Naissance du projet

L’envie de faire un grand voyage ne vient pas en un jour. Nous nous connaissons depuis 10 ans et cette idée germait depuis le début de notre vie commune, encouragée par nos sorties régulières à vélo, en montagne, le temps d’une journée d’un week-end, d’une semaine de vacances..

Ce projet nous faisait envie, nous faisait rêver, mais de là à le réaliser…Il faudrait tout laisser derrière soi, la maison, le boulot..

A force de tergiverser (surtout moi), ce projet s’est fait oublier, presque sorti de nos têtes. Et puis il y a deux ans, à un moment où je pensais que c’était cette fois trop tard, trop ambitieux, Claire a ravivé la flamme, on s’est mis à rêver à nouveau, et l’envie de partir découvrir le monde est réapparue, avec une envie forte de concrétiser ce désir.

Il nous a fallu une minute pour se décider : « On part quand ? » « Dans deux ans , en septembre 2018, OK! » « On va où? en Mongolie OK! mais on part de chez nous ! OK! comment ? A vélo évidemment ! »

Passé cette décision, les deux ans en question passent toute vitesse, le rêve commence à devenir réalité un an avant le départ, quand il faut cette fois se lancer dans les préparatifs, décider des différentes options..

Sans se rendre compte, on s’est inscrit dans une sorte de programme spatial à nous, (qui pourrait s’appeler Kroupnik tiens!), la tête dans le guidon dans les 12 derniers mois..Les semaines défilent, on se dit « ça y est dans un an on fait ce truc de fou », puis dans quelques mois, quelques semaines, jours…On croise les amis dans la rue : « Alors ça y est fin prêt? « Heu oui, pour l’essentiel..car pour le reste, les petits détails à boucler, l’envie d’être paré à tout, je me suis appropriée récemment cette formule : « j’ai encore 10000 trucs à faire ». Et puis il faut se rendre à l’évidence, le jour de départ est fixé, on ne veut pas le repousser, on partira coûte que coûte..alors ces bricoles, futiles pour certaines, il faut bien y renoncer car le temps n’est plus cette fois extensible. Il s’accélère de façon monstrueuse  dans les derniers jours, les dernières heures et le seul mot d’ordre et des concentrer sur l’essentiel : la mise en place des sacs, les consignes aux locataires et à nos proches qui vont assurer la partie logistique de ce qu’on laisse en France..

Pas le temps de tout faire et c’est tant mieux, j’ai envie de vivre ce voyage en apprenant à me concentrer sur l’essentiel, ça commence par vivre pleinement ce moment du départ apprécier chaque sourire, chaque mot échange avec les amis la veille et le matin du départ.

Vendredi 1 er septembre 18h56 : on a donné RDV aux gens à 19H à l’auberge de jeunesse et je suis encore là, à la caisse d’un supermarché pour des petits achats de dernière minute, je vais encore être en retard, il est vraiment temps de partir..J’avais imaginé piétiné dans la maison les dernier jours, sentir monter le stress. Le stress il monte en effet mais plus de peur de manquer de temps, d’oublier des choses.. Alors en réglant mes achats à la caisse, je débranche enfin le cerveau. « Allez cette fois, je suis prêt, l’essentiel est là, les gens nous attendent, il n’y a plus qu’à laisser aller les choses ».

19H….30, le compte à rebours est lancé, tout est en place, la soirée avec les amis, suivi du départ le lendemain sur les coups de 11H. L’émotion est là quand je finis ma bière au Vandel pour enfourcher le vélo mais au fond, je ne réalise pas vraiment ce qu’il se passe. Je pars juste faire une ballade à vélo avec Claire, les copains, nos familles..

5,4,3,2,1 Ignated, la fusée Kroupnik décolle, les étages se détachent au fur et à mesure : les amis restés au bar, d’autres à la sortie de Pontarlier, puis aux Fourgs, les frères et soeurs, les parents de Claire le dimanche matin à Yverdon.. jusqu’au lundi matin où mes parents repartent de Bulle.

Cette fois ça y est on est deux, la navette est en orbite, en apesanteur, et ça se passe tout seul. J’aimerais bien savoir ce que ressentent les cosmonautes au moment où la fusée décolle.. ? En tout cas pour moi et Claire qui ressent la même chose, rien d’anormal. Ce voyage n’a pas commencé aujourd’hui mais il y a bien longtemps, il attendait de mûrir mais devait arriver, on est juste bien où on est, en apesanteur et l’atterrissage n’est pas prévu pour tout de suite !

Denis, dans les étoiles avec Claire ou plus précisément au camping bivouac 1000 étoiles de Saint-Moritz…

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Décollage de la fusée Kroupnik :

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