L’endroit est une véritable carte postale du désert: sable, dunes, dromadaires sauvages … Quelques kilomètres avant d’arriver, le vent (de face bien sûr) s’est levé. Une tempête de sable intermittente s’abat sur la route. Nous mangeons la poussière !DSCN0208

A l’abri de la mosquée, nous nous installons pour la pause méridienne. Il fait chaud, plus de 40°c et la température ne semble pas vouloir redescendre. A 16h, il fait encore plus de 35°c. La police , qui nous rend visite quotidiennement depuis Yadz, nous conseille de rester là pour cette nuit. Le lieu est sûr, il y a de l’eau et nous sommes à l’abri du vent dans un secteur qui connaît des bourrasques tumultueux.

31 avril : Mosquée-Tabas, 124 km, 490 D+

L’étape qui nous attend est sans doute l’étape de tous les records. Levés à 5h pour rouler un maximum avant 12h, nous partons à l’aube. Il fait frais, le trafic est calme. Nous apprécions d’autant plus cette tranquillité car nous ne savons que cela ne va pas durer. DSCN0211Dans cette partie du désert iranien, le relief n’est jamais bien méchant. Une petite bosse de 400 m de dénivelé nous permet de profiter d’un faux-plat descendant pendant près de 40 km. A 25 km de l’arrivée, alors que nous venons de passer la barre des 100 km, le vent de face se lève sur une grande ligne droite. Le moment n’est pas très agréable à vivre mais nous n’avons pas vraiment le choix. Plus les heures passent, plus il fait chaud … nous aimerions arriver à Tabas avant de sécher sur place comme des morues (parce que le colin séché n’a pas l’air d’être fameux).

Finalement, nous atterrissons dans un parc du centre-ville de Tabas, conseillé la veille par un policier. Bonne pioche, le parc est un vrai jardin oriental des milles et une nuits où l’ombre des palmiers règne en maitre. En plus d’être un vrai paradis sur terre, l’endroit est une institution familiale bondée en pleine période de fêtes. A peine arrivée, une famille nous offre à manger. L’hospitalité perse n’a décidément pas d’égal …

A l’abri des regards, nous posons la tente à la nuit tombante un peu à l’écart. Heureux comme des pachas, aux frais, nous avons tout ce dont nous avons besoin à disposition. Le parc reste animé jusque tard dans la nuit ce qui ne nous empêche pas de sombrer dans les bras de Morphée en un instant.

1er avril : jour de repos à Tabas

Nous plions la tente aujourd’hui pour aller dormir chez l’habitant ce soir. Notre hôte du jour s’appelle Kazem et il est professeur d’anglais. Nous le retrouvons en fin d’après-midi pour ce que nous pensions être une visite de la ville.

 

En réalité, la visite de la ville s’est transformé en innombrables aller-retours dans la ville pour transporter les membres de sa famille : fille, père, mère … Un vrai sketch ! Enfin, on a fait le tour de la ville !

2 avril : Tabas-Esqh Abad, 114 km, 600 D+

Nous quittons progressivement le désert pour remonter plus au nord en direction de Mashhad. La montagne est encore bien aride mais ici ou là, quelques petites touffes d’herbes apparaissent et les villages, signes d’oasis sont plus nombreux le long de la route.

DSCN5949.JPGA mi-chemin, nous traversons un village doté d’un poste de police. Nous n’échappons pas au traditionnel contrôle de passeport, prétexte des policiers pour aiguiser leur curiosité autour de touristes à vélo, somme toute peu ordinaire dans cette partie du pays. Si nous perdons un peu de temps, nous reprenons la route le ventre plein de biscuits et les gourdes remplies d’eau. Il y a pire comme contrôle de police !

Le long du parcours jusqu’à Esqh Abad, les villages sont quasiment tous d’anciens villages traditionnels construits en pisé et doté de vestiges de la perse ancienne : caravansérail, maison de maitre, jardin à l’ancienne.

En tout début d’après-midi, nous attérissons à Esqh Abad, ville morte à l’heure de la sieste. Nous plantons la tente dans un parc de la ville.

3 avril : Esqh Abad- Tappeh Taq, 75 km, 575 D+

Nous commençons un peu à nous lasser du désert. Bien que les paysages ne soient jamais identiques, ils se ressemblent tout de même. Alors après 5 jours, nous manquons de variété. De grandes lignes droites dans le désert sans âme qui vive pendant plusieurs dizaines de kilomètres…

 

En arrivant à Tappeh Taq, nous nous installons près de la mosquée, souvent seul point d’eau du village. Nous y passons l’après-midi avant d’être invités à dormir au poste de secours.
L’ambiance du centre de secours iranien ressemble étrangement à celle du Haut-Doubs : l’activité n’y est pas intense mais le soir venu, les civils s’y invitent pour boire le thé et passer une bonne soirée.

 

4 avril : Tappeh Taq-Anabad, 72 km, 280 D+

Dans cette partie de l’Iran et à cette période de l’année, le vent devient notre ennemi. Le profil des étapes est plutôt facile mais le vent de face s’acharne à nous compliquer la vie. Avant d’arriver à Anabad, ville étape pour ce soir, les 20 derniers kilomètres sont terribles ! Si seulement on pouvait avoir le vent dans le dos …

La petite ville d’Anabad est bien entretenue et la parc à l’entrée de la ville nous y tend les bras. A peine arrivée, Claire joue les infirmières avec un petit garçon qui s’est ouvert le menton. En fin d’après-midi, le gardien du parc vient nous trouver. Il parle assez bien anglais. Un peu plus tard dans la soirée, il reviendra avec sa famille et son professeur d’anglais. Au téléphone, nous conversons même avec le maire de la ville qui parle français. Il habite à 60 km de là, dans la ville de Kashmar où il nous invite dès le lendemain. Bonne soirée cordiale où nous nous sommes sentis accueillis avec bienveillance sans être oppressés par ce sacro-saint devoir d’hospitalité !

 

5 avril : Anabad-Kashmar, 35 km (+30), 405 D+

Avant même de prendre la route, nous savions que l’étape allait être ventée. La tente bougeait déjà au rythme du vent. Tel des forçats, nous pédalons donc contre le vent, entre 10 et 15 km/h, au lieu des 20 à 25 km/h en temps normal.

Claire espère secrètement qu’un pick up viendra à sa rescousse… Finalement, la sauveur s’avère être Monsieur le Maire, Abulsraf, qui faute de pouvoir nous joindre sur le téléphone, à cause d’une carte SIM défaillante, est venue à notre rencontre.. Après 35 km au compteur, mais au moins 350 ressentis, nous montons donc dans la voiture de Monsieur le Maire, bercé au son de Céline Dion pendant que nos vélos étaient pris en charge par un routier, concitoyen d’Anabad.

Epuisés par cette étape, nous passons notre après-midi à dormir. En fin de journée, le maire d’une autre ville vient rendre visite à son semblable pour un petit concert improvisé violon/piano. Nous sommes reçus comme des rois.

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6 avril : Jour de repos à Kashmar

Jour de repos sans grasse matinée puisque nous nous levons à 7h pour aller randonnée dans une petite vallée fleurie à une vingtaine de kilomètres.
Comme à Hastrud, sortie conviviale entre amis avec déjeuner au feu de bois. Dans l’après-midi, de retour en voiture, nous faisons une halte à Kashmar village pour visiter une tour zoroastrienne qui servait de mausolée.

Encore une bonne journée passée en nature, sans les vélos à découvrir les petits coins reculés de l’Iran. Les iraniens aiment passer du temps en famille ou entre amis dehors autour d’un feu de camp à partager un plat ensemble. Nous apprécions cette douceur de vivre loin des tumultes de la ville.

 

 

 

 

Sud iranien … du 11 au 19 mars 2018 -South iran from 11th to 19th of mars

English version at the end

Une semaine de tourisme en sac à dos dans le sud de l’Iran:

C’est par un contre-la-montre (par équipe) consulaire que nous commençons notre semaine de vacances : lever à 7h, consulat Ouzbek à 9h pour la récupération du sésame, nous filons ensuite à l’ambassade turkmène pour déposer notre demande de visa, le tout entre 9h et 11h, afin d’avoir le temps de traverser la ville pour prendre le train de 13h pour Bandar-Abbas !

Défi relevé ! A 12h45, dans le train pour le sud du pays, nous pouvons enfin souffler, à nous les plages du Golfe persique ! Les vélos aussi prennent des vacances, nous avons trouvé in extremis une bonne âme en la personne de Reza, pour nous les garder toute la semaine.
Dans le train, c’est le grand luxe. Nous partageons le compartiment avec Awa et Arschrit, un jeune couple officieux de Teheran. Au fil de la discussion, ils nous invitent à les rejoindre sur l’île d’Hormoz. Nous avions initialement prévu d’aller sur l’île de Qeshm mais nos plans ne sont pas arrêtés, nous les suivons donc avec plaisir !

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En arrivant sur Hormoz, nous sommes accueillis par le frère d’Arschrit, installé sur l’île il y a 3 mois depuis la fin de son service militaire. Bienvenue sur l’île des hippies à mi-chemin entre l’Afrique et la Jamaïque : femmes au teint foncé en boubou, taxi « touc-touc » et musique tropicale !!! Nous sommes charmés par la tranquillité de l’île ! Le paradis se situerait-il sur Hormoz ?

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« tout-touc » d’Hormuz

Le campement du frangin est situé au sud de l’île, à 20 minutes de marche de la route, dans un endroit tenu secret, c’est un campement de babas-cool qui se nourrissent davantage d’herbes à fumer que d’aliments solides. Le soir venu, nous contemplons la cuisson d’une pizza au feu de bois pendant 2 heures … succulente mais on en voudrait plus !!!

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Claire avec Ava et Aschrit

Nous passons 24h avec la joyeuse compagnie, profitons d’être dans ce coin caché pour se baigner deux fois (en Iran, les femmes ne peuvent pas se montrer en maillot en public) mais nous ne sommes pas équipés pour le camping. Bien que les journées avoisines les 35°C, les nuits sont fraiches et nous caillons la nuit à la belle étoile.

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Les couleurs sur l’île sont magnifiques (sable rouge)

Le lendemain, nous faisons la rencontre de Saïd, un copain d’Aschrit qui a une maison sur Hormoz. Il nous invite à passer la nuit chez lui. Il est photographe. C’est un plaisir de découvrir le village à ses côtés.

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Dessin sur la plage pour Norouz (nouvel an iranien)

Le jour suivant, nous quittons l’île pour rejoindre Shiraz en bus. A Bandar-Abbas, nous tentons notre chance pour faire prolonger nos visas mais le bureau est déjà fermé. S’en suit une longue tension conjugale, entre l’un qui prend trop de temps et l’autre qui stress pour rien …

Le bus de nuit pour Shiraz n’est pas aussi confortable que le train. Nous arrivons au petit matin comme après une nuit blanche mais sans avoir fait la fête. Le jour est à peine levé. En simples touristes à pied, nous visitons la ville : mosquée rose aux somptueuses couleurs, palais, bazar et police de l’immigration ou notre demande de prolongation de visa est à nouveau rejetée (trop tôt soit disant)…

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Mosquée rose (Shiraz)

Une fois n’est pas coutume en Iran, nous dormons à l’hôtel mais nous avons besoin de récupérer. Le soir, en rentrant, nous sommes invités par le commerçant voisin de l’hôtel à boire un verre. Si l’alcool est interdit en Iran, la drogue qui l’est aussi se trouve assez facilement … et le commerçant, plutôt speed, sort devant nous, son petit rail de coke … Prétextant qu’on était fatigués, nous sommes vite allés nous coucher !

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Shiraz

Le lendemain, nouveau transfert, vers Ispahan, ancienne capitale perse au temps de Louis XIV. Nous sommes accueillis par Iman, étudiant en droit passionné d’Histoire qui parle un anglais parfait. Il vient nous chercher à la gare routière pour nous emmener dîner chez sa mère. Il est issu d’une famille traditionnelle où le père de famille fume l’opium (pratique traditionnelle ancrée dans les moeurs). Nous discutons Histoire et Droit. La base du droit iranien est composé à 50% du droit français et 50% de droit islamique (la charria). Les connexions franco-iraniennes sont donc nombreuses !

La matinée du lendemain est consacrée à l’extension du visa iranien (enfin), nous faisant vivre littéralement l’un des 12 travaux d’Astérix (lisez ou relisez BD c’est un régal). En bon gaulois, nous avons donc voyagé entre les bureaux toute la matinée avant d’obtenir la fameuse prolongation. Et nous avons eu chaud, ils voulaient garder nos passeports jusqu’au lendemain !!! Sacrés farceurs ces policiers ! Pour l’occasion, Claire a eu l’honneur de porter un « Tchador » (grand drap noir qui recouvre le corps des femmes). Farceurs et Machos …

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Avec Iman à Isphan

Dans l’après-midi, nous remplissons le formulaire pour le visa Chinois, un autre voyageur à vélo nous a informé comment l’obtenir … On était pourtant passés à l’ambassade de Chine la semaine dernière mais à croire qu’on avait une tête qui ne leur revenait pas, ils nous ont dit que ce n’était pas possible !!!

A la tombée du jour, nous partons enfin visiter la vieille ville d’Ispahan avec notre hôte et son ami. Il est chanteur dans un groupe religieux et la visite se transforme en véritable spectacle digne de la commedia dell’arte. Concert improvisé de chant et ukulélé dans la voiture.

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Place royale d’Ispahan

 

 

Nous terminons la nuit dans le bus qui nous relie à Téhéran.

La journée du dimanche est terrible pour nos nerfs. A 8h45, nous sommes devant l’ambassade de Chine avec la même sensation que d’aller à l’oral du bac. L’employée regarde un par un nos documents pour la demande de visa. Nous sommes le 18 mars et notre « supposé » vol pour Pékin est le 21 avril. Il est trop tôt pour déposer notre dossier, « revenez la semaine prochaine » …

Nous sortons atterrez de l’ambassade, comment faire imprimer un nouveau billet d’avion factice en date du 18 avril ? Grosse remise en question pour la suite du voyage. Claire, de désespoir, se voit bien rentrer pour faire bergère sur le Mont d’Or cet été. Denis plus terre à terre, couche les différentes possibilités sur le papier. A la suite d’un brainstorming, on décide d’aller dans une agence de voyage locale pour savoir si elle pourrait nous délivrer un billet d’avion factice au départ du 18 avril. Bingo ! Pour 17 euros, nous voici avec 2 billets d’avion Téhéran-Pekin, à la bonne date ! Ne restait plus qu’à réimprimer le formulaire avec les bonnes dates et à changer les réservations d’hôtel ! Deux heures plus tard, nous ressortons d’un bureau spécialisé dans les demandes de visas avec notre dossier complet, l’oral de rattrapage nous attendait …
Nouvelle présentation des dossiers de demande de visa dans l’après-midi. Le dossier de Denis passe en revue en premier, rien à signaler. Lors de la présentation du dossier de Claire, l’employée regarde certaines pages, puis revient en arrière, appelle son collègue … Moment de tension intense, entre nous, nous échangeons des regards qui en disent long. Au bout de plusieurs minutes interminables, elle nous donne finalement notre précieux reçu et ô surprise, garde nos passeports toute une semaine ! Ils sont fous ces chinois !

Nous finissons cette journée riche en émotions avec d’autres cycles français. Bon moment d’échanges et encore merci à Jimmy pour l’astuce du visa à double entrée.

La journée du lundi chez Rezza et Maryam est un jour du transition : blog, sac pour la semaine de ski de rando, lecture, repos. Nous sommes bichonnés par la mère de Maryam, venue spécialement pour les fêtes de fin d’années (une vraie maman Colin).

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Avec Rezza (à droite) et sa famille

English version :

A week of backpacking tourism in southern Iran:

It is through a consular team time trial that we start our week of holidays: wake up at 7am, Uzbek consulate at 9am getting visa, then go to the Turkmen embassy to file our application form for visa, all between 9h and 11h, in order to have time to cross the city to take the train to Bandar-Abbas ar 1.00 PM!

Challenge met ! At 12:45, in the train for the south of the country, we can finally breathe, to us the beaches of the Persian Gulf! Bikes also are on holidays, we found in extremis a good soul in the person of Reza, to keep them all week.
In the train, it’s the luxury. We share the compartment with Awa and Arschrit, a young students couple from Teheran. During the discussion, they invite us to join them on the island of Hormoz. We originally planned to go to Qeshm Island but our plans are not stopped, so we follow them with pleasure!

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in the train to Badar-Abbas

Arriving on Hormoz, we are welcomed by the brother of Arschrit, installed on the island 3 months ago since the end of his military service. Welcome to hippies island halfway between Africa and Jamaica: women with dark skin in boubou, taxi « touc-touc » and tropical music !!! We are charmed by the tranquility of the island! Is paradise on Hormoz?

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Hormuz taxi

The brother’s camp is located south of the island, a 20-minute walk from the road, in a secret place, it is a hippies camp  who eat more herbs to smoke than food solid. In the evening, we contemplate cooking a pizza over a wood fire for 2 hours … succulent but we would like more!

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Claire, Ava and Aschrit

We spend 24 hours with the good team, enjoy being in this hidden corner to swim twice (in Iran, women can not show in jersey in public) but we are not equipped for camping. Although the days are around 35 ° C, the nights are cool and we dry up at night under the stars.

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red sand

The next day, we meet Said, a friend of Aschrit who has a house on Hormoz. He invites us to spend the night at his place. He is a photographer. It’s a pleasure to discover the village by its side.

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draw on the beach for Noruz (Iranian new year)

The next day, we leave the island to join Shiraz by bus. In Bandar-Abbas, we are trying our luck to extend our visas but the office is already closed. There follows a long marital tension, between one who takes too much time and the other who stresses for nothing …

The night bus to Shiraz is not as comfortable as the train. We arrive in the early morning as after a sleepless night but without having partying. The day is barely up. In simple walking tourists, we visit the city: pink mosque with sumptuous colors, palace, bazaar and immigration police or our request for visa extension is again rejected (too early,  they said) …

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pink mosque

For once in Iran, we sleep at the hotel but we need to recover. In the evening, when we return, we are invited by the shopkeeper next door to have a drink. If alcohol is banned in Iran, the drug that is also is easily enough … and the shopkeeper, rather speed, out in front of us, his little cocaïne … Claiming we were tired, we quickly went sleep !

 

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Shiraz

The next day, new transfer to Isfahan, former capital of Persia in the time of Louis XIV. We are welcomed by Iman, passionate history law student who speaks perfect English. He picks us up at the bus station to take us to dinner at his mother’s house. He comes from a traditional family where the father of the family smokes opium (traditional practice rooted in morals). We discuss History and Law. The base of the Iranian right is made up to 50% of the French right and 50% of Islamic right (the charria). Franco-Iranian connections are therefore numerous!

The morning of the next day is devoted to the extension of the Iranian visa (finally), making us live literally one of the 12 works of Asterix (read or re-read BD is a treat). In good Gallic, so we traveled between offices all morning before getting the famous extension. And we were hot, they wanted to keep our passports until the next day !!! Sacred jokers these policemen! For the occasion, Claire had the honor of wearing a « chador » (large black cloth that covers the bodies of women). Jokes and Machos …

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with Iman

In the afternoon, we fill out the form for the Chinese visa, another cyclist informed us how to get it … We had been to the Chinese Embassy last week but to believe we had a head that did not come back to them, they told us that it was not possible !!!

At the end of the day, we finally go to visit the old city of Isfahan with our host and his friend. He is a singer in a religious group and the visit turns into a real show worthy of the commedia dell’arte. Improvised singing concert and ukulele in the car.

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Ispahan

We end the night on the bus that connects us to Tehran.

Sunday is terrible for our nerves. At 8:45, we are in front of the Chinese Embassy with the same feeling as going to oral bac. The employee looks one by one our documents for the visa application. It’s March 18th and our « supposed » flight to Beijing is April 21st. It is too early to file our file, « come back next week » …

We come out of the embassy, ​​how to print a new fake airline ticket dated April 18th? Big questioning for the rest of the trip. Claire, in despair, sees herself well back to be a shepherdess on the Mont d’Or this summer. Denis more down to earth, layer the different possibilities on paper. Following a brainstorming, we decide to go to a local travel agency to find out if she could issue us a fake ticket from April 18th. Bingo! For 17 euros, here we are with 2 tickets Tehran-Beijing, on the right date! All that remained was to reprint the form with the correct dates and to change the hotel reservations! Two hours later, we come out of an office specializing in visa applications with our complete file, the oral catch-up was waiting for us …
New presentation of visa application files in the afternoon. Denis’s file goes first, nothing to report. During the presentation of Claire’s file, the employee looks at some pages, then goes back, calls his colleague … Moment of intense tension, between us, we exchange looks that say a lot. After several endless minutes, she finally gives us our precious receipt and oh surprise, keep our passports for a week! They are crazy these Chinese!

We end this day rich in emotions with other French cycles. Good timing and thank you again to Jimmy for the tip of the double entry visa.

The day of Monday at Rezza and Maryam is a day of transition: blog, bag for the week of ski touring, reading, rest. We are pampered by Maryam’s mother, who came especially for the end-of-year holidays (like Denis’ mum).

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Rezza (on right) and his family